Avec Flaubert, Beckett, Badiou, Viart et consorts, mes pensées refleurissent...
Ça y est, j'ai les trois Surpris par la nuit de pr.op.os autour de Bouvard et Pécuchet, c'est-à-dire de l'essence même de la littérature dans le travail d'écriture d'auteurs contemporains. Superbe idée, vraiment, de Stéphane Bouquet et Tanguy Viel (je suppose). J'en citerai, un autre jour...

Pas le temps aujourd'hui. Veille de grand oral ; une des épreuves de la vie ; un cours d'explication de texte sur Molloy ! Mais pour qui je me prends ? Qui je suis pour m'attaquer, me mesurer avec ça ?
Et j'y vais, courage, baluchon de notes.

« Élément des plus précieux pour l’unité, il est terriblement consciencieux dans son travail, enthousiaste quant à l’avenir de l’hôpital, il aime jouer au bridge et c’est à tous égards un type sympathique, âgé de trente-huit à quarante ans et sans convictions religieuses ; libre penseur, si l’on veut — à ceci près qu’il s’est jeté sur un petit chapelet en vente à l’étalage à Notre-Dame pour le rapporter en cadeau à Tommy D. C’est très attentionné de sa part.» (Jim Gaffney, médecin à l’hôpital de Saint-Lô, lettre à sa sœur Nora, 2 oct. 1945 ; citée in Eoin O’Brien, The Beckett Country. Samuel Beckett’s Ireland, Dublin : Black Cat Press, 1986, p. 326-327 ; reprise dans James Knowlson, Beckett / biographie traduite de l’anglais par Oristelle Bonis, Actes Sud, 1999, p. 447-448.)

« La leçon de Beckett est une leçon de mesure, d’exactitude, et de courage.» (Alain Badiou, Beckett, l’increvable désir, Paris : Hachette, 1995, p. 9.)


Après lecture de Badiou, ça m'a galvanisé, d'aller écouter Dominique Viart à Waseda ! (Le traitement de l'Histoire dans la littérature française depuis 1980.) Il a cité beaucoup d'auteurs, mais j'ai bien senti à nouveau l'attachement voué comme moi à Claude Simon, Claude Ollier, Julien Gracq, Pierre Michon, François Bon, Patrick Modiano, Didier Daeninckx, et, pour finir sur des contemporains qui recyclent des modalités historiques : Antoine Volodine ! Alors qu'on va commencer lundi Nos Animaux préférés au GRAAL ! Incroyable, cet accord plaqué et tenu !
J'ai enregistré, bien sûr...
Puis dîner à 9 à la bonne nipponette dans le quartier, cornaqués par Fumio Chiba, son inimitable sourire, la conversation très libre.
[à la bonne nipponette est une adaptation locale (de moi) d'à la bonne franquette...]


Ailleurs...
il y a un monde où l'on marche sur la tête
où la justice condamne celui qui a raison
celui qui n'a fait que rendre service
relais d'une juste dénonciation
de la bestiale impunité de la force publique
autrefois appelée
soldatesque
et la justice folle énivrée d'elle-même
couvre sa sœur la police
se vautre avec elle se souille dans sa robe
et condamne
sans vergogne
et sourit de la disproportion
qu'elle dit pour préserver
la
dignité
mot souillé par la matraque sanguinolente
moi je dis que c'est
la dignité de ceux qui n'en ont jamais eu car ils sont cachés
policiers armés casqués derrière le statut assermenté de leur parole
mensongère et meurtrière
Oui il y a meurtre et viol et salissure et coups et blessures
sur un homme à terre
sur un homme désarmé qui défend l'homme à terre
sur un homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre
sur les hommes et les femmes qui soutiennent l'homme qui relaie l'homme désarmé qui défend l'homme à terre
tous et toutes souillés et condamnés
et vomissant leur justice
et vomissant leur police

et l'homme à terre, l'homme prétexte, où est-il ?
dissout, mort, payé pour se taire ?
Ailleurs...