Grand ménage. Ça remplit d'un coup le réservoir de l'aspirateur !

On ne peut pas tout mentionner, soliloquait Molloy. Ou alors, attendre le moment propice...
Revenu d'Orléans, la semaine dernière, j'avais été sidéré d'apercevoir qu'à la place d'un infâme restaurant de graillon, en face de celui de fugu d'hier soir, venait de s'installer une teinturerie — précisément ce qui manquait dans ce quartier depuis que celle qui était cent mètres plus bas avait fermé l'an dernier, me laissant le choix entre aller à Yagoto en vélo, selon intempéries et temps à perdre, et... emporter mes chemises à Tokyo, ce qui était finalement le plus pratique.
Y suis donc allé ce matin, déposer cinq chemises. Première mise, juste pour voir. Mais nori nashi, parce que les teintureries ont tendance à y aller fort sur l'amidon...

Après le déjeuner au resto des profs avec David — qui s'est enfilé des gyozas surtout farcis à l'huile (je m'inquiète un peu pour lui ce soir) — j'ai repris le tri des courriels de février-mars (gestion toujours délicate puisque selon l'endroit où je me trouve, je reçois le courrier sur plusieurs ordinateurs, centralise le tout au bureau en gardant des copies ailleurs...). J'en ai classé la moitié en écoutant BFM (un ton qui craint, quand même) puis Europe 1 (pubeux et sirupeux), radios dont je suis allé chercher les pages puisque les radios nationales suivent le mouvement de grève.

En shinkansen, résonne profond, entre les sommes...
« Car en moi il y a toujours eu deux pitres, entre autres, celui qui ne demande qu'à rester là où il se trouve et celui qui s'imagine qu'il serait un peu moins mal plus loin. De sorte que j'étais toujours servi, en quelque sorte, quoi que je fisse, dans ce domaine. Et je leur cédais à tour de rôle, à ces tristes compères, pour leur permettre de comprendre leur erreur.
[...] Je réfléchissais presque sans arrêt, je n'osais pas m'arrêter. C'est peut-être à cela que je devais mon innocence. Elle était un peu défraîchie et comme mangée aux bords, mais j'étais content de l'avoir, oui, assez content.»
(Samuel Beckett, Molloy, p. 64-65)

En ce jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Paris (1871), je pense très fort à tous les manifestants qui, par centaines de milliers, vont encore une fois essayer de faire ployer et céder le forcené de Matignon. Je pense au temps perdu pour tous dans le seul but d'en faire reculer un seul. Je pense à ces têtes qui, faute d'avoir été coupées en leur temps, ont continué à produire de ces dédains catastrophiques.