lundi 13 mars 2006
L'incrémentation spiralée de l'itérable, sa fatalité
Par Berlol, lundi 13 mars 2006 à 23:46 :: General
Ce matin, je me disais que c'était bien d'avoir devant soi une journée
simple, banale, de n'avoir qu'à reproduire des gestes connus, sans
m'en écarter. Aller à la bibliothèque des sciences de
la fac d'Orléans avec mon collègue, m'occuper du courrier et
des pages du JLR en retard, aller déjeuner au resto U avec une partie
de nos étudiants, refaire un tour de bibliothèque jusqu'à
trois heures pour ensuite revenir au studio.
La seule petite note de fantaisie serait d'aller ensuite au centre commercial de la gare d'Orléans faire quelques courses, en l'occurence des produits pharmaceutiques pour un ami au Japon, une crème de Clarins et du Synthol pour T., une réserve d'Habit Rouge pour moi.
Enfin, prévu de longue date, un dîner dans une des familles d'accueil de nos étudiants, dans une très belle maison de Saint-Jean-Le-Blanc. Et tout s'est passé comme prévu, jusqu'au coup de téléphone tokyoïte qui m'apporte d'excellentes nouvelles de la Fronde.
La prévision, la répétition, la prévision de la répétition, la conscience de la prévisibilité du répétitif... Et quelques autres étages de réflexivité, comme l'incrémentation spiralée de l'itérable, sa fatalité. C'est ce qui donne l'assise d'une vie. Voire de l'art, son rythme. Parfois trop, parfois pas assez. Beaucoup de vies ratées dans une mauvaise gestion de ce qui recommence et de ce qui varie dans chaque recommencement. C'est plus profond que la famille, le travail ou l'argent. C'est dans des engrenages d'ADN, des plis d'enfance, des hérissements fondateurs et irréversibles.
Pour le reste, je ne sais plus... Il y a tellement de choses que je n'ai pas le temps de faire...
« Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne.
[...]
Après qu'il a fini, un jour qu'il passe avec son frère près de la fabrique du Vésinet : Tu vois, lui dit Ravel, c'est là, l'usine du Boléro.» (Jean Échenoz, Ravel, p. 78 & 79)
La seule petite note de fantaisie serait d'aller ensuite au centre commercial de la gare d'Orléans faire quelques courses, en l'occurence des produits pharmaceutiques pour un ami au Japon, une crème de Clarins et du Synthol pour T., une réserve d'Habit Rouge pour moi.
Enfin, prévu de longue date, un dîner dans une des familles d'accueil de nos étudiants, dans une très belle maison de Saint-Jean-Le-Blanc. Et tout s'est passé comme prévu, jusqu'au coup de téléphone tokyoïte qui m'apporte d'excellentes nouvelles de la Fronde.
La prévision, la répétition, la prévision de la répétition, la conscience de la prévisibilité du répétitif... Et quelques autres étages de réflexivité, comme l'incrémentation spiralée de l'itérable, sa fatalité. C'est ce qui donne l'assise d'une vie. Voire de l'art, son rythme. Parfois trop, parfois pas assez. Beaucoup de vies ratées dans une mauvaise gestion de ce qui recommence et de ce qui varie dans chaque recommencement. C'est plus profond que la famille, le travail ou l'argent. C'est dans des engrenages d'ADN, des plis d'enfance, des hérissements fondateurs et irréversibles.
Pour le reste, je ne sais plus... Il y a tellement de choses que je n'ai pas le temps de faire...
« Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne.
[...]
Après qu'il a fini, un jour qu'il passe avec son frère près de la fabrique du Vésinet : Tu vois, lui dit Ravel, c'est là, l'usine du Boléro.» (Jean Échenoz, Ravel, p. 78 & 79)