L'ire grande pisseuse des nuées
Par Berlol, dimanche 2 avril 2006 à 23:59 :: General :: #222 :: rss
Réévaluation : rendre justice à Joseph
Macé-Scaron (et à
(quelques-un(e)s de) ses collaborateurs).
Fin décembre et début janvier, les deux premières éditions de Jeux d'épreuves (France Culture, le samedi de 17:00 à 17:55) m'avaient peu intéressé (euphémisme). J'y décelais (ou croyais y déceler) l'amorce d'une ambiance masque-et-plumesque, entée sur des résidus de Panorama. Ça allait empirer (ça ne pouvait qu'empirer, croyais-je) de l'outrance critique à l'étripement spectaculaire. La présence catastrophique d'Angelo Rinaldi et de François Busnel, pour lesquels je n'ai aucune estime, n'était pas pour me séduire...
Or, il n'en est rien. Et je viens, entre avant-hier et aujourd'hui, de récupérer presque toutes les éditions, encore disponibles en audio, notamment, pour les dernières, celles du 25 février (sur Hubert Haddad, Jacques Perret, JMG Le Clézio, Christina de Stefano et Christina Campo), du 4 mars (sur Jean Meckert, Duong Thu Huong, Yun Sun Limet et Richard Powers), du 11 mars (sur José Éduardo Agualusa, Aurélie Filippetti, Arthur Japin et Khari Shalabi), du 18 mars, en direct du Salon du livre (sur Daniel Maximin, Grisélidis Réal, Koffi Kwahulé et Pascal Quignard), du 25 mars (sur François Bégaudeau, Jacques Gélat, Iegor Gran et Kazuo Ishiguro), jusqu'à celle d'hier (sur JM Coetzee, Imre Kertesz, François Augiéras, Serge Sanchez et Ivo Andric).
Le parti pris de ne pas inviter d'écrivains (pas de génuflexions) et de ne parler que de livres lus et (audiblement) annotés d'une façon réellement critique, parfois passionnée parfois méthodique — loin des fades résumés en 10 lignes et des pseudo-entretiens par courriel en trois questions qui fleurissent partout dans le réticule, et qui sont à la critique ce que les rochers Ferrero sont aux chocolats Godiva.
Le dégonflage de Le Clézio et, dans une moindre mesure, du dernier roman de Quignard, les remarques intelligentes, en bien comme en mal, sur Bégaudeau ou sur Filippetti, les choix audacieux de Haddad ou de Limet ont été les moments déclencheurs de ce revirement, de ce changement d'avis dont je suis heureux car il y a maintenant trop d'émissions d'entretien avec les auteurs (qu'il est difficile de contredire) et pas assez d'émissions de critique véritable (c'est-à-dire qui ne soient pas des émissions de distraction).
Longue vie, donc, à Jeux d'épreuves !
Car tout ne va pas de mal en pis. Sauf pour les cerisiers, dont
l'extase provocante (électrique ?) a déclenché
soudain l'ire grande pisseuse des nuées — l'avions anticipée,
rentrés aux premières gouttelettes.
Surprise au ping-pong, de nous retrouver, Bikun, Manu et moi, comme il y a trois ou cinq ans ! La reine Hisae retenue en famille et Katsunori disparu, nous nous revoyions dans cette éternelle durée de notre amitié naissante, avant que d'autres ailes ne poussent à Bikun, avant que Manu ne doive plus d'assiduité aux enfants qu'à nous... Tout au présent, je me suis bien concentré pour battre Manu et n'ai laissé Bikun gagner qu'en fin de troisième manche. Le jeu long nous est revenu, qui, même s'il n'est pas très sérieux, donne une sensation de défoulement physique plus importante que le jeu technique.
Déjeuner au restaurant chinois Panda. À quatre, T.
nous y ayant rejoints, pouvant enfin déjeuner détendue avec
quelqu'un sans l'arrière-pensée de manquer à son devoir
rédactionnel (les thésards comprendront aisément). Après
cette féérie de petits plats, Bikun sort son ordinateur portable
pour nous montrer une centaine de ses meilleures photos du Tadjikistan tout
en nous décrivant de vive voix son mode de vie spartiate, ce qui est
toujours plus vivant que par écrit.
On passe ensemble au Sakuraya de Shibuya pour discuter des caméras vidéo, des avantages et inconvénients des modèles exposés, dans la perspective encore vague d'une acquisition pour T., qui est aussi intéressée par un dictionnaire électronique (mais il n'ont que des Casio, Seiko serait mieux) tandis que je lorgne un appareil-photo extra plat... Tout cela est encore velléitaire, pour ne pas dire brouillon, et mérite réflexion. Un autre jour, peut-être, messieurs les vendeurs !
Décidons de rentrer, T. et moi, tandis que nos deux compères s'en vont vers de livresques aventures (la librairie Book First, en fait).
Nos Animaux préférés dans le bain et d'exotiques basiques Charlie's Angels après le dîner, sur la chaîne 10. Comme quoi...
Fin décembre et début janvier, les deux premières éditions de Jeux d'épreuves (France Culture, le samedi de 17:00 à 17:55) m'avaient peu intéressé (euphémisme). J'y décelais (ou croyais y déceler) l'amorce d'une ambiance masque-et-plumesque, entée sur des résidus de Panorama. Ça allait empirer (ça ne pouvait qu'empirer, croyais-je) de l'outrance critique à l'étripement spectaculaire. La présence catastrophique d'Angelo Rinaldi et de François Busnel, pour lesquels je n'ai aucune estime, n'était pas pour me séduire...
Or, il n'en est rien. Et je viens, entre avant-hier et aujourd'hui, de récupérer presque toutes les éditions, encore disponibles en audio, notamment, pour les dernières, celles du 25 février (sur Hubert Haddad, Jacques Perret, JMG Le Clézio, Christina de Stefano et Christina Campo), du 4 mars (sur Jean Meckert, Duong Thu Huong, Yun Sun Limet et Richard Powers), du 11 mars (sur José Éduardo Agualusa, Aurélie Filippetti, Arthur Japin et Khari Shalabi), du 18 mars, en direct du Salon du livre (sur Daniel Maximin, Grisélidis Réal, Koffi Kwahulé et Pascal Quignard), du 25 mars (sur François Bégaudeau, Jacques Gélat, Iegor Gran et Kazuo Ishiguro), jusqu'à celle d'hier (sur JM Coetzee, Imre Kertesz, François Augiéras, Serge Sanchez et Ivo Andric).
Le parti pris de ne pas inviter d'écrivains (pas de génuflexions) et de ne parler que de livres lus et (audiblement) annotés d'une façon réellement critique, parfois passionnée parfois méthodique — loin des fades résumés en 10 lignes et des pseudo-entretiens par courriel en trois questions qui fleurissent partout dans le réticule, et qui sont à la critique ce que les rochers Ferrero sont aux chocolats Godiva.
Le dégonflage de Le Clézio et, dans une moindre mesure, du dernier roman de Quignard, les remarques intelligentes, en bien comme en mal, sur Bégaudeau ou sur Filippetti, les choix audacieux de Haddad ou de Limet ont été les moments déclencheurs de ce revirement, de ce changement d'avis dont je suis heureux car il y a maintenant trop d'émissions d'entretien avec les auteurs (qu'il est difficile de contredire) et pas assez d'émissions de critique véritable (c'est-à-dire qui ne soient pas des émissions de distraction).
Longue vie, donc, à Jeux d'épreuves !
Car tout ne va pas de mal en pis. Sauf pour les cerisiers, dont
l'extase provocante (électrique ?) a déclenché
soudain l'ire grande pisseuse des nuées — l'avions anticipée,
rentrés aux premières gouttelettes.Surprise au ping-pong, de nous retrouver, Bikun, Manu et moi, comme il y a trois ou cinq ans ! La reine Hisae retenue en famille et Katsunori disparu, nous nous revoyions dans cette éternelle durée de notre amitié naissante, avant que d'autres ailes ne poussent à Bikun, avant que Manu ne doive plus d'assiduité aux enfants qu'à nous... Tout au présent, je me suis bien concentré pour battre Manu et n'ai laissé Bikun gagner qu'en fin de troisième manche. Le jeu long nous est revenu, qui, même s'il n'est pas très sérieux, donne une sensation de défoulement physique plus importante que le jeu technique.
Déjeuner au restaurant chinois Panda. À quatre, T.
nous y ayant rejoints, pouvant enfin déjeuner détendue avec
quelqu'un sans l'arrière-pensée de manquer à son devoir
rédactionnel (les thésards comprendront aisément). Après
cette féérie de petits plats, Bikun sort son ordinateur portable
pour nous montrer une centaine de ses meilleures photos du Tadjikistan tout
en nous décrivant de vive voix son mode de vie spartiate, ce qui est
toujours plus vivant que par écrit.On passe ensemble au Sakuraya de Shibuya pour discuter des caméras vidéo, des avantages et inconvénients des modèles exposés, dans la perspective encore vague d'une acquisition pour T., qui est aussi intéressée par un dictionnaire électronique (mais il n'ont que des Casio, Seiko serait mieux) tandis que je lorgne un appareil-photo extra plat... Tout cela est encore velléitaire, pour ne pas dire brouillon, et mérite réflexion. Un autre jour, peut-être, messieurs les vendeurs !
Décidons de rentrer, T. et moi, tandis que nos deux compères s'en vont vers de livresques aventures (la librairie Book First, en fait).
Nos Animaux préférés dans le bain et d'exotiques basiques Charlie's Angels après le dîner, sur la chaîne 10. Comme quoi...
Commentaires
1. Le dimanche 2 avril 2006 à 19:00, par Manu :
Cela dit, je préfère Pascal Caffet (découvert au Japon grâce à C.) à Godiva (parfois un peu gras/lourd à mon goût)
www.pascal-caffet.com/
www.pascalcaffet.jp/index...
Quant aux chocolatiers japonais, 'Le pâtissier Takagi" n'est pas mal non plus.
www.lplctakagi.jp/top.htm...
2. Le dimanche 2 avril 2006 à 20:03, par Berlol :
Bon ben... on va les essayer !
3. Le lundi 3 avril 2006 à 05:39, par brigetoun :
Godiva, le seul sortable des belges, est en effet gras, et je crois qu'ils font du "chocolat blanc" ce qui les rend impossible, je ne connais pas les autres. Merci du conseil pour France Culture que j'ai un peu abandonné, découragée
4. Le lundi 3 avril 2006 à 06:12, par Bikun :
Me suis retrouvé au ping-pong effectivement en ayant l'impression d'y avoir été la semaine dernière tellement cela avait été une habitude!
Encore une séance avant de repartir...vers de nouvelles aventures.
Au passage, Berlol la petit café à côté de Book First est fermé...et pour de bon!
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