Ségolène Royal a-t-elle lu Habermas ? C'est la question que se pose Edwy Plenel dans sa chronique Ligne de fuite d'hier. Après quelques précautions oratoires, relatives notamment à un certain Jacques Chirac qui notait autrefois les souhaits et doléances (pour n'en rien faire) et à un certain Nicolas Sarkozy dont les récents propos montrent plus la crainte que l'intelligence, Edwy sort l'artillerie :

« L'initiative de Ségolène Royal est en fait une illustration pratique de la théorie de l'agir communicationnel dont le philosophe allemand est l'inventeur. Je résume : la discussion est en elle-même une source fondamentale de la rationalité et de la validité de nos choix, ainsi qu'une condition de la coordination de nos actes. Et sans cette éthique de la discussion, nous ne réussirons pas, explique Habermas, à faire renaître ce principe dont nos démocraties troublées et inquiètes ont bien besoin, le principe d'espérance. Bref, l'agir est nécessairement communicationnel et la discussion est intrinsèquement éthique. Sans cette interactivité entre les acteurs sociaux, et donc entre les citoyens et leurs élus, bien au-delà du moment du vote, nous ne sortirons pas de notre désenchantement démocratique. Tel est l'enseignement d'Habermas dont Ségolène Royal se révèle bonne élève.»

Justement, vendredi soir, T. et moi avons croisé un ami tout joyeux de nous annoncer qu'il allait en retrouver quelques autres au Royal Host de Kagurazaka pour fonder un comité de soutien à la candidature de Mme Royal. C'était le 21 et ils avaient rendez-vous à 21 heures, en souvenir d'un certain 21 avril de triste mémoire qu'il faut à tout prix conjurer.
Je lui ai dit en substance qu'ils avaient ma bénédiction, quoique je ne sois pas membre du PS. J'aurai l'occasion d'y revenir.

Pas de ping-pong, faute de combattants. Lectures et écritures diverses. Sortie pour alimenter T. en cartouches d'encre. En passant à Ichigaya, je m'étonne toujours de l'existence de ce centre de pêche à la ligne, coincé entre la station du JR, le pont et l'avenue Sotobori. Mais à tout prendre, je trouve cela mieux que le pachinko ou le karaoke... Après les achats à Office Depot, je suis dans le léger crachin la promenade arborée qui surplombe la ligne de JR jusqu'à Iidabashi. Quelques courses à Miura-ya, pain, muffins, jus de pomme, jambon, et retour à la maison. Pendant ce temps, l'enregistrement des Reconnaissances à Marcel Schwob de vendredi est achevé. J'écouterai ça un de ces jours, dans un train ou à pied, continuant inlassablement de mêler toutes sortes d'éléments littéraires comme pépites à ma vie quelconque.