les cerisiers sont mûrs     je répète     les cerisiers sont mûrs
          à cœur joie
jour à marquer     graver     tatouer     teindre     ou quoi
d'une croix     d'une pierre
d'une fleur          tout ce qu'on voudra

Vers midi, T. et moi allons chercher les 5 exemplaires de sa thèse en 4 volumes à la boutique de photocopie-reliure, tout près de l'Université de Tokyo, campus de Komaba. Bien emballés par le patron, nous les empilons dans la grande valise, qui pèse ainsi 36 kilos (dont 6 de tare). Soit 6 kg la thèse.
Je suis là pour rouler la valise, alors je la roule, même dans les allées inégales du campus. D'abord jusqu'au restaurant Lever son verre où nous déjeunons honorablement (saluant HC, un ami philosophe à qui nous jugeons bon de préciser que nous ne revenons pas de voyage...). Puis apposition du sceau du directeur de thèse, qui a son bureau, comme les autres du département, tout en haut d'un grand bâtiment dernier cri qui n'était pas construit la dernière fois que je suis venu sur ce campus. Puis on redescend pour dépôt officiel à l'administration des études — lieu solennel où froisser les emballages dérange, mais on s'en donne à cœur joie, comme à se délivrer d'un nouveau-né resté dix ans à engraisser...
Légèreté ensuite. Mais ne pas en faire trop. On rentre à la maison.

Zen (inné) avec un peu de musique. Et lectures tous webazimuts, dont Philippe De Jonckheere au Salon du livre, le 22, enfin en ligne — qui est plutôt à écouter (quand ça marche, Ô surprise !).

Pour Cécile. Puisqu'il en a été question récemment entre nous et si elle ne l'a pas encore trouvé, ce très beau travail de Bartlebooth (que je salue au passage) sur Jean-Pierre Brisset.

Pour David. Ai retrouvé l'adresse du nouveau forum plurilingue de l'Union Européenne, consacré en principe à l'avenir. Ouvert depuis lundi.

Pour tous, à condition d'avoir du temps : les Archives audiovisuelles de la recherche en sciences humaines et sociales. Une caverne alibabesque d'où vous risquez de ne jamais ressortir (n'est-ce pas ce qu'il y a de mieux à (se) souhaiter, au fond ?).
Pendant qu'il est encore aux frais du contribuable, le forcené de Matignon pourrait s'y instruire de la protection sociale et [des] politiques de l'emploi, par exemple. Ou des contre-performances surprenantes du CPE. Comme quoi, tout cela n'a vraiment pas été préparé sérieusement.

Et Inner Bower, alors ? Depuis la victoire de Shizuka Arakawa en patinage artistique, le Japon bruisse de ces quelques sons on ne sait d'où sortis, répétés à l'envi par les commentateurs sportifs : イナバウアー. Même Hisae s'en amusait, dimanche. Et tout le monde de s'interroger sur sens et origine de cette expression.
Nous, ignares étrangers au Japon, en bons habitués des transcriptions de l'anglais, fonçons sur la version Inner Bower, un truc quelconque (bower) intérieur (inner)... Mais des Japonais aussi, qui cherchent logiquement ce que serait l'outer bower...
La solution est allemande puisqu'il s'agit du nom de la personne, Ina Bauer, qui a inventé cette figure, ou attitude en patins. La vérité, y'a qu'ça d'vrai !