Sur la terre, dans les couloirs, sur les balcons, sur les eaux du canal et sur les fils électriques, dans les airs et dans le bec des oiseaux, les pétales de cerisiers sont partout. Le vent levé de bonne heure a continué l'œuvre d'une nuit d'orage pour que tourne plus vite la page. Mais les pétales ne savent rien. Qu'aller au gré des courants d'air et se loger dans d'impossibles interstices. Par exemple entre chaussure et chaussette dès le nez mis dehors. Entre dent et gencive quand on bâille — mais pas moi, j'ai bien dormi...

Après une matinée studieuse et un déjeuner rapide au Bldy de Kagurazaka (qui devrait rappeler des souvenirs à quelques personnes), j'accompagne T. à Shibuya, entre les coups de vent, pour une séance de remise en forme.

Mais avant cela, retournons au Sakuraya cité hier pour y faire en toute tranquillité nos emplettes mûrement réfléchies (le dimanche n'est vraiment pas recommandé pour ça). Après discussion avec un vendeur compétent, pesée des avantages et inconvénients, le choix de T. se porte sur l'Everio de Victor-JVC, avec un disque dur de 30 Go ! Anniversaire + fin de rédaction de thèse, cela méritait un geste conséquent !
Pour moi, ce sera comme prévu hier, l'ultra-plat... Celui-là même qui m'a permis, dès mon retour à la maison, de surprendre les trois salopiots en train de cambrioler la trousse de maquillage...
Même réduite à 160 Ko pour la mise en ligne, la photo prise au Sony T7 montre un piqué et des distinctions de couleurs supérieurs à ce dont le Nikon Coolpix 5400 est capable, surtout si l'on considère la surexposition logique d'un flash à moins d'un mètre et qu'il n'y a aucune retouche de contraste par logiciel. Trois ans d'évolution technologique font dans ce domaine toute la différence, au mépris de la catégorie des appareils (le second étant en théorie supérieur au premier).

Regardons Les Égarés d'André Téchiné, DVD que je dois rendre à l'Institut. Déception (« 4 nominations aux César 2004 » signifie surtout qu'il n'en a eu aucun...). On a voulu mettre trop de choses dans ces 91 minutes, alors tout est fait à la va-vite, les dialogues souvent superficiels, les caractères pas poussés jusqu'à l'intensité dans l'action, et quand une scène est exceptionnellement lente, on s'y endort parce qu'elle n'a pas de consistance. Le prisonnier échappé et la petite fille s'en sortent, mais Emmanuelle Béart et l'adolescent qui joue son fils sont pénibles.
Je préfère me souvenir des Roseaux sauvages...

Ce soir, pour la première fois depuis toutes ces années au Japon, une fiction, un dorama sur un grand tremblement de terre à Tokyo (大地震), avec mise en scène de maintes situations-types que nous aurions à affronter : effondrements d'immeubles et de meubles, incendies, ascenseurs coincés, communications coupées, wagons déraillés, provisions raréfiées, étages de tours isolés, gymnases de réfugiés, scènes de panique, scènes de calme, scènes de sauvetage, scènes de retrouvailles, etc., le tout couvrant environ trois jours. Programme certes utile, mais dont le pathétique lacrymal (essentiellement familial) évite de montrer de trop près l'horreur des corps meurtris, broyés et brûlés, tout comme sont évitées les scènes de pillage, de détroussement de cadavres, de sauvagerie en bande (etc.) dont on sait hélas qu'elles ne manqueraient pas d'arriver.
Le but est de faire comprendre aux gens qu'ils doivent tenir prêt leur sac de survie, leur mémoire des lieux de regroupement et leurs protocoles de communication — bref, de les affoler raisonnablement...