Chaque jour bien baisés
embauches ou embûches —
moi, je parie sur la durée
chaque mot bien pesé
dans dix ans, un minerai, un gisement

Rebrancher la turbine, direction la fac, bus 20. Bibliothèque des sciences, vingt-cinq courriels en attente, trois jours de journal à poster après recherche de liens pertinents. Je m'en tire avant midi. Aucune faim. Mon collègue peut aller au resto U. Comme ça, on laisse les ordinateurs en place. Vers une heure, je vais à la fac des Lettres et Langues, voir l'exposition sur les camps de déportation du Loiret. Les panneaux sont poussés dans un coin, n'importe comment, sans espace de circulation entre eux, d'ailleurs en quelque sorte invisibles pour les étudiants pleins de vie et d'assurance qui vont, viennent, discutent.
Rencontres dans le hall. Une de nos étudiantes de 3e année, revenue étudier en solo, déjà excellente. Super, Emi ! Deux étudiants de japonais dont Olivier qui nous assiste depuis une semaine pour faire découvrir Orléans à notre groupe — et pratiquer le japonais. Je monte voir où est le bureau du professeur Bergounioux, il n'y est pas. Je téléphonerai. Retour à la bibliothèque après un sandwich et avoir fait le point au bureau du SRI (Service des Relations Internationales) — jusqu'ici, tout va bien.

16h, groupe en formation pour se rendre en tram à la réception officielle de la mairie, Hôtel Groslot. Et le toucher. Nous y pavaner. Mémorable séance de photos, plus d'appareils que de japonaises, la plupart inconscientes de la valeur historique d'où elles sont. Savent se tenir pendant les discours, quand même. Moi itou. Ces ors, ces écus, ces cuirs de Cordoue. Un roi y est mort, blessure en tournoi, l'oreille infectée, la faute à sa mère — alors qu'elle avait Ambroise Paré sous la main...
Il assure, le collègue, pour traduire au pied levé l'adjointe au maire. Puis le directeur du SRI. Enfin, c'est l'heure des boissons. Je m'enquiers des meilleurs restaurants. Les Toqués, me dit-on, et moins guindé que les Antiquaires.
Missionné par T., je parle Mazarinades, car il y en a des célèbres, d'Orléans. Mais c'est un peu comme si je parlais chinois. Quand je prononce le mot, je vois qu'il n'a aucun référent. L'histoire de la subversion n'est pas à l'ordre du jour. S'adresser ailleurs.

Plus tard. Grosse émotion — et timidité — d'entendre la voix d'Alain Sevestre au téléphone. Pas longtemps mais tout de même. Quelqu'un dont je connais le ton, la finesse. Mais pas la voix. Peu après, j'appelle Cécile, comme promis. Encore une voix inconnue (et douce, et posée) bien qu'on se soit déjà vu deux ou trois fois.