Leur réussite suppose notre passivité
Par Berlol, mardi 21 février 2006 à 23:59 :: General :: #182 :: rss
« On s'en veut quelquefois de sortir de son bain. »
— écrit Échenoz
en ouverture de Ravel...
Même sous la douche, ce luxe de prendre son temps et d'y songer languissamment,
je me l'offre ce matin.
Choses à faire ensuite : signer nos contrats de location
des studios pour un mois, vérifier à la boutique de téléphone
si tous nos portables seront prêts demain et obtenir le vrai numéro
du portable de mon collègue recopié hier avec une erreur par
l'employé, aller déjeuner avec nos étudiants pour savoir
comment se sont passés les premiers cours et les informer pour demain,
nous installer pour la première fois dans la bibliothèque
des sciences et y connecter nos ordinateurs portables avec câble
LAN (le protocole http passe très bien mais rien à faire pour
les ftp et smtp ; heureusement pour moi, je peux gérer mon courrier
via l'accès web à mon domaine, idem pour Litor), récupérer
les étudiantes qui veulent changer des travelers et les accompagner
à la grande poste
d'Orléans — émotion de les voir tendues avant leur premier acte
linguistique qui ne soit factice, elles nous savent derrière, en cas
de besoin, mais que leur réussite suppose notre passivité. Et
puis rentrer chez nous, nous reposer.
Passage au théâtre pour savoir s'il reste des places pour la pièce du 4 mars, mais la politique de priorité aux abonnés rend impossible de savoir combien de places il restera pour les gens de passage comme moi — politique discriminatoire !
Passage à la supérette pour du shampoing et des serviettes en papier — toujours pas de torchon à vaisselle.
Dîner au restaurant chinois, l'Impérial d'Arc, devant la gare. Pas mal, surtout le nom.
Un détail extraordinaire me revient (je me relève pour le noter) : dans un reportage sur le locked-in syndrom, Jean-Jacques Beineix parlant de Jean-Dominique Bauby qui lui disait, un jour de tournage, par les lettres clignées des yeux, le simple mot raccord — à savoir que sa taie d'oreiller n'était pas la même que celle de la veille.
Choses à faire ensuite : signer nos contrats de location
des studios pour un mois, vérifier à la boutique de téléphone
si tous nos portables seront prêts demain et obtenir le vrai numéro
du portable de mon collègue recopié hier avec une erreur par
l'employé, aller déjeuner avec nos étudiants pour savoir
comment se sont passés les premiers cours et les informer pour demain,
nous installer pour la première fois dans la bibliothèque
des sciences et y connecter nos ordinateurs portables avec câble
LAN (le protocole http passe très bien mais rien à faire pour
les ftp et smtp ; heureusement pour moi, je peux gérer mon courrier
via l'accès web à mon domaine, idem pour Litor), récupérer
les étudiantes qui veulent changer des travelers et les accompagner
à la grande poste
d'Orléans — émotion de les voir tendues avant leur premier acte
linguistique qui ne soit factice, elles nous savent derrière, en cas
de besoin, mais que leur réussite suppose notre passivité. Et
puis rentrer chez nous, nous reposer.Passage au théâtre pour savoir s'il reste des places pour la pièce du 4 mars, mais la politique de priorité aux abonnés rend impossible de savoir combien de places il restera pour les gens de passage comme moi — politique discriminatoire !
Passage à la supérette pour du shampoing et des serviettes en papier — toujours pas de torchon à vaisselle.
Dîner au restaurant chinois, l'Impérial d'Arc, devant la gare. Pas mal, surtout le nom.
Un détail extraordinaire me revient (je me relève pour le noter) : dans un reportage sur le locked-in syndrom, Jean-Jacques Beineix parlant de Jean-Dominique Bauby qui lui disait, un jour de tournage, par les lettres clignées des yeux, le simple mot raccord — à savoir que sa taie d'oreiller n'était pas la même que celle de la veille.
Commentaires
1. Le mercredi 22 février 2006 à 02:18, par supérette :
j'ai moi aussi acheté du shampoing et des serviettes en papier aujourd'hui
2. Le mercredi 22 février 2006 à 02:24, par Berlol :
Dingue !
3. Le mercredi 22 février 2006 à 04:09, par vinteix :
quant a moi... oublie de dire que tout a l'heure j'ai fait pipi... aux toilettes ! Si, si, c'est vrai ! Dingue, non ?
Qu'est-ce qu'on s'poile ici !
Ah ! un peu de rabelaiserie ne fait pas de mal...
4. Le mercredi 22 février 2006 à 04:33, par super supérette :
et moi j'ai mangé des carottes rapées aujourd'hui
5. Le mercredi 22 février 2006 à 04:38, par Impérial d'Arc :
super supérette a l'air très sexy !
6. Le mercredi 22 février 2006 à 04:51, par ex d'Orléans :
Ah !!!! La fantaisie qui manque à l'emploi du temps plan plan et peu palpitant apparait enfin dans les commentaires !!! merci Vinteix d'avoir dit précédemment tout haut ce que nous sommes plusieurs à penser tout bas !!!!
En tout cas, moi qui connais Orléans, je trouve dingue d'aller manger dans un endroit tel que l'Impérial d'Arc alors que la ville cache -il est vrai- de beaux et bons restaus... Berlol, allez vous encanailler rue de Bourgogne, la canaille est relative mais ça ne vous fera pas de mal de vous éloigner de la place du Martroi et de votre supérette !!!
7. Le mercredi 22 février 2006 à 07:43, par k :
vendredi 17 fevrier 2006
18h48
gare st lazare
corail 13116
descendent deux bottes noires, un jeans avec un revers, un parka noir, une écharppe à rayure orange, rouge et violette, un sac de sport violet.
En transit entre deux gare.
A recue : "veux tu venir chez moi ce week enk. je ne sais s' il y aura une suite à cela, mais te voir sera bon."
Alors elle a dit oui, oui, seule, n'attend rien, sais juste qu'elle a en elle cet amour pour lui, ne lui demande rien en échange, viens.
Elle marchera jusqu'au métro ligne 14 direct bibli mitterand pour rejoindre cette autre gare, il lui a dit.
Elle ne sait encore qu'elles seront ses pensées alors, sait juste qu'elle va vers lui, qu'elle va le retrouver, qu'elle sait cet amour immense d'elle pour lui.
Gare de lyon, elle erre,..........un homme, un jeune homme arrive en courant sous les pancartes des horaires de train.
Cheveux long, noir, veste en cuir noir, il incline la tête en arrière, c'est mis juste en dessous du panneau, comme pour faire corps avec celui-ci.
Cette silouhette, elle la connait, l'homme A de ce jour là, l'homme de nancy place de la bastille, la même il y a 14 années, elle se souvient
Celui-ci doit avoir son age à lui ce jour là, il a vu ce qu'il devait voir, repart en courant, vers le quai qui l'attend.
Elle le suivra alors, calmement, sais qu'elle ne peut le predre dans cette immense gare, qu'elle va être guidée, guidée par cet instinct qui la pousse, toujours, vers lui, toujours vers ses autres qui ne sont jamais lui, mais toujours un autre.
Il est là impatient devant le train, tgv départ 19h15 pour lyon, il trépigne, regarde.
Elle reste derrière lui, à quelque pas.
Voir juste sa silhouette, il me doit pas se retourner, lorsqu'il se retourne, le charme est rompu, brisée net, de lui, de l'homme A il n'a que cela, cette silhouette, de dos, les cheveux longs et noirs, et cette manière de bouger dans son impatience.
Il prend son téléphone portable, essaye de la joindre, celle qui ne vient pas.
Il a du être ainsi, l'homme A, un jour devant un quai, attendant son amour, qui a décidé de partir, sur un coup de tête, ce ne peut être que cela, il n'a rien avec lui, pas de bagages, pas des sacs, juste ce téléphone, il met une main dans la poche de son pantalon, écoute, son regard scrute le quai,, il regarde sur la droite.
Elle toujours derrière se décalera sur la gauche pour ne pas voir son visage, pour ne pas perdre le rêve.
Il recompose un numéro, surement est t'il tombé sur la messagerie, il s'impatiente toujours, 19h10.
19h11, son regard brasse encore la gare, d'un pas décidé, le téléphone collé à l'oreille, une main dans la poche de son pantallon, il décidera d'avancer vers ce train et de regarder s'il la voit à l'intérieur.
Les bottes noires, le parka noir , l'écharppe à rayure oarnge rouge et violette, décide de repartir errer.
En repassant, plus tard, mais pas si tard, on voit encore la queue du tgv qui est partie pour lyon, elle verra que la silouette ne remonte pas le quai, il a du pemettrer dans ce train, il ferra alors tous les wagons pensant la retrouver, l'homme A aurait fait cela aussi, elle le sait.
En continuant d'avancer, elle voit cette jeune femme devant le quai du départ de ce train de lyon, elle a décider de ne pas le prendre, elle retourne le retrouver là bas, il doit être là, il l'attend surement.
Moi je me dirige vers le train direction grenoble, tout reste à venir................
8. Le mercredi 22 février 2006 à 08:23, par Jacqueline :
ce site était quand même plus recommandable à Nagoya qu'à Orléans, et la cohorte de messieurs fatigués et libidineux qui l'accompagnent (voir hier) on s'en apercevait moins quand c'était loin...
peut-être aux Temps Modernes pourrez-vous aussi découvrir Vies Minuscules, livre écrit à Orléans/Olivet, pour une initiation à la province française ? - le pays ne se limite pas à Censier et le restaurant d'en face ?
9. Le mercredi 22 février 2006 à 08:48, par vinteix :
Ah, y'a d'l'ambiance ici ! tant il est vrai que trop serieux n'est pas tres serieux... enfin, une franche deconnade vaut pafois mieux que... bon, j'arrete la...
« On s'en veut quelquefois de sortir de son bain. » Bel incipit. Toujours tres interessant de preter une attention particuliere a la phrase qui amorce un roman... me souviens a ce sujet d'un bel article de Simon Leys, je ne sais plus ou... Ah ! ma memoire flanche... a fouiller dans mes archives...
On y entre (dans le roman) avec plus ou moins de curiosite, de fascination, de mise en alerte, parfois fulgurante des les premieres lignes, de suspens, de tromperie aussi parfois... car la ruse peut etre en jeu, de meme que les effets de style tape-a-l'oeil... Mais il y a de ces debuts inoubliables ("La Recherche", "Moby Dick", "Histoire de l'oeil", "Les Confessions", "Aurelien", "Mort a credit", "Le proces" ou "Le chateau" de Kafka, etc.)...
Enfin, a suivre... suis fatigue, la, ce soir... de cette journee au bout du compte pas trop vide, meme si elle s'est terminee par un mail un peu desolant ou l'on m'a dit que "seule mon action compte. Le reste est litterature."
Faudrait bien sur s'entendre sur le sens du terme "action", mais si c'est celui, dominant, de l'action pragmatique, efficace, utilitaire... NON merci ! Pour un ecrivain, la seule action qui compte, c'est d'ecrire, pour un peintre de peindre, pour un philosophe de penser et de creer des concepts... Il n'y a pas de pensee sans experience et la pensee elle-meme en est une.
Sauvons au moins une part d'incalculable, singulier, dans ce monde qui tend a tout soumettre en rapports calculables et utilitaires. Pour moi, personnellement, la litterature a fondamentalement trait a cet incalculable, a cet invisible (sans mystique, sans arriere-monde). Dans le fond, c'est un vieux debat qui perdure, tant les conformismes ont la vie dure, debat qui opposa par exemple au 19 eme siecle tant d'ecrivains (a commencer par Flaubert ou Baudelaire) a la bourgeoisie vautree dans son adoration obscene du veau d'or de l'utile.
Entre parentheses, comme je l'entendais recemment sur France-Culture, Bataille me parait plus que jamais d'actualite... il est meme en avant, au sens rimbaldien ("en avant..."), notamment quant a cette question opposant la depense a l'utile, l'heterogene a l'homogene, l'exces au conformisme...
Vale,
bon sejour et bon courage avec toutes ses ouailles !
10. Le mercredi 22 février 2006 à 09:11, par vinteix :
"Vies minuscules" : admirable, en effet ! Un des plus beaux livres de ses dernieres annees... mais suis a peu pres sur que Berlol connait deja...
et l'Olivet de Surya qui etait evoque ici-meme naguere... est loin d'etre d'un esprit "RECOMMANDABLE"... quel vilain mot ! J'en ai des sueurs froides dans le dos !
Je ne sais pas pourquoi... mais j'ai l'impression que Jacqueline me compte dans cette improbable (?) "cohorte de messieurs fatigués et libidineux"... surement parce que j'ai eu cette malheureuse expression de "troupeau de demoiselles", bien triviale il est vrai et un peu legere mais sans aucune mysoginie (ah bien sur, on pourra toujours ressortir la grosse artillerie psychanalytique des lapsus...)... Oh ! la ! la ! ca me rappelle de mauvais souvenirs (ceux de notre regrettee et acharnee Marie.Pool)... si on ne peut plus rire.. .tout en etant aussi serieux, un petit peu, quand meme... encore cette gaiete inquiete... mais cela Dame Jacqueline n'en parle point... La libido, sans etre libidineux, parle et compte... et qu'on puisse faire une minuscule allusion, sur le ton de la boutade (tant dans le fond, je m'en contrefous !!!!) a d'eventuelles aventures que pourraient vivre (sait-on jamais...) un groupe de japonaises en sejour a l'etranger n'a vraiment rien de choquant, a mes yeux en tout cas... ou alors, c'est l'esprit de couvent...
Quant a la fatigue, celle que je connais (pour l'instant, Dieu merci, suis encore en bonne sante) est celle d'une fin de journee "bien remplie" ou parfois bien arrosee (en general, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, assez tard dans la nuit)... mais je ne me sens nullement "l'ame" ni l'esprit fatigue... bien au contraire, en eveil, aux aguets, et si l'on crie parfois... je pense que c'est salutaire...
Gare aux esprits frappeurs... et aux philophies marteaux...
11. Le mercredi 22 février 2006 à 10:06, par Jacqueline :
reste le troupeau
bien le bonsoir
ex membre
12. Le mercredi 22 février 2006 à 10:27, par alain :
Jacqueline, c'est quoi, ce prénom ?
Les Temps modernes, et puis quoi encore ?
Bon, ce soir, tout le monde aux putes !
Ca vous apprendra à écrire.
et à lire.
13. Le mercredi 22 février 2006 à 10:32, par Arte :
Je ne trouve aucune connerie à dire ...
Ah si ! enfin non : "Les poupées russes" est un film de merde
(il fallait bien que ça sorte, hein !)
voila voila...
14. Le mercredi 22 février 2006 à 11:31, par alain :
Arte, entièrement d'accord, sans voir.
ai vu la taverne espagnole, chacun cherche son chat, toujours même sentiment mièvre, crasseux, c'est le Maupassant du cinéma.
pourquoi je dis ça ?
ah oui, toujours dans ses films, un représentant femme, un noir, une vieille, un pd, et puis le clone du narrateur, le type moins nase, qui se trompe, mais qui réussit à subjuguer, pour l'empathie.
ratisser large. Ce type doit aimer U2, des groupes européens.
est-ce que je sais.
15. Le mercredi 22 février 2006 à 11:52, par alain :
La France ne me réussit pas. je vais retourner au Japon.
A cette heure, tout le monde dîne.
16. Le mercredi 22 février 2006 à 14:11, par Arte :
Exact, ici nous avons la journaliste, lesbienne évidemment, le romancier (qui rêêêêvait de faire SON roman ...), le monde des médias, vue sur seine, la noire, le loft, le village mondial (ses allers, ses retours... on ajoute la Russie à l'Europe, soyons Gaulliste ...), le bateau mouche, les parents aigris... le portable Apple BLANC, etc etc...
Le meilleur est la mise en scène... La femme qui fait une déclaration d'amour comme jamais à un homme sur les marches de son wagon... c'est beau ! Surtout rappelé en voix off pour le cas où l'on n'ait pas compris... La danseuse qui ressemble aux trois autres, seuls son amoureux la distingue, c'est beau... surtout c'est fin, lorsque 3 personnes s'interrogent "mais où est-elle, mais où est-elle" , et ce cul, filmé dans la rue déserte de Saint Petersbourg, mon dieu ... quelle mise en scène ...
Que dis-je la mise en scène, le scénario !!! Quel scénario... Ce flash back ! quel flash back ! et ce train qui passe, qui repasse, qui rerepasse, qui rerererepasse... c'est beau... à la 12 eme fois !!!
Non vraiment, Alain, tu as manqué une très très belle merde !
17. Le mercredi 22 février 2006 à 19:53, par Impérial d'Arc :
Tous rue de Bourgogne !
18. Le mercredi 22 février 2006 à 20:04, par alain :
Encore tombé du lit à 3 heures 35.
Je me demande si je ne hais pas les gens qui comme moi retirent ce qu'ils viennent de dire. Ils m'évoquent ces animateurs télé qui lancent une bêtise méchante puis la retirent en disant non, c'est pour rire.
Cingria, c'est bien.
19. Le mercredi 22 février 2006 à 20:05, par vinteix :
Soeur Jacqueline,
"ex membre" de quoi ?
Decidement, je comprends mieux pourquoi Bataille s'est emmerde comme un rat mort dans cette ville...
"Freres humains qui apres nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurcis,
Car, se pitie de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis."
20. Le vendredi 24 février 2006 à 08:24, par Impérial d'Arc :
"ex membre" ?!
peut-être "ex fan des sixties petite baby doll" ?
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