dimanche 12 mars 2006
Tous les noms des marbres
Par Berlol, dimanche 12 mars 2006 à 23:46 :: General
Fwahhh ! Quelle journée ! Pas à refaire de longtemps ! Neuf
longues heures de transports et d'attentes pour trois heures de visite !
Et tout ça, le jour le plus froid depuis trois semaines !
Mais, prévue de longue date, cette sortie à Versailles avec trois étudiantes, on ne pouvait pas la remettre. Et puis nous allons repartir au Japon vendredi. Donc, pas d'autre occasion.
Il faisait zéro degré, à 8 heures, devant
la gare d'Orléans...
Près de la gare de Versailles Rive gauche, les flaques d'eau étaient encore gelées vers 11 heures.
Devant l'entrée A du château, nous avons fait la queue plus d'une demi-heure dans l'ombre et le courant d'air glacial... parce qu'il faut passer un par un au détecteur de je-ne-sais-quoi pour refaire la queue dans le hall et acheter ses billets. Merci pour la considération des visiteurs — des manants, devrais-je dire. Ce que confirme l'état des toilettes, malgré les cinquante centimes qu'il faut y laisser. On se demande si l'odeur est d'époque.
C'est fou comme le monde entier se presse pour admirer ces vestiges
de nantis et de despotes ! — mais plus personne ne connaît tous
les noms des marbres ni
la noblesse
conquérante
du
Dévonien,
quand
la fougère...
Moi, j'en ai la nausée de ce lit où l'on se gargarise à dire que tant d'enfants royaux sont nés. Je ne rejette pas l'Histoire, mais j'exècre l'admiration béate des badauds pour ce qu'ils croient être l'Histoire.
Sortis des Grands Appartements et de la (demie) Galerie des Glaces, nous allons directement à la Brasserie du Musée, place Gambetta, le restaurant le plus proche (qui permet d'éviter la restauration rapide proposée au château dans le sous-sol en face des toilettes), et ce n'est pas un mauvais choix, loin de là : service poli et diligent, l'entrecôte et les frites sont bonnes.
Ensuite, encapuchonnés pour que les oreilles ne partent pas en morceaux, nous descendons au Parterre d'eau, au Bassin de Latone, en travers du Bosquet de la Girandole, près du Bosquet de la Colonnade sans mollir du jarret pour débouler au Bassin d'Apollon, lui aussi privé de jets d'eau, comme partout en temps de gel... On se réchauffe quelques minutes à la boutique des Jardins.
Enfin, il n'y a pas de vent, près du Grand Canal, il y fait donc moins froid. Sans doute est-ce pour cela que s'y pressent les promeneurs, les amateurs de barque et les cyclistes de location. J'explique aux étudiantes que tous ces gens ne sont pas des touristes, que beaucoup d'entre eux habitent la ville ou les environs et viennent très régulièrement passer un bout de dimanche ici, avec les enfants, les chiens, les grands-parents, les ballons... Elles semblent dire qu'ils ont beaucoup de chance, tous ces gens. Elles aussi voudraient habiter en France, soupirent-elles... Je ne leur parlerai pas aujourd'hui des nouvelles lois, non, je n'en ai pas le courage.
Puis c'est l'heure d'enclencher la marche arrière pour revenir à Orléans. Mission accomplie vers 19h15.
Mais, prévue de longue date, cette sortie à Versailles avec trois étudiantes, on ne pouvait pas la remettre. Et puis nous allons repartir au Japon vendredi. Donc, pas d'autre occasion.
Il faisait zéro degré, à 8 heures, devant
la gare d'Orléans...Près de la gare de Versailles Rive gauche, les flaques d'eau étaient encore gelées vers 11 heures.
Devant l'entrée A du château, nous avons fait la queue plus d'une demi-heure dans l'ombre et le courant d'air glacial... parce qu'il faut passer un par un au détecteur de je-ne-sais-quoi pour refaire la queue dans le hall et acheter ses billets. Merci pour la considération des visiteurs — des manants, devrais-je dire. Ce que confirme l'état des toilettes, malgré les cinquante centimes qu'il faut y laisser. On se demande si l'odeur est d'époque.
C'est fou comme le monde entier se presse pour admirer ces vestiges
de nantis et de despotes ! — mais plus personne ne connaît tous
les noms des marbres ni
la noblesse
conquérante
du
Dévonien,
quand
la fougère...Moi, j'en ai la nausée de ce lit où l'on se gargarise à dire que tant d'enfants royaux sont nés. Je ne rejette pas l'Histoire, mais j'exècre l'admiration béate des badauds pour ce qu'ils croient être l'Histoire.
Sortis des Grands Appartements et de la (demie) Galerie des Glaces, nous allons directement à la Brasserie du Musée, place Gambetta, le restaurant le plus proche (qui permet d'éviter la restauration rapide proposée au château dans le sous-sol en face des toilettes), et ce n'est pas un mauvais choix, loin de là : service poli et diligent, l'entrecôte et les frites sont bonnes.
Ensuite, encapuchonnés pour que les oreilles ne partent pas en morceaux, nous descendons au Parterre d'eau, au Bassin de Latone, en travers du Bosquet de la Girandole, près du Bosquet de la Colonnade sans mollir du jarret pour débouler au Bassin d'Apollon, lui aussi privé de jets d'eau, comme partout en temps de gel... On se réchauffe quelques minutes à la boutique des Jardins.
Enfin, il n'y a pas de vent, près du Grand Canal, il y fait donc moins froid. Sans doute est-ce pour cela que s'y pressent les promeneurs, les amateurs de barque et les cyclistes de location. J'explique aux étudiantes que tous ces gens ne sont pas des touristes, que beaucoup d'entre eux habitent la ville ou les environs et viennent très régulièrement passer un bout de dimanche ici, avec les enfants, les chiens, les grands-parents, les ballons... Elles semblent dire qu'ils ont beaucoup de chance, tous ces gens. Elles aussi voudraient habiter en France, soupirent-elles... Je ne leur parlerai pas aujourd'hui des nouvelles lois, non, je n'en ai pas le courage.
Puis c'est l'heure d'enclencher la marche arrière pour revenir à Orléans. Mission accomplie vers 19h15.