Les amateurs de rythme s'en réjouiront, c'est le retour des séances dominicales de ping-pong. D'entrée de jeu, je mets la reine Hisae en danger et lui prends une manche 11-4. Par la suite, je perdrai tout mais elle assurera tout de même mieux contre Katsunori que contre moi, alors que Katsunori me battra à chaque fois à plate couture. C'est dû aux styles de jeu, qui défient la simple logique des chiffres.

Déjeunons au restaurant de hamburgers (frais) Kua Aina. Dans la mesure où l'avocat qui glisse entre la tomate et la viande nous en laisse le loisir, discussion sur Orléans — photos dans l'appareil à l'appui — puis sur la littérature japonaise... Ah oui, je sais pourquoi ! Une des étudiantes du stage d'Orléans ressemble (très vaguement) à T., ce qui m'avait fait penser à l'inquiétante étrangeté d'une similitude dans Chevaux échappés de Yukio Mishima : quand le héros principal, si je me souviens bien, rencontre un jeune homme qui ressemble à s'y méprendre à feu celui qu'il a connu vingt ans auparavant, jusqu'aux trois grains de beauté sous l'aisselle... Je parle aussi d'Abe Kobo, qu'Hisae ne connaît pas, mais Katsunori oui — il lui prêtera L'Homme-boîte, s'il n'oublie pas...

Je retrouve OAM, récent citoyen de Tsukuba après deux ans d'exil belge. Traversons le carrefour de Shibuya et apercevons un présentateur télé qui se dirige, avec cameraman et perchiste, vers un groupe de ganguros gloussantes et dansantes (bonjour la mise en scène !...).
Les badauds s'attroupent. J'en fais quelques photos à la va-vite, mais le sujet ne me passionne pas. Au fond, ces filles crades et fades qui font n'importe quoi pour des fringues et des sacs de grandes marques m'indiffèrent profondément, surtout après un mois de fréquentation quotidienne d'étudiantes studieuses. Le soir, T. me dira que ce présentateur d'émissions aussi tardives que salaces était autrefois metteur en scène de films pornos. Peut-être qu'un de ces soirs, au détour d'un zapping tardif, j'apercevrai ce dont retournait tout cela — et s'il les a emmenées à Dogenzaka...
Je prends un café pendant qu'OAM déjeunant me livre ses nouvelles convictions par rapport au 11 Septembre, qui aurait été entièrement orchestré par le clan Bush ou la CIA, ou le lobby du pétrole (que l'on soupçonne déjà d'être à l'origine de l'assassinat de JFK). Ça me rappelle Capricorn One...

Au Tower Records, achat de Monsieur Gainsbourg Revisited et du Monsters in Love de Dionysos. Histoire de me remettre un peu dans la pop...