Bout d'ouest huppé et piétonnier
Par Berlol, samedi 25 février 2006 à 23:59 :: General :: #186 :: rss
Matinal marché des bords de Loire. M'avait été
recommandé pour ses chalands de toutes tailles, ses prix raisonnables,
ses fromages fermiers. Je savais où était la Loire, mais pas
le marché. Et ça ne se voyait pas de loin. Paraît d'ailleurs
que c'est un sujet de dispute, cet emplacement du marché des bords
de Loire...Ayant descendu le boulevard Saint-Euverte jusqu'au square Charles Péguy, capuche serrée sous le nez par deux degrés, pas rassuré, j'ai suivi quelqu'un qui portait un cabas vide jusqu'à ce qu'un deuxième cabas vide lui emboîte le pas. En file indienne tous les trois, rue de l'Abreuvoir pour découvrir le quai du Roi — et le marché, en effet, sur une centaine de mètres de long. Merci, les gars.
De la mâche, des radis roses, du persil, du steack haché et du cervelas de cheval, du foie gras et des rillettes de canard, du fromage blanc et du pain — et quelques photos, voilà ma récolte.
Promenade post-prandiale. La rue de Bourgogne telle qu'elle évolue,
de son bout d'est un peu déglingué qu'animent des pubs anglais
à son bout d'ouest, huppé et piétonnier. Repérages
de quelques restaurants, une crêperie, un brocanteur, des palissades
couvertes d'affiches. Dont une qui attire mon regard. Je la connais. Ou plutôt,
je connais le dessin qui a été utilisé, détourné,
sur lequel on a imprimé en rouge sur fond noir les infos d'un concert,
et qui représente Hitler et Eva se suicidant. J'ai un livre de cet
artiste nippon dont toutes les œuvres sont aussi impressionnantes, colorées
et morbides, mais son nom m'échappe, là, ce soir... (Ajout
de lundi : Maruo
Suehiro, attention, ça décoiffe !) Peut-être
son seul dessin qui ne soit pas du domaine culturel et graphique japonais.
Au marché couvert des Halles Châtelet, rencontre de
deux étudiantes qui me demandent où trouver des toilettes.
Eh, oui... ça, c'est une des vraies surprises pour les Japonais(es)
en France : il n'y a pas de toilettes accessibles dans les magasins.
Je leur recommande d'aller au café, de commander quelque chose, un
café, par exemple, pour avoir le droit d'utiliser les toilettes,
qui ne seront peut-être pas très propres, ça dépendra
des fois. Je suis étonné que cela ne leur ait pas été
dit dans les séances de préparations du voyage.On se fait des photos. Puis je vais chez Bouchara, où je trouve des torchons à vaisselle à... 3 euros les 3 ! Ai bien fait de ne pas craquer hier...
Place du Martroi. Je vais prendre un café... pour aller aux
toilettes. Si, si, moi aussi. Pendant ce temps, la manif se forme, contre le CPE et les délocalisations
du Loiret, une centaine de personnes tout au plus. Je les suis jusqu'à
la FNAC, où je cherche le film de Chris Marker (Chats perchés),
qui n'y est pas. En revanche, je ne peux pas laisser passer l'Abécédaire
de Gilles
Deleuze (3
dévédés), le Journal de l'année 2005 de
Reporters
sans frontières (une mine pour le cours de conversation de 3e
année), Inside
Deep Throat, le documentaire explosif sur l'odyssée du film "Gorge
profonde", qui ne servira sans doute pas à des cours..., et, Oh,
surprise !, Coup
de torchon (Tavernier, 1981) à moins de dix euros alors qu'il
était à plus de vingt depuis au moins deux ans (que je le surveille
via Amazon). Auquel s'ajoutera Intolerance, le
film de Griffith (1916), offert avec le Monde du week-end.Cinéma : Syriana. Grand spectacle spectaculairement despectacularisé. Tout est feutré, conversations, malversations, corruption, demi-aveux. C'est bien joué mais mal mis en scène. Malgré l'horreur politique, on peut très souvent s'endormir. Le film articule les relations difficiles entre divers personnels américains alliées contre le reste du monde et pour la possession sans partage des ressources pétrolières. Ces trois populations sont : des fonctionnaires et des politiques qui tirent des ficelles sans quitter le territoire américain, des cadres des compagnies pétrolières privées qui font sans vergogne tout ce qui peut maximiser et pérenniser leurs gains, des agents d'état infiltrés sur place et qui sont manipulés tant qu'ils n'arrivent pas à doubler les autres (Clooney moyennement réussi en hybride de naïf et de barbouze). Le reste des humanidés n'existe à peu près pas...
Dînette et télé au studio. Soirée de remise des Césars, ma première depuis quinze ans. Des vannes pas très bonnes, Valérie Lemercier mal inspirée. De battre mon coeur s'est arrêté, que j'avais admiré en mars dernier, ramasse huit Césars, mais Romain Duris se fait doubler par Michel Bouquet pour son rôle de Mitterrand. Je trouve cela injuste, la composition de Duris étant beaucoup plus approfondie, graduée et risquée que celle de Bouquet, monochrome par insuffisance du film de Guédiguian.
Commentaires
1. Le lundi 27 février 2006 à 19:13, par Manu :
Sont malins en France, et puis comme tu consommes, et ben t'auras de nouveau envie d'aller aux toilettes un peu plus tard histoire de faire faire du chiffre à un collègue. Bel exemple de solidarité. Ça pourrait aussi être ça le commerce équitable...

Bon et comme ça tu peux aller au cinéma ? Tu n'es pas censé être joignable 24h sur 24 ?
Bon allez, j'suis d'une drôle d'humeur aujourd'hui, j'arrête mon délire...
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