En voilà deux que j'aurais bien accompagnés
Par Berlol, dimanche 9 avril 2006 à 23:55 :: General :: #229 :: rss
Outre le plaisir de retrouver Katsunori (vu hier au cours sur Beckett) et
Bikun (dernière fois avant son retour au Tadjikistan), ping-pong décevant
(pour moi). Même hors match, je ne produis que très peu de bonnes
balles — et pas de vrai défoulement. En fait, je voudrais m'entraîner
sérieusement...
Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait.
Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous.
Plus tard, dans le bain, point de canard flottant...
« la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter.
Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.» (Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87)
Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés...
Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon.
Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain...
Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui.
Comme la semaine dernière — pas tout à fait les mêmes — retrouvons T. au restaurant chinois Panda pour un déjeuner excellent et calme, qualités parfois difficiles à réunir à Shibuya. Bikun nous raconte ses tribulations pour obtenir des renouvellements de visa auprès des autorités tadjikes — beaucoup plus compliqué que la vie de tous les jours, en fait.
Puis, T. et moi faisons des courses à Yamaya pour demain, le GRAAL qui aura lieu chez nous.
Plus tard, dans le bain, point de canard flottant...
« la Shaggå a été conçue pour évoquer, et en même temps pour leurrer, pour protéger, pour résister à toute effraction. Elle contient une part de mystère indéchiffrable et, sous ses dehors anodins, elle proclame paisiblement que sa raison d'être est ailleurs : c'est une esthétique de l'esquive qui lui donne sa force poétique, c'est parce que la Shaggå (à la manière d'autres créations post-exotiques) "parle d'autre chose" que le lecteur ou la lectrice sont invités à la faire résonner en eux, à la goûter.
Une fois de plus, on a devant soi un exemple de l'insolence post-exotique, telle que depuis ses origines littéraires elle s'est affirmée : dire entre soi des histoires, murmurer ou gronder de violentes visions, habiter des terres parallèles, transmettre images et ambiances, provoquer l'exil et la transe, mais laisser à l'écart l'ennemi, toujours rôdant quelque part parmi les auditeurs, le laisser agacé et impuissant, le laisser ferrailler contre des cuirasses imperçables, derrière lesquelles rien d'important ne se dissimule ; construire entre soi des univers romanesques, une prose lyrique à plusieurs niveaux et chemins de lecture, dont au moins un passe par l'inconscient verrouillé des prisonniers et prisonnières qui disent, qui chuchotent, qui hurlent ou qui se taisent.» (Antoine Volodine, Nos animaux préférés, p. 86-87)
Ai lu qu'il y avait une soirée d'Arte sur Beckett, avant-hier, et que commence une rétrospective Almodovar à la Cinémathèque. Cela me donne bien du regret de n'être pas parisien. Est-ce que Cécile ira ? Et Alain, peut-être ? En voilà deux que j'aurais bien accompagnés...
Me restent les Vendredis de la philosophie, avec Nicolas Grimaldi qui traite excellemment de métaphysique de la jalousie chez Proust. Un beau sujet. Pour changer et se faire peur, le troisième épisode de la Princesse de sang, fiction radiophonique d'après Jean-Patrick Manchette. Et puis à minuit, Alastair Duncan détaille les conditions de préparation de la pléiade Claude Simon.
Pas le temps de récupérer Quignard, on verra demain...
Enfin, une interrogation dernière : faut-il acheter le dernier Gérard Manset ? Pour le DVD de Suicide, ça me paraît plus évident que oui.
Commentaires
1. Le dimanche 9 avril 2006 à 10:33, par Dom :
Manset, le précédent semble être meilleur, après brève écoute à la FNAC. Si tu apprécies le précédent.
2. Le dimanche 9 avril 2006 à 20:32, par alain :
Almodovar, beurk !
Comme Téchiné et le réalisateur des poupées espagnoles. Ils ont trop de choses à filmer.
et allons-y, 4 h moins dix, ce jour.
3. Le dimanche 9 avril 2006 à 22:27, par Berlol :
Dommage, Alain. Mais est-ce que tu as vu Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? ou Entre les ténèbres ? C'est génial ! Allez, bonne journée quand même !...
Merci, Dom, je vais essayer d'écouter des extraits, moi aussi...
4. Le lundi 10 avril 2006 à 01:35, par Bartlebooth :
Merci pour l'info Manset, je n'étais pas au courant.
Après brève écoute à la fnac en ligne, je n'ai presque rien à dire sinon que le son est évidemment pourri et que 30 secondes par titre pour se faire une idée, c'est un peu court. Ces deux points ne me semblent d'ailleurs pas d'une grande aide pour appréhender un album de Manset : le son exagérément compressé, numérique, des extraits à disposition gâche les arrangements perfectionnistes de Manset ; 30 secondes ne donnent pas l'occasion d'entendre ces boucles, répétitions, si particulières, de ses compositions. Ah si, deux choses tout de même que je remarque : il y a du sax, instrument que Manset n'avait pas utilisé, si je ne m'abuse, depuis très longtemps ; "Pacte avec mon sang" est apparemment une sorte de reggae dans le genre de "Mensonge aux foules"
On peut se demander si cet album ne sera pas moin bon que le précédent - mais le précédent était tellement bien ! - mais y a-t-il dans la discographie de Manset un disque qui fut vraiment moins bon que le précédent - mais à quoi bon quand on connait un peu le bonhomme et son oeuvre ?
Une seule raison, de mon point de vue, peut motiver le non-achat de ce disque : il est copie-contrôlé ! Mais le plaisir de Manset étant plus fort que la haine de ce système honteux, j'étais déjà passé, avec Le Langage oublié (et avec Lilith de Murat) outre mes intentions de boycott.
Sur ce, je vais enfourcher mon vélo et aller à la recherche de cet album chez l'unique disquaire de la ville.
5. Le lundi 10 avril 2006 à 01:43, par cécile :
Tu aurais été déçu avec moi aussi, parce qu'Almodovar j'aime pas non plus et même il me fâche (cet engouement ?? je trouve ça toc, creux, ça dégouline, que du trop, trot gros, hue) (pas vu les deux que tu cites). Et pas moyen de capter Beckett sur ma tévé pourrite..
Mais tu serais venu avec moi (re)voir Blow up de l'Antonioni ? Et ça t'aurait soufflé ? Et tu serais tombé raide dingue de David Hemmings ? Et ça t'aurait dépité d'apprendre par Google, débarquant de ton village 40 ans après, qu'il est aussi un peu raide mort ? Et qu'on s'en fout, voilà, au contraire, ça c'est le cinéma ?
6. Le lundi 10 avril 2006 à 07:54, par Berlol :
Bien sûr que je serais allé avec toi revoir Blow up ! C'est trop bien !
Pour Almodovar, j'ai commencé il y a près de 20 ans par les films encore peu connus qui passaient à Paris, et c'était tout à fait désopilant ; Que he hecho yo para merecer esto ?, avec la grand-mère, Chus Lampreave, impérissable souvenir !) ; après Femmes au bord de la crise de nerfs, c'était différent, je restais aficionado mais plus vraiment surpris. Atame m'avait même paru mauvais. Cependant, je viens de le vérifier, Piensa en mi, la chanson-phare de Talons aiguilles, reste une merveille qui me transperce et me laisse sur le carreau... Comme la "ballade du guitariste anonyme" du groupe Air Liquide (sur l'album The increased difficulty of Concentration), Cosmic Dancer de T Rex, un ou deux morceaux des Cocteau Twins et une dizaine d'autres choses de différents genres qu'il vaut presque mieux que je n'écoute pas...
Ce qui nous ramène à Manset dont les insurpassables On sait que tu vas vite, Les vases bleus ou même 2870 continuent à me scotcher avec la même force que dans les années 80. Ou Y'a une route, tout simplement...
7. Le lundi 10 avril 2006 à 15:36, par Dom :
Manset, ya les très chargés, longs, saturés, discordants, comme Le langage oublié, bluffant total, et les lights, certains morceaux limite écoutables. J'ai l'impression que ça a toujours été comme ça (après up la Mort d'Orion, down Manset (la couverture blanche), up Ya une route, puis derechef down Rien à raconter, malgré les Vases bleues, ...). Dans les deux cas, avec toujours cette façon d'être juste au bord du ridicule qui met jouissivement à l'épreuve les affectionnés. Le dernier, il me paraît vraiment light. Et il aurait l'intention de faire des concerts. !.
8. Le lundi 10 avril 2006 à 16:05, par Berlol :
Oui, ça, je l'ai entendu, je ne le croyais pas...
9. Le mardi 11 avril 2006 à 01:55, par Bartlebooth :
Ah je ne suis pas du tout d'accord avec Dom. Cette histoire de up & down, c'est un peu évasif et simple.
Si certains de ses albums paraissent aujourd'hui "light", il me semble que c'est surtout parce qu'il n'en reste plus grand' chose à écouter ! A moins de se procurer les vinyles, ce que je fais en passionné.
Parce qu'au fil des rééditions, Manset fait un sacré tri, très/trop sévère et c'est bien dommage pour pas mal de titres qui passent à l'as.
De "Rien à raconter" que je trouve sublime d'un bout à l'autre, Manset n'a gardé, lors de sa réédition de ses oeuvres complètes en 1999, que deux titres... sur 8 !
Dans ces suppressions, il y a quelques choix judicieux (ou en tous cas on peut comprendre que l'auteur renie quelques uns de ces titres), - par exemple "Fini d'y croire" dans Royaume de Siam, mais je dis quel dommage pour "Seul et chauve" et j'en dirais presqu'autant pour "Balancé".
Pour Le Train du soir, c'est trois titres que Manset a mis aux oubliettes et je les trouve plutôt bon que mauvais.
Il me semble que Manset renie pas mal d'expérimentations ou extravagances sonores de ces débuts, ce qui explique que le premier album soit indisponible, et sans doute qu'il ait mis tant de temps à resortir Orion (sous la pression des fans ?).
Quant à cet album blanc, surnommé Long long chemin, c'est un peu aller chercher la petite bête, car il fait partie des débuts que Manset préfère oublier au point qu'il soit lui aussi indisponible.
Depuis 1982, soit la suite d'albums Comme un guerrier, Lumières, Prisonnier de l'inutile, Matrice, Revivre, La Vallée de la paix, Jadis et naguère et Le Langage oublié, je ne vois rien qui soit "light", mais un parcours passionnant, d'une qualité musicale et textuelle exceptionnelle , qui me fait préfigurer le meilleur, concernant Obok et la suite s'il y a.
10. Le dimanche 23 avril 2006 à 13:31, par zoso :
Moi j'ai vraiment beaucoup de mal avec ses 2 derniers albums : dndf.over-blog.com/articl...
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