vendredi 24 mars 2006
Ficelage rapide
Par Berlol, vendredi 24 mars 2006 à 23:59 :: General
Pour tout
savoir sur le Japon technologiquement coincé entre recyclage et
sécurité.
Devant finir aujourd'hui de rattraper mon retard en actu française, je vais me remettre bientôt à l'actu japonaise... dans le temps que me laissent mes préparations de cours. Il ne fait pas spécialement beau ; ceci dit, T. et moi n'en avons cure, concentrés que nous sommes sur nos travaux et écrans.
Seillière est un boulet.
« BRUXELLES (AP) — "Je vais parler en anglais, la langue de l'entreprise", a déclaré le Français, invité à s'exprimer devant le conseil européen en tant que président de l'Union des industries de la communauté européenne (Unice). Ancien président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Ernest-Antoine Seillière dirige depuis l'an dernier le patronat européen.
A ces mots, le président français s'est levé et a quitté la salle en compagnie des ministres Thierry Breton (Economie) et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères). AP »
« Le forcené de Matignon » : excellente une de Libération de mercredi ! Je me la répète plusieurs fois par jour, tellement elle est bonne. Désolé...
L'émission Mots croisés du 20 février, animée par Yves Calvi, m'a paru plus intéressante que l'édition d'À vous de juger du 16 mars. Cela tenait autant à la façon de construire le plateau qu'à la personnalité des invités. Les meilleurs moments furent les prises de parole de Maïté Lassalle (de 27:38 à 31:12) et de Louis Chauvel (de 47:28 à 54:38), surtout quand ce dernier donne des chiffres sur trente ou quarante ans en finissant par dire que « les jeunes sont jeunes de plus en plus vieux et qu'en même temps les vieux sont vieux de plus en plus jeunes » (vers 53:50). Superbe formule qui n'est pas une boutade, qui signifie que les jeunes sont précarisés jusqu'à un âge avancé et ne peuvent concrètement pas se construire une vie d'adulte (ou ce que cela veut dire pour une majorité de la population : maison, enfants, crédits) tandis que les seniors sont de plus en plus tôt remerciés pour leurs supposées moindres productivité et flexibilité, et surtout du fait de la cherté de leur ancienneté dans l'entreprise...
Le même animateur, avec la même finesse (choix des interlocuteurs, menée du débat), reprenait le même sujet le 20 mars dans C dans l'air (France 5). Les interventions de Roland Cayrol y étaient spécialement décapantes.
Et puisqu'il est rare que je fasse un lien chez Assouline (qui est aussi, à sa façon, un boulet), autant que j'en fasse tout de suite un second. Dans les Salons littéraires sont dans l'internet (PUF, 2002 — le site des PUF est en rade, on dirait...), j'affirmai ma conviction que, linguistiquement parlant, la France devait faire partie de la Francophonie (ce qui n'est le cas que d'un strict point de vue institutionnel) et notamment que la littérature dite francophone devait inclure, contenir par principe la littérature dite française, dans un grand ensemble de littérature de langue française. C'est ce point de vue que défend Pierre Assouline, excédé de voir les ghettos éditoriaux et salonniers où l'on accote auteurs dits des Caraïbes, d'Afrique, voire du Québec, de Suisse ou de Belgique (etc.) sans que jamais ou presque des auteurs dits de France ne soient présents, ces derniers étant (restant) entre eux ailleurs. Bien sûr, il faut que les origines géographiques ou culturelles soient mises en valeur pour les auteurs qui le souhaitent, ou au cas par cas. Mais l'actuelle dichotomie entre Hexagone et Reste du monde francophone amalgamé sent très fort le résidu colonial, d'autant plus pernicieuse qu'elle est banalisée, voire montée en crème pour une discrimination positive assurément catastrophique.
C'est aussi parce qu'aucun artiste ou auteur français n'était jamais invité au même titre que les autres (d'Afrique, d'Amérique, etc.) que je me suis désolidarisé clairement et depuis longtemps des programmes dits de promotion de la Francophonie organisés au Japon. Voilà, c'est dit.
Étonnement. Je n'avais pas parlé de francophonie, comme ça, avec quelqu'un depuis des mois et, étant allé en fin d'après-midi à la médiathèque de l'Institut franco-japonais, où je lisais l'interview de Julia Kristeva dans Art Press (mmm...), je tombe sur Luis Solo Martinel qui entame avec moi une discussion sur... la francophonie. Et nous sommes du même avis. Puis autour d'un café, au rez-de-chaussée, nous nous apitoyons sur nos piètres progrès en japonais...
Encore une fois, ces propos quotidiens ne sont qu'un ficelage rapide de ce que je veux garder comme aide-mémoire des jours qui (me) passent, plus spécialement, mais pas exclusivement, dans mon rapport à la littérature, donné à lire dans un réticule de plus en plus monstrueux au sein duquel se trouvent assurément des oreilles et des yeux connivents, qu'ils soient ou ne soient pas d'accord avec tel ou tel point.
Ces cinq notions de ficelage, aide-mémoire, littérature, réticule et connivence définissent ensemble mon projet continu de JLR — qui ne prétend pas être une œuvre littéraire. Je le précise puisqu'il y a de temps en temps de nouveaux lecteurs qui (s)(m)(')interrogent (sur) mes motivations — certains assidus ayant sans doute compris cela depuis longtemps.
Devant finir aujourd'hui de rattraper mon retard en actu française, je vais me remettre bientôt à l'actu japonaise... dans le temps que me laissent mes préparations de cours. Il ne fait pas spécialement beau ; ceci dit, T. et moi n'en avons cure, concentrés que nous sommes sur nos travaux et écrans.
Seillière est un boulet.
« BRUXELLES (AP) — "Je vais parler en anglais, la langue de l'entreprise", a déclaré le Français, invité à s'exprimer devant le conseil européen en tant que président de l'Union des industries de la communauté européenne (Unice). Ancien président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Ernest-Antoine Seillière dirige depuis l'an dernier le patronat européen.
A ces mots, le président français s'est levé et a quitté la salle en compagnie des ministres Thierry Breton (Economie) et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères). AP »
« Le forcené de Matignon » : excellente une de Libération de mercredi ! Je me la répète plusieurs fois par jour, tellement elle est bonne. Désolé...
L'émission Mots croisés du 20 février, animée par Yves Calvi, m'a paru plus intéressante que l'édition d'À vous de juger du 16 mars. Cela tenait autant à la façon de construire le plateau qu'à la personnalité des invités. Les meilleurs moments furent les prises de parole de Maïté Lassalle (de 27:38 à 31:12) et de Louis Chauvel (de 47:28 à 54:38), surtout quand ce dernier donne des chiffres sur trente ou quarante ans en finissant par dire que « les jeunes sont jeunes de plus en plus vieux et qu'en même temps les vieux sont vieux de plus en plus jeunes » (vers 53:50). Superbe formule qui n'est pas une boutade, qui signifie que les jeunes sont précarisés jusqu'à un âge avancé et ne peuvent concrètement pas se construire une vie d'adulte (ou ce que cela veut dire pour une majorité de la population : maison, enfants, crédits) tandis que les seniors sont de plus en plus tôt remerciés pour leurs supposées moindres productivité et flexibilité, et surtout du fait de la cherté de leur ancienneté dans l'entreprise...
Le même animateur, avec la même finesse (choix des interlocuteurs, menée du débat), reprenait le même sujet le 20 mars dans C dans l'air (France 5). Les interventions de Roland Cayrol y étaient spécialement décapantes.
Et puisqu'il est rare que je fasse un lien chez Assouline (qui est aussi, à sa façon, un boulet), autant que j'en fasse tout de suite un second. Dans les Salons littéraires sont dans l'internet (PUF, 2002 — le site des PUF est en rade, on dirait...), j'affirmai ma conviction que, linguistiquement parlant, la France devait faire partie de la Francophonie (ce qui n'est le cas que d'un strict point de vue institutionnel) et notamment que la littérature dite francophone devait inclure, contenir par principe la littérature dite française, dans un grand ensemble de littérature de langue française. C'est ce point de vue que défend Pierre Assouline, excédé de voir les ghettos éditoriaux et salonniers où l'on accote auteurs dits des Caraïbes, d'Afrique, voire du Québec, de Suisse ou de Belgique (etc.) sans que jamais ou presque des auteurs dits de France ne soient présents, ces derniers étant (restant) entre eux ailleurs. Bien sûr, il faut que les origines géographiques ou culturelles soient mises en valeur pour les auteurs qui le souhaitent, ou au cas par cas. Mais l'actuelle dichotomie entre Hexagone et Reste du monde francophone amalgamé sent très fort le résidu colonial, d'autant plus pernicieuse qu'elle est banalisée, voire montée en crème pour une discrimination positive assurément catastrophique.
C'est aussi parce qu'aucun artiste ou auteur français n'était jamais invité au même titre que les autres (d'Afrique, d'Amérique, etc.) que je me suis désolidarisé clairement et depuis longtemps des programmes dits de promotion de la Francophonie organisés au Japon. Voilà, c'est dit.
Étonnement. Je n'avais pas parlé de francophonie, comme ça, avec quelqu'un depuis des mois et, étant allé en fin d'après-midi à la médiathèque de l'Institut franco-japonais, où je lisais l'interview de Julia Kristeva dans Art Press (mmm...), je tombe sur Luis Solo Martinel qui entame avec moi une discussion sur... la francophonie. Et nous sommes du même avis. Puis autour d'un café, au rez-de-chaussée, nous nous apitoyons sur nos piètres progrès en japonais...
Encore une fois, ces propos quotidiens ne sont qu'un ficelage rapide de ce que je veux garder comme aide-mémoire des jours qui (me) passent, plus spécialement, mais pas exclusivement, dans mon rapport à la littérature, donné à lire dans un réticule de plus en plus monstrueux au sein duquel se trouvent assurément des oreilles et des yeux connivents, qu'ils soient ou ne soient pas d'accord avec tel ou tel point.
Ces cinq notions de ficelage, aide-mémoire, littérature, réticule et connivence définissent ensemble mon projet continu de JLR — qui ne prétend pas être une œuvre littéraire. Je le précise puisqu'il y a de temps en temps de nouveaux lecteurs qui (s)(m)(')interrogent (sur) mes motivations — certains assidus ayant sans doute compris cela depuis longtemps.