jeudi 13 avril 2006
Des jalousies qui ne font pas le noir
Par Berlol, jeudi 13 avril 2006 à 23:58 :: General
Je retrouve ça — belle lucidité — dans mon baladeur électronique :
« Dans un dévédé, c'est une façon, vous savez, de souffler sur des braises. C'est pas pour dire : "Oh la la ! comme c'était beau", mais plutôt : "Voilà, on existe, on aime le cinéma, je ne suis pas encore morte, je peux parler des films que j'ai fait, j'en profite." J'en profite parce que, bon, moi aussi, mon rapport au temps, il s'est serré, il s'amenuise évidemment et que, plutôt que d'être angoissée en me disant : "J'ai plus de temps, j'vais pas y arriver", j'ai plutôt le plaisir de me dire : "Tiens, j'ai choisi une nouvelle façon de m'exprimer, par ces installations", et j'en ai une telle sensation de liberté que, bon, bah, tant que je pourrais le faire, ça ira, j'ai pas du tout l'idée de dire : "Il faudrait que je dise ça, encore une œuvre à faire...", mais bon, j'avance, j'avance, je fais ce que je peux et puis ça s'arrêtera en temps voulu. Mais mon rapport personnel avec le temps qui me reste est assez serein, assez amusant. Mais dans le travail, par contre, il y a une petite espèce d'excitation comme d'ailleurs les gens de théâtre connaissent avant la générale, tout d'un coup ils ont des idées de dernière minute [...] » (Agnès Varda, entretien diffusé le 11 mars dans Projection privée)
C'est juste un extrait, avec des craquements, parce qu'à Orléans, je captais très mal France Culture... J'avais téléphoné à Cécile qui m'avait dit qu'il y avait ça qui venait de commencer, qu'elle écoutait aussi... À insérer entre Bégaudeau et Topor.
Avec mes étudiantes du séminaire de cinéma,
on a failli commencer à regarder les Poupées russes
(Klapisch, 2005). On n'a pas pu parce que la salle qui m'a été
attribuée contient 80 ordinateurs mais aucun qui accepte de faire
tourner un dévédé en PAL, et pas non plus de projecteur.
Alors que j'avais écrit tout ça sur mes vœux de salle il y
a quatre mois... Bon, on fait un peu de vocabulaire, on discute de cinéma
japonais, histoire de voir ce qu'elles connaissent et de ne pas perdre complètement
la séance, et puis on va chercher un technicien. Tests effectués,
on peut brancher mon ordinateur portable sur un projecteur à traîner
là chaque semaine, mais... il n'y a pas de son, sinon celui du portable.
Hum, hum... Direction, le bureau qui attribue les salles, quinze minutes
de négociations (et explications, où se retrouvent un à
un les éléments de mes vœux) et enfin une nouvelle salle pour
la semaine prochaine. Mais j'irai la voir demain matin parce qu'à mon
avis il n'y a que des jalousies qui ne font pas le noir... Pas facile d'enseigner
le cinéma !
Après trois cours et tout ça, je suis rétamé. Un petit remontant de Deerhoof dans la blogothèque n'est pas de trop. Amateurs de classique, de reggae et de disco, ne pas cliquer pour ne pas être hérissés — naïfs et globuleux que vous êtes.
Au second semestre, j'envisage de les faire travailler sur Sans toit ni loi...
« Dans un dévédé, c'est une façon, vous savez, de souffler sur des braises. C'est pas pour dire : "Oh la la ! comme c'était beau", mais plutôt : "Voilà, on existe, on aime le cinéma, je ne suis pas encore morte, je peux parler des films que j'ai fait, j'en profite." J'en profite parce que, bon, moi aussi, mon rapport au temps, il s'est serré, il s'amenuise évidemment et que, plutôt que d'être angoissée en me disant : "J'ai plus de temps, j'vais pas y arriver", j'ai plutôt le plaisir de me dire : "Tiens, j'ai choisi une nouvelle façon de m'exprimer, par ces installations", et j'en ai une telle sensation de liberté que, bon, bah, tant que je pourrais le faire, ça ira, j'ai pas du tout l'idée de dire : "Il faudrait que je dise ça, encore une œuvre à faire...", mais bon, j'avance, j'avance, je fais ce que je peux et puis ça s'arrêtera en temps voulu. Mais mon rapport personnel avec le temps qui me reste est assez serein, assez amusant. Mais dans le travail, par contre, il y a une petite espèce d'excitation comme d'ailleurs les gens de théâtre connaissent avant la générale, tout d'un coup ils ont des idées de dernière minute [...] » (Agnès Varda, entretien diffusé le 11 mars dans Projection privée)
C'est juste un extrait, avec des craquements, parce qu'à Orléans, je captais très mal France Culture... J'avais téléphoné à Cécile qui m'avait dit qu'il y avait ça qui venait de commencer, qu'elle écoutait aussi... À insérer entre Bégaudeau et Topor.
Après trois cours et tout ça, je suis rétamé. Un petit remontant de Deerhoof dans la blogothèque n'est pas de trop. Amateurs de classique, de reggae et de disco, ne pas cliquer pour ne pas être hérissés — naïfs et globuleux que vous êtes.
Au second semestre, j'envisage de les faire travailler sur Sans toit ni loi...