frisson de l'iris
soleil blanchi au vent glacial
cerisiers toutes fleurs dehors
apogée suspendue     Ô temps...

Déjeuner avec Manu et balade à Akihabara pendant que T. va chez le coiffeur.

Manu est en forme. Il prend le poisson, moi le poulet. Le Champ de soleil est limite monotone mais correct. On fait un peu le bilan de ses récentes recherches d'emploi... Mais au-delà de la question professionnelle (le même type d'emploi pouvant se retrouver dans tel ou tel pays), il s'agit avant tout pour lui d'une interrogation existentielle. Pour un Français travaillant dans le privé au Japon depuis quelques années, avec épouse japonaise et deux enfants, pas facile de décider s'il vaut mieux rester au Japon, quitte à ne jamais avoir les emplois correspondants à ses capacités réelles (notamment à cause de la langue) mais en bénéficiant des salaires d'ici, ou s'il est préférable d'accepter n'importe quoi (forcément plus) mal payé en France pour pouvoir donner aux enfants une éducation à la fois décente et peu onéreuse (équation difficile au Japon où une année scolaire coûte vite son million de yens — environ 7000 €). Sans compter que dans l'un ou l'autre pays, il y a toujours un des deux époux qui n'est pas chez soi... Considération qui, selon les personnes, peut ou pas avoir de l'importance.
L'employeur n'allant plus par banc, il vaut mieux laisser des lignes où du gros peut mordre que de se prendre la tête sans fin sur les mouches à accrocher.
On parle aussi brièvement du JLR, du 11-Septembre, d'Orléans, de l'accumulation du courrier électronique... Et de l'arrivée de Bikun que nous retrouverons au ping-pong dimanche.

Dans la furie commerciale d'Akihabara, je repère un certain nombre de prix intéressants. Mais aucun signe de ralentissement ou de danger, comme si la loi qui entre en vigueur demain n'existait pas... Sauf peut-être qu'il y a beaucoup plus de duty free en rez-de-chaussée, voire sur la rue (auparavant, le rayon pour étrangers était plutôt au dernier étage et les marchands peu enclins à produire des notices en langues étrangères).
Mais rien ne m'avait préparé au choc architectural. Au dernier passage, j'ai dû voir des chantiers de quelques étages, mais rien d'impressionnant. Là, je découvre — la tête très en arrière — le complexe nommé Crossfield, juste devant la gare...
Visite rapide car tout n'est pas encore ouvert... et que les courants d'air y sont pénibles. Retour et photos, avec enfin une bonne lumière, d'un cerisier juste à côté de chez nous.