Dernière séance de travail à la bibli de l'U. d'O. Sans doute un grand nombre de cours annulés parce que presque personne au resto U. Doit y avoir une manif en ville, aussi. Distribution de petits papiers Stop aux blocages, avec appel à une AG demain... On y refuse toute couleur politique pour mieux s'y cacher et tuer le mouvement (que le temps passe et le CPE avec... toujours la démagogie du pragmatisme, cette fois c'est Nos diplômes d'abord, sauf que vos diplômes, pour ce qu'ils servent... Il n'est plus question de savoir comment un employeur peut faire confiance à un jeune diplômé mais bien de savoir comment un jeune diplôme pourrait faire confiance à un employeur !).
Pragmatisme, pragmatisme. J'espère que nos étudiantes ne vont pas se faire piéger par un éventuel arrêt du Tram. En effet, plusieurs d'entre elles sont parties faire des courses vers 11 heures, après un test final qui semble les avoir toutes épuisées. C'est qu'elles doivent revenir à l'université pour 16h15, heure des préparatifs de la soirée de remise des certificats de fin de stage... (Vais-je pour autant accepter le CPE ?...)

Il fait beau et froid. Il aura fait froid jusqu'au bout, durant ce mois. Cela m'a beaucoup déçu, surtout la seconde moitié. J'imaginais finir mes jours ici sur une douceur orléane, similaire à telle angevine. Mais bon...
En tout cas demain, départ : je reprends l'air marin. Aérien, même. Pas de connexion. Ni samedi, peut-être, si trop fatigué pour... On verra.
Et partir juste quand le Salon du livre va commencer, c'est pas dommage, ça... Allez, pour cette année, c'est plié. Faut s'y faire. D'ailleurs, l'indigence de son blog, hein ! C'est quelque chose : « Tant les journées que l'on vous promet sont prometteuses...» Mmouiii... Ça promet ! Moi, j'aurais bien voulu voir de la francophonie qui ne passe pas de travers, qui ne fasse pas combat communautaire, etc. Mais ce n'est pas facile...

« Une séance de signatures dans une librairie n'est pas toujours un moment intense. Pour créer une véritable animation, il faudrait un Balzac revenant dédicacer ses oeuvres complètes. Ce soir, l'affiche paraît plus modeste : dans une échoppe proche de la rue Mouffetard, face à une douzaine de curieux, Jean-Noël Schifano est venu présenter quelques auteurs de sa collection « Continents noirs ». Laquelle, chez Gallimard, se consacre aux « écritures africaines, principalement d'expression française », au total une quarantaine de titres parus depuis 2000 dont aucun n'a dépassé les 5 000 exemplaires. Schifano parle, traçant dans l'éther les contours d'un continent de légende. On se croirait au bord du fleuve Niger un jour de crue. Jusqu'à ce qu'un impoli l'interpelle : dites donc, votre collection pour écrivains d'Afrique noire, ça ne tomberait pas un peu dans le travers du communautarisme ? Et la typo des bouquins, pourquoi est-elle si moche (du Futura Book, un caractère bâton effectivement pas terrible) ? Suit un bref silence. Puis le flot Schifano repart, plus vif : mais non vous n'y êtes pas du tout, regardez, « Continents noirs » c'est au pluriel, la preuve que nous ne sommes pas dans la géographie mais dans l'écriture, dans quelque chose qu'on pourrait appeler le « baroque existentiel », de toute façon il y en a marre de ce procès permanent du ghetto. Fin de l'incident ? Non, début. Boniface Mongo-Mboussa, auteur de Désir d'Afrique, s'en prend à l'importun : votre inculture est sidérante car des collections africaines, il s'en est déjà créé plusieurs, voyez « Les Afriques » (Karthala), « Monde noir » (Hatier), alors pourquoi s'en prendre à celle-ci ? Parce que Schifano est un italianiste plus qu'un spécialiste de l'Afrique ? Un autre auteur de « Continents noirs » monte au front : ce débat, c'est une diversion permanente, lassante, ça empêche de parler du fond des bouquins. Et quand bien même la géographie s'en mêlerait, lance un troisième, il y a des précédents très honorables : la collection « Croix du Sud » de Roger Caillois, chez Gallimard aussi, fer de lance des littératures sud-américaines, n'a-t-elle pas révélé Borgès ? Le ton monte, Boniface Mongo-Mboussa part en claquant la porte. Dans un coin, Antoine Gallimard écoute sans mot dire. Schifano tente de calmer le jeu : chez Gallimard il n'y a pas de frontières, plaide-t-il, « vous pouvez très bien être dans "Continents noirs" et puis rentrer dans la "Blanche" ». Là, quelques gloussements nerveux au fond de la salle. Est-ce au rayon Freud qu'il faut chercher les raisons de ce psychodrame ? La maison d'édition qui a pour figure de proue la collection « Blanche » de la NRF pouvait-elle délimiter en son sein un « espace noir » sans ouvrir la boîte à lapsus ?
Là-dessus, on se mit à parler bouquins et ce fut nettement moins drôle.»
(Édouard Launet dans Libération du jour)

Pendant ce temps, la bêtise gouvernementale s'élargit. Un peu à la façon de l'huile, on ne voit pas bien ce qui peut arrêter la tache...