dimanche 9 avril 2006
En voilà deux que j'aurais bien accompagnés
Par Berlol, dimanche 9 avril 2006 à 23:55 :: General
Outre le plaisir de retrouver Katsunori (vu hier au cours sur Beckett) et
Bikun (dernière fois avant son retour au Tadjikistan), ping-pong décevant
(pour moi). Même hors match, je ne produis que très peu de bonnes
balles — et pas de vrai défoulement. En fait, je voudrais m'entraîner
sérieusement...
Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait.
Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous.
Plus tard, dans le bain, point de canard flottant...
« la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter.
Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.» (Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87)
Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés...
Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon.
Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain...
Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui.
Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait.
Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous.
Plus tard, dans le bain, point de canard flottant...
« la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter.
Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.» (Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87)
Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés...
Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon.
Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain...
Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui.