Encore un jour bien chargé. Dont je ne peux éviter la trivialité. Tout juste la taire...

Connexion plus facile depuis un bureau de la fac d'Orléans où nous sommes accueillis.
Beaucoup de commentaires à virer, faux compliments, toujours en anglais, accompagnant une adresse peu recommandable. Je vais consulter les pages d'explications du plug-in de blocage, y apprends qu'il faut s'y faire (le fatal y tasse...) et ajouter régulièrement des expressions à bloquer (ce qui ne sert visiblement à rien...). Cette forme de spam est bien pire que celle du courrier. En effet, elle ne reste pas dans le privé harassant des messages à détruire, mais elle se répand automatiquement dans tous les ordinateurs qui récoltent le fil rss, même si chaque commentaire est effacé dès que posté, tuant à échéance l'intérêt d'une telle collecte des pages actualisées.
C'est bien parce que la malfaisance est humaine (et non technique), et qu'elle accompagne toujours chaque évolution technique, qu'il ne peut être question de progrès, que ce concept même de progrès ne peut plus faire l'objet d'un espoir, d'une philosophie ou d'une construction sociale — mais seulement d'une utopie, ou d'une u-ontologie (uontologie).

Agence de téléphone portable.
Pendant que les étudiants sont en cours, j'y passe deux heures entières, dirigeant de près les opérations d'attribution des appareils, contrôlant les gestes techniques et commerciaux (acquisition du numéro, activation de la puce et de la recharge d'appels, facturation) — observant aussi la diversité des situations de tous les clients qui passent pendant ce temps et qui requiert des employés polyvalence et sang-froid comme on n'imagine pas quand on ne fait que passer...
Enfin, encadré par mon collègue et un étudiant de japonais, Olivier, qui nous a déjà aidés les jours précédents, le groupe arrive vers 16h15 pour la distribution, qui s'effectue par la porte pour ne pas envahir l'agence. L'an dernier, David avait emporté lui-même toutes les boîtes, mais cette fois l'horaire ne s'y prêtait pas — et puis je ne me voyais pas avec mes 22 paquets dans le tram...
En tout cas, ce soir, en famille, c'est prise de tête avec la notice !

Mon collègue et moi sommes invités — par un froid de canard — pour dîner dans une des familles d'accueil. Y retrouvons les plaisirs d'une certaine hospitalité, joviale et gratuite, qui n'existe pas au Japon. Je n'ai pas peur de le dire puisqu'en 14 ans passés dans ce pays (en soi hospitalier, au demeurant), je pourrais compter sur les doigts d'une seule main — c'est du vécu — les invitations chez quelqu'un, et sur les doigts des deux mains les invitations qui n'étaient pas liées à une obligation professionnelle, que ce soit chez quelqu'un ou à l'extérieur. Je précise qu'il en va à peu près de même entre les Japonais. Il ne s'agit pas d'une volonté dirigée contre un étranger, ou les étrangers, en général, mais bien plutôt d'une structure profonde de la culture et de la société japonaises, une de ces différences culturelles dont on ne peut accuser personne. Il se peut aussi que cela ne touche que les populations que j'ai fréquentées, enseignants, chercheurs et étudiants, puisqu'au fond, je ne connais que cela, du Japon...

Et T., bien sûr. Qui travaille très bien, sans moi, ces jours-ci. Je lui téléphone à minuit, heure française, pour lui souhaiter une bonne journée de travail...

Ai vu presque entièrement le film Le Trio infernal de Francis Girod (1974) à la télé, avec Michel Piccoli et Romy Schneider. Tout à fait étonnant dans la mise en scène de la criminalité et du vice, qu'ils soient froidement assumés par le personnage masculin ou traumatiquement vécus par les deux soeurs. Les plans de vidange de la baignoire dans laquelle deux corps ont été dissous à l'acide sulfurique sont particulièrement difficiles à suivre. Pas sûr que le cinéma d'aujourd'hui s'autorise une telle franchise — et sans vouloir nous faire croire à une quelconque folie des personnages.