Prise de tête avec la notice
Par Berlol, mercredi 22 février 2006 à 23:59 :: General :: #183 :: rss
Encore un jour bien chargé. Dont je ne peux éviter la trivialité.
Tout juste la taire...
Connexion plus facile depuis un bureau de la fac d'Orléans où nous sommes accueillis.
Beaucoup de commentaires à virer, faux compliments, toujours en anglais, accompagnant une adresse peu recommandable. Je vais consulter les pages d'explications du plug-in de blocage, y apprends qu'il faut s'y faire (le fatal y tasse...) et ajouter régulièrement des expressions à bloquer (ce qui ne sert visiblement à rien...). Cette forme de spam est bien pire que celle du courrier. En effet, elle ne reste pas dans le privé harassant des messages à détruire, mais elle se répand automatiquement dans tous les ordinateurs qui récoltent le fil rss, même si chaque commentaire est effacé dès que posté, tuant à échéance l'intérêt d'une telle collecte des pages actualisées.
C'est bien parce que la malfaisance est humaine (et non technique), et qu'elle accompagne toujours chaque évolution technique, qu'il ne peut être question de progrès, que ce concept même de progrès ne peut plus faire l'objet d'un espoir, d'une philosophie ou d'une construction sociale — mais seulement d'une utopie, ou d'une u-ontologie (uontologie).
Agence de téléphone portable.
Pendant que les étudiants sont en cours, j'y passe deux heures entières,
dirigeant de près les opérations d'attribution des appareils,
contrôlant les gestes techniques et commerciaux (acquisition du numéro,
activation de la puce et de la recharge d'appels, facturation) — observant
aussi la diversité des situations de tous les clients qui passent
pendant ce temps et qui requiert des employés polyvalence et sang-froid
comme on n'imagine pas quand on ne fait que passer...
Enfin, encadré par mon collègue et un étudiant de japonais, Olivier, qui nous a déjà aidés les jours précédents, le groupe arrive vers 16h15 pour la distribution, qui s'effectue par la porte pour ne pas envahir l'agence. L'an dernier, David avait emporté lui-même toutes les boîtes, mais cette fois l'horaire ne s'y prêtait pas — et puis je ne me voyais pas avec mes 22 paquets dans le tram...
En tout cas, ce soir, en famille, c'est prise de tête avec la notice !
Mon collègue et moi sommes invités — par un froid de canard — pour dîner dans une des familles d'accueil. Y retrouvons les plaisirs d'une certaine hospitalité, joviale et gratuite, qui n'existe pas au Japon. Je n'ai pas peur de le dire puisqu'en 14 ans passés dans ce pays (en soi hospitalier, au demeurant), je pourrais compter sur les doigts d'une seule main — c'est du vécu — les invitations chez quelqu'un, et sur les doigts des deux mains les invitations qui n'étaient pas liées à une obligation professionnelle, que ce soit chez quelqu'un ou à l'extérieur. Je précise qu'il en va à peu près de même entre les Japonais. Il ne s'agit pas d'une volonté dirigée contre un étranger, ou les étrangers, en général, mais bien plutôt d'une structure profonde de la culture et de la société japonaises, une de ces différences culturelles dont on ne peut accuser personne. Il se peut aussi que cela ne touche que les populations que j'ai fréquentées, enseignants, chercheurs et étudiants, puisqu'au fond, je ne connais que cela, du Japon...
Et T., bien sûr. Qui travaille très bien, sans moi, ces jours-ci. Je lui téléphone à minuit, heure française, pour lui souhaiter une bonne journée de travail...
Ai vu presque entièrement le film Le Trio infernal de Francis Girod (1974) à la télé, avec Michel Piccoli et Romy Schneider. Tout à fait étonnant dans la mise en scène de la criminalité et du vice, qu'ils soient froidement assumés par le personnage masculin ou traumatiquement vécus par les deux soeurs. Les plans de vidange de la baignoire dans laquelle deux corps ont été dissous à l'acide sulfurique sont particulièrement difficiles à suivre. Pas sûr que le cinéma d'aujourd'hui s'autorise une telle franchise — et sans vouloir nous faire croire à une quelconque folie des personnages.
Connexion plus facile depuis un bureau de la fac d'Orléans où nous sommes accueillis.
Beaucoup de commentaires à virer, faux compliments, toujours en anglais, accompagnant une adresse peu recommandable. Je vais consulter les pages d'explications du plug-in de blocage, y apprends qu'il faut s'y faire (le fatal y tasse...) et ajouter régulièrement des expressions à bloquer (ce qui ne sert visiblement à rien...). Cette forme de spam est bien pire que celle du courrier. En effet, elle ne reste pas dans le privé harassant des messages à détruire, mais elle se répand automatiquement dans tous les ordinateurs qui récoltent le fil rss, même si chaque commentaire est effacé dès que posté, tuant à échéance l'intérêt d'une telle collecte des pages actualisées.
C'est bien parce que la malfaisance est humaine (et non technique), et qu'elle accompagne toujours chaque évolution technique, qu'il ne peut être question de progrès, que ce concept même de progrès ne peut plus faire l'objet d'un espoir, d'une philosophie ou d'une construction sociale — mais seulement d'une utopie, ou d'une u-ontologie (uontologie).
Agence de téléphone portable.
Pendant que les étudiants sont en cours, j'y passe deux heures entières,
dirigeant de près les opérations d'attribution des appareils,
contrôlant les gestes techniques et commerciaux (acquisition du numéro,
activation de la puce et de la recharge d'appels, facturation) — observant
aussi la diversité des situations de tous les clients qui passent
pendant ce temps et qui requiert des employés polyvalence et sang-froid
comme on n'imagine pas quand on ne fait que passer...Enfin, encadré par mon collègue et un étudiant de japonais, Olivier, qui nous a déjà aidés les jours précédents, le groupe arrive vers 16h15 pour la distribution, qui s'effectue par la porte pour ne pas envahir l'agence. L'an dernier, David avait emporté lui-même toutes les boîtes, mais cette fois l'horaire ne s'y prêtait pas — et puis je ne me voyais pas avec mes 22 paquets dans le tram...
En tout cas, ce soir, en famille, c'est prise de tête avec la notice !
Mon collègue et moi sommes invités — par un froid de canard — pour dîner dans une des familles d'accueil. Y retrouvons les plaisirs d'une certaine hospitalité, joviale et gratuite, qui n'existe pas au Japon. Je n'ai pas peur de le dire puisqu'en 14 ans passés dans ce pays (en soi hospitalier, au demeurant), je pourrais compter sur les doigts d'une seule main — c'est du vécu — les invitations chez quelqu'un, et sur les doigts des deux mains les invitations qui n'étaient pas liées à une obligation professionnelle, que ce soit chez quelqu'un ou à l'extérieur. Je précise qu'il en va à peu près de même entre les Japonais. Il ne s'agit pas d'une volonté dirigée contre un étranger, ou les étrangers, en général, mais bien plutôt d'une structure profonde de la culture et de la société japonaises, une de ces différences culturelles dont on ne peut accuser personne. Il se peut aussi que cela ne touche que les populations que j'ai fréquentées, enseignants, chercheurs et étudiants, puisqu'au fond, je ne connais que cela, du Japon...
Et T., bien sûr. Qui travaille très bien, sans moi, ces jours-ci. Je lui téléphone à minuit, heure française, pour lui souhaiter une bonne journée de travail...
Ai vu presque entièrement le film Le Trio infernal de Francis Girod (1974) à la télé, avec Michel Piccoli et Romy Schneider. Tout à fait étonnant dans la mise en scène de la criminalité et du vice, qu'ils soient froidement assumés par le personnage masculin ou traumatiquement vécus par les deux soeurs. Les plans de vidange de la baignoire dans laquelle deux corps ont été dissous à l'acide sulfurique sont particulièrement difficiles à suivre. Pas sûr que le cinéma d'aujourd'hui s'autorise une telle franchise — et sans vouloir nous faire croire à une quelconque folie des personnages.
Commentaires
1. Le jeudi 23 février 2006 à 03:14, par vinteix :
Tu as des frequentations peu "recommandables"... non, je plaisante.
Mais ce que tu dis des invitations chez les gens au Japon est bien vrai... bon, c'est comme ca, c'est un trait culturel. Ce qui n'empeche pas les "nijikai", "sanjikai", etc. (bon, la, je ne sais pas trop comment traduire... "1ere reunion" ?, "1ere festivite" ?...), une autre forme de convivialite.
Sinon, juste un mot, tant ce message recu hier m'a desole, surtout venant de la part de quelqu'un qui apparemment semble penser un peu, d'une maniere "reccommandable" (?) :
"(...) le reste est de la litterature"...
En un mot, donc, sans faire de longues phrases, on pourrait simplement dire que considerer la litterature comme nulle revient a renier le langage, et donc a se renier, renier le tresor de la parole ("l'honneur des hommes", comme disait l'autre) et la quete possible d'un sens.
"Plein de merites, mais en poete,
L'homme habite sur cette terre."
Holderlin
Certes, l'on pourra toujours dire, comme le meme Holderlin : "et des poetes a quoi bon, dans ce temps d'indigence ?" encore faudrait-il bien comprendre ce qu'il dit la et mesurer a quel point justement la poesie (ou la litterature en general) peut sauver ou tenter de sauver (de la disparition, de l'absence, passee, presente ou a venir) quelque chose d'essentiel. Pierre Michon, auteur des "Vies minuscules", l'a justement tres bien dit dans son beau livre "Corps du roi" : comment a certains moments les poemes peuvent etre des prieres, ultime antidote au desastre, des prieres sans dieu ni arriere- monde.
2. Le jeudi 23 février 2006 à 04:50, par Berlol :
Salut, Vinteix, et merci de ton assiduité ces derniers jours. Pour ce qui est de la littérature, je crois que tu surinterprètes un peu, non ?... Dans l'expression "(et tout) le reste est littérature", il s'agit d'un sens "par extension" comme dit le dictionnaire, avec un sens certes un peu négatif du mot mais qui n'empêche peut-être pas la même personne de revendiquer son amour pour la "grande" littérature, où il y a d'ailleurs un autre piège sémantique. On parle aussi de "littérature grise" pour tout ce qui concerne les documents techniques, par exemple, avec le sens simple de "chose écrite et consultable". Donc, keep cool !
3. Le jeudi 23 février 2006 à 05:15, par vinteix :
En la matiere, je ne peux rester "keep cool"... oui, je sais, peut-etre (exception francaise ??), je sacralise un peu trop la litterature.. a vrai dire non, pas la litterature elle-meme (oeuvre ou ecrivain), mais l'acte d'ecrire, qui a un cote sacre, oui. Car on est alors face au grand dehors, au "grand objet exterieur", au bord d'une falaise, c'est un etat d'etre, va-et-vient entre le prochain et le lointain ou l'on interroge le sens de notre presence au monde.
Bien sur, j'ai pense aussi a Verlaine (son "Art poetique"), mais la on est en plein dans la poesie !
Pour ce qui est de l'amour de la litterature de certaines gens, soit... mais tant qu'il y a ces perennes divorces et antinomies entre la litterature, d'un cote, et la vie ("seule ton action compte", me disait-on) de l'autre, rien ne va !
Bon, pardon... je suis un peu bavard en ce moment, voire vindicatif ... solitude passagere de quelques jours avant le depart (l'etre aime etant parti avant moi...) Mais un grand OUI et un grand NON ne cessent de m'agiter.
4. Le jeudi 23 février 2006 à 06:03, par Manu :
Je ne sais pas s'il y a une extension de ce type pour DotClear, mais il y a moyen d'empêcher le spam en obligeant les commentateurs à copier un code qui s'affiche sous forme d'image déformée (donc difficile à interpréter par un traitement informatique automatisé) pour valider et publier une remarque.
5. Le jeudi 23 février 2006 à 06:07, par vinteix :
ceci dit, je mets un peu d'eau dans mon vin, sans rien "retirer" (coucou, Alain)... repetant les propos d'un ecrivain que j'aime, Hubert Haddad (comme ecrivain et comme personne, mais c'est tout un) et que j'ecoute a l'instant sur France Culture : "il faut toujours tout penser en termes d'alterite... sinon, si on revient a soi, on est dans la vanite".
6. Le jeudi 23 février 2006 à 06:16, par Berlol :
Ou dans la vanne...
A'y est ! J'ai ajouté quelques liens sur les deux derniers jours. Preuve que je commence à être opérationnel... Allez, je vais en ville !
7. Le jeudi 23 février 2006 à 07:41, par vinteix :
A la superette ?
Attention a super-superette !
8. Le jeudi 23 février 2006 à 17:50, par emmanuel :
pas sûr que la non altérité oblige à revenir à soi... on n'est pas forcé d'être toujours dans la dialectique, et penser sans les autres, voire contre les autres (mais c'est aussi, penser avec eux, je sais), peut amener de belles choses. Le tout étant d'avoir une éthique assez forte pour mener à bien ses projets. Je ne suis pas persuadé que Joyce était dans l'altérité, que Malcolm Lowry non plus, etc.
Même Beckett, pourtant un modèle de bonté (lire sa bio.), n'était pas dans cette altérité au moment de l'écriture.... ou alors un autre à la Lévinas... mais je ne crois pas que ce soit de cela que parle Haddad.
9. Le jeudi 23 février 2006 à 21:53, par Dabichan :
Vos hôtes d'un soir accueillent laquelle de nos étudiantes ?
Rien de nouveau à signaler, sauf le début des travaux de désamiantage de certaines parties de la bibliothèque, dont l'escalier juste devant mes fenêtres. En espérant que le calfeutrage mis en place soit efficace...
10. Le jeudi 23 février 2006 à 22:56, par Arnaud Boudou :
Bonjour,
Je suis l'auteur du plugin pour Dotclear mentionné dans ce billet (Blocage par référent). Je tiens juste à préciser que ce plugin ne concerne en rien le spam de commentaires et trackback, mais uniquement le spam de statistiques.
Pour le spam de commentaires et trackback, il vaut mieux utiliser le plugin Spamplemousse qui est concu à cet usage ( www.zeubeubeu.net/blog/pl... ). Il est fourni avec une liste de mots interdits, mais il sera quand même nécessaire de paufiner cette dernière.
11. Le vendredi 24 février 2006 à 01:16, par Berlol :
Merci bien, Arnaud, pour ces précisions, je vais installer cela tout de suite. Je me disais aussi...
12. Le samedi 25 février 2006 à 10:41, par JoseAngel :
Je ne sais pas pour ce qui touche les Français, mais les Espagnols sont en train de devenir de plus en plus Japonais, question invitations... la route est longue, bien sûr, mais on a fait beaucoup de progrès ces dernières années. Personne n'invite plus quelqu'un chez soi. Et aparemment cela ne choque personne, je n'ai jamais entendu un commentaire sur ce sujet.
13. Le lundi 27 février 2006 à 02:57, par Berlol :
Voilà qui est bien dommage ! Moi qui garde de merveilleux souvenirs de l'hospitalité espagnole, cordiale et joviale, etc., et qui ne rêve que d'y retourner... Comment ça se fait ?
Ajouter un commentaire