Le jour le plus long. Tant long que ce matin semble être déjà la semaine dernière !
Sur le papier, c'était 9h réunion étudiants et visite du campus, 11h30 déjeuner resto U, 13h30 préparation et visite d'Orléans, 17h réception à la présidence de l'université.

Dans les détails, mon collègue et moi devions nous inscrire à la SEMTAO avant d'utiliser nos abonnements (ce que j'ignorais hier...), donc aller à la gare avant d'aller à l'université. Partis tôt en prévoyant large, nous nous sommes retrouvés sur le campus avec une heure d'avance, après un voyage ultra rapide dans le bus de la ligne 20. En semaine de vacances, c'est pas très animé, un campus, à 8 heures du matin... On découvre les lieux qui nous ont été dépeints par David (Dabichan). Sauf que le lac n'est pas gelé.

Puis les étudiants commencent à arriver, excités de se revoir et de se raconter leur dimanche, pas traumatisés par ces premières 24 heures sans filet japonais sous eux. La réunion apporte son lot d'informations de cadrage du stage, aboutissement aussi du travail efficace de deux stagiaires, satisfaites de voir pour qui elles ont travaillé. Entre familles d'accueil et université, tout est tellement bien pris en charge que mon collègue et moi nous faisons l'effet de pompiers sur la touche (ne pas confondre avec plombiers sous la douche), dans l'attente d'une urgence que personne ne souhaite.
Mais ce n'est qu'une impression, nous trouverons bientôt à nous occuper... Ne pouvant connecter mon ordinateur portable au réseau sans fil, on me permet de squatter un bureau pendant 15 minutes, ce qui me permet de survoler mon courrier, de copier-coller mes deux jours de JLR — dont une photo de ce superbe papier de boucherie chevaline —, de voir le commentaire de David (merci de penser à nous et de réagir tout de suite) — et d'enlever les promotions de sites pornographiques que de fausses identités roumaines ont la stupidité d'insérer en commentaires depuis une semaine.

Promenons-nous
sous la pluie
Mouillons bottes
et parapluies


Marche forcée, presque, par les flaques et les gazons marécageux, pour apercevoir quelques cubiques bâtiments... Le mieux étant d'aboutir avant 11h30, au restaurant universitaire, le seul ouvert durant cette semaine de vacances, pour en expliquer le mode d'emploi à la troupe humide (plateau, nombre d'articles, choix à lire, ticket à donner).
Plus tard, pendant que les groupes s'organisent pour la visite d'Orléans, je m'éclipse pour d'autres affaires. Bus de retour en ville. Passage à notre résidence pour régler quelques petits problèmes et prendre les copies des passeports des étudiants, pour le cas où la boutique de téléphone disposerait d'un stock de 27 portables standards. En effet, les étudiants ont en majorité choisi d'en disposer — et nous ne sommes pas contre puisque cela favorise une part non négligeable de la communication en français, avec les familles d'accueil notamment (qui auront la charge d'en expliquer le fonctionnement avant de pouvoir joindre leurs adoptés temporaires).
Chez Bouygues, pour marcher sur les brisées de l'an dernier en me rendant pour la première fois dans une maison de maçon, on ne disposait pas de tout ça, quelqu'un se souvenait d'ailleurs d'un précédent en 2005... Bref, tout sera prêt mercredi, on va organiser ça dans l'après-midi — sauf pour moi qui m'en suis pris un tout de suite.

Et la littérature, dans tout ça ? Justement. Libéré assez tôt de ma mission de gros, je déguste les Temps modernes. Quatre ouvrages convoités (le Ravel d'Échenoz, La Tentation des armes à feu de Patrick Deville, et deux Volodine, Nos Animaux préférés et Bardo or not bardo) et question en les apportant à la caisse. On me répond que non, on ne s'appelle pas Jacqueline, qu'il y en a eu une qui a travaillé ici il y a très très longtemps... Mais qu'on est très amusée de mon histoire, qu'on aimera me revoir pour en connaître la suite, à l'occasion.

La réception à la présidence est très agréable, ambiance bon enfant, juste deux minutes de solennel discours et une bonne heure de palabres brassées familles enseignants étudiants, des moments photo (avec mise en abyme, ci-contre), des petits fours salés puis sucrés, j'en promène un plateau, comme un accessoire pour visiter des groupes (à mille lieues de croire cela humiliant, pour un professeur, de porter un plateau... Puisqu'on m'a posé la question ; assumer une part de ridicule est un moyen pédagogique et même un liant social...).
Obligeamment ramenés en ville en voiture, nous renonçons finalement à sortir dîner. Courses dans une supérette et dîner au calme en regardant Le Temps de la désobéissance, téléfilm moyennement intéressant sur France 2, et achever ce jour le plus long — qui finit quand même.
Demain, je commencerai à téléphoner...