Être enfin où je devais, où T. court contre la montre à traquer les coquilles, que ce soit pour faire tourner l'imprimante, mitonner une ratatouille ou faire la vaisselle... Je ne sors que pour acheter les légumes. Repos des voyages, aussi.
En même temps, rattrapage de programmes de France Culture : Mardis littéraires du 7 mars avec Pierre Bergounioux (pour Carnet de notes), puis Vive le père Jarry ! selon Patrick Besnier, Des mots et des mythes (Tire ta langue, respectivement des 16 février et 2 mars), le dernier Vendredi de la philosophie consacré aux Lettres persanes de Montesquieu. Un peu de France Info, ça oscille péniblement entre ultimatum et pourrissement... Laissons mijoter. Un peu de courrier, mais il y en a tellement à classer que je remets à demain. Et inclure janvier dans l'index des noms propres du JLR.

« Quel Paradis, interrogea Kotter.
Vous, dit Breughel. Ceux qui vous envoient.
Ah, dit Kotter. C'est comme ça que.
Oui, dit Breughel. L'appellation a été inventée par Machado. Nous ne parlions jamais ouvertement de vous, même à voix basse. Vous savez bien qu'il y a toujours une oreille non bienveillante qui traîne derrière les murs. Une intelligence hostile.
Exact, approuva Kotter. Il faut crypter.
Nous disions aussi le Parti, continua Breughel. Après tout, nous étions une espèce de cellule dissidente. Cela donnait une fausse dimension politique à notre histoire. Des harmoniques gauchistes vibraient autour de nous comme un halo.
Une cellule dissidente, des anges, maugréa Kotter.
Oh, des anges mineurs, dit Breughel. Qui redoutaient de se faire exécuter au rasoir ou au plomb avant d'avoir pu goûter à ce qui.»
(Antoine Volodine, Le Port intérieur, Paris : Éditions de Minuit, 1995, p. 11-12)

Ça commence très fort. Plutôt, ça commençait très fort... Dans la perspective de lire Bardo or not Bardo et Nos Animaux préférés, il vaut mieux articuler l'historicité d'une écriture, surtout quand l'auteur revendique cette historicité aux niveaux narratif (« anges mineurs » deviendra un de ses titres) et sous-jacent (récurrence d'auteurs fictifs).
Le ton, comme ça, tout de suite, on pense à Koltès et Échenoz. Non pour lui enlever son ton propre, son originalité, mais parce qu'un lecteur n'est jamais vierge de mémoire. Et qu'aucun auteur, fût-il génial et cela lui déplût-il, n'arrive littérairement de nulle part...
Vite, j'y retourne.