mardi 7 mars 2006
Freine sur les madeleines
Par Berlol, mardi 7 mars 2006 à 23:54 :: General
Sommeil entrecoupé de levers d'urgence. Plus de douleur, plus d'appétit,
plus d'intérêt à rien. Au petit déjeuner avec
mon collègue pour lui dire que je viendrai à l'université
plus tard, que je ne vais pas à Paris.
Pas nécessaire que je m'étende plus sur cette passionnante journée, hein !
Vers 13h30, j'ai bu un demi-litre d'eau citronnée et mangé six petites madeleines, achetés à une machine du hall de Polytech'Orléans. Bien mâché. Histoire de retrouver quelque chose, du goût ou du souvenir. Et combattre la déshydratation.
Cela me rappelle qu'il y a trois ans environ, mon père avait eu un problème de la glande thyroïde, un dérèglement dû à un traitement d'autre chose, hypothyroïdie, sans doute. Sans que ses symptômes aillent jusqu'à la démence, il nous avait bien fait peur. Pendant des mois, il ne voulait rien, se forçait à manger, même la viande ou la charcuterie, même la salade verte ou les endives, choses que nous avons toujours aimées (sauf que moi, je n'aime pas trop la salade verte...). Il perdait du poids de façon spectaculaire et se voûtait. Le rouge de la viande et du vin, tout particulièrement, lui faisaient horreur. Cela dura au moins un an en tout, avant qu'il ne retrouve son allant et un peu de poids. Passé 70 ans, c'est en effet le délai de rétablissement normal. Je trouvais révoltant qu'une simple petite glande nous invalidât à ce point. Je dis nous parce qu'il semble qu'il puisse en aller de même pour chacun.
Je ne suis pas certain de l'aliment qui m'a intoxiqué. Cependant, quand je me remémore une par une les choses avalées, que j'avalais avec plaisir sur le moment, il n'y en a qu'une dont l'image soulève nauséeusement ma mémoire, c'est cette mousse de flétan, formée avec deux grandes cuillères, j'imagine, et posée à côté du saumon fumé et des autres composants de l'assiette nordique. En même temps, je me dis que c'est peut-être l'excès de sel ingéré qui a aggravé la réaction...
Je me rappelle aussi qu'au Mexique, en voyage avec mon ex, en 1990, notre premier voyage intercontinental, avant le Japon, j'avais un jour violemment rejeté un poisson sauce aigre-douce. C'était à Palenque, je crois, l'endroit le plus chaud et le plus humide que j'aie jamais connu. Les ventilateurs m'avaient aussi donné une sorte de rhume qui me faisait moucher des litres. Et éternuer en permanence. C'en était comique, je devais contourner les zones de circulation d'air. Et nous avions encore plus chaud, bien sûr. Pour le coup du poisson, j'étais sorti du restaurant en catastrophe pour rendre au caniveau ce que l'assiette m'avait apporté. Et tout s'était calmé. L'image que je revois serait plutôt l'une des rues pentues et peut-être pavées de San Cristobal de las Casas. Je vais reprendre quelques madeleines...
Des neurones circulent donc encore. En fin d'après-midi, la santé s'étant tout de même beaucoup améliorée, ayant travaillé quatre grandes heures à la bibliothèque et étant revenu faire une sieste vers cinq heures, je me suis préparé pour le dîner, sans être tout à fait officiel, avec quelques responsables universitaires.
C'est sous la pluie que nous avons gagné la place du Martroi, avec mon collègue, pour dîner au restaurant du même nom. J'avale des œufs pochés sauce au vin d'Orléans avec satisfaction, chipote du caviar d'aubergine et laisse presqu'intact un pavé de thon (décidément, le poisson, ça coince). Sympathique conversation de circonstance, relevée de souvenirs nippons puisque l'un des convives, professeur de japonais à l'université d'Orléans, a passé pas mal de temps à Kanazawa et à Tokyo.
Patrick De Vos, de l'université de Tokyo, est le premier de ceux que nous connaissons tous les deux — et cela me fait souvenir que, n'étant pas allé à Paris, j'ai posé un lapin (Oh non, pas de lapin !) à François Bon avec qui j'avais prévu de déjeuner. Va falloir que je m'en excuse platement. Oui, parce que c'est grâce à Patrick De Vos que j'ai rencontré François Bon, il y a cinq ans environ.
Va aussi falloir que je freine sur les madeleines parce que là, ça déborde, les souvenirs...
Pas nécessaire que je m'étende plus sur cette passionnante journée, hein !
Vers 13h30, j'ai bu un demi-litre d'eau citronnée et mangé six petites madeleines, achetés à une machine du hall de Polytech'Orléans. Bien mâché. Histoire de retrouver quelque chose, du goût ou du souvenir. Et combattre la déshydratation.
Cela me rappelle qu'il y a trois ans environ, mon père avait eu un problème de la glande thyroïde, un dérèglement dû à un traitement d'autre chose, hypothyroïdie, sans doute. Sans que ses symptômes aillent jusqu'à la démence, il nous avait bien fait peur. Pendant des mois, il ne voulait rien, se forçait à manger, même la viande ou la charcuterie, même la salade verte ou les endives, choses que nous avons toujours aimées (sauf que moi, je n'aime pas trop la salade verte...). Il perdait du poids de façon spectaculaire et se voûtait. Le rouge de la viande et du vin, tout particulièrement, lui faisaient horreur. Cela dura au moins un an en tout, avant qu'il ne retrouve son allant et un peu de poids. Passé 70 ans, c'est en effet le délai de rétablissement normal. Je trouvais révoltant qu'une simple petite glande nous invalidât à ce point. Je dis nous parce qu'il semble qu'il puisse en aller de même pour chacun.
Je ne suis pas certain de l'aliment qui m'a intoxiqué. Cependant, quand je me remémore une par une les choses avalées, que j'avalais avec plaisir sur le moment, il n'y en a qu'une dont l'image soulève nauséeusement ma mémoire, c'est cette mousse de flétan, formée avec deux grandes cuillères, j'imagine, et posée à côté du saumon fumé et des autres composants de l'assiette nordique. En même temps, je me dis que c'est peut-être l'excès de sel ingéré qui a aggravé la réaction...
Je me rappelle aussi qu'au Mexique, en voyage avec mon ex, en 1990, notre premier voyage intercontinental, avant le Japon, j'avais un jour violemment rejeté un poisson sauce aigre-douce. C'était à Palenque, je crois, l'endroit le plus chaud et le plus humide que j'aie jamais connu. Les ventilateurs m'avaient aussi donné une sorte de rhume qui me faisait moucher des litres. Et éternuer en permanence. C'en était comique, je devais contourner les zones de circulation d'air. Et nous avions encore plus chaud, bien sûr. Pour le coup du poisson, j'étais sorti du restaurant en catastrophe pour rendre au caniveau ce que l'assiette m'avait apporté. Et tout s'était calmé. L'image que je revois serait plutôt l'une des rues pentues et peut-être pavées de San Cristobal de las Casas. Je vais reprendre quelques madeleines...
Des neurones circulent donc encore. En fin d'après-midi, la santé s'étant tout de même beaucoup améliorée, ayant travaillé quatre grandes heures à la bibliothèque et étant revenu faire une sieste vers cinq heures, je me suis préparé pour le dîner, sans être tout à fait officiel, avec quelques responsables universitaires.
C'est sous la pluie que nous avons gagné la place du Martroi, avec mon collègue, pour dîner au restaurant du même nom. J'avale des œufs pochés sauce au vin d'Orléans avec satisfaction, chipote du caviar d'aubergine et laisse presqu'intact un pavé de thon (décidément, le poisson, ça coince). Sympathique conversation de circonstance, relevée de souvenirs nippons puisque l'un des convives, professeur de japonais à l'université d'Orléans, a passé pas mal de temps à Kanazawa et à Tokyo.
Patrick De Vos, de l'université de Tokyo, est le premier de ceux que nous connaissons tous les deux — et cela me fait souvenir que, n'étant pas allé à Paris, j'ai posé un lapin (Oh non, pas de lapin !) à François Bon avec qui j'avais prévu de déjeuner. Va falloir que je m'en excuse platement. Oui, parce que c'est grâce à Patrick De Vos que j'ai rencontré François Bon, il y a cinq ans environ.
Va aussi falloir que je freine sur les madeleines parce que là, ça déborde, les souvenirs...