Sur France 3, passionnante enquête dans Pièces à conviction, intitulée « Caricatures, les dessous d'un embrasement ».
J'interromps un moment pour aller chercher mes chemises à la teinturerie. Après dix minutes de recherches dans le stock de vêtements propres en attente de leur propriétaire, les deux employées reviennent sincèrement désolées, mais elles ne trouvent pas les vêtements que j'avais déposés il y a deux semaines... Elles ne comprennent pas ce qui a pu se passer, vont vérifier et téléphoner à l'usine, ou à l'atelier, je ne sais. Abasourdi, je remonte à la maison et reprends l'émission. C'est le moment où l'on parle de la photo d'homme à tête de cochon (qui vient d'une fête du cochon du Sud de la France, qui n'avait donc rien à voir avec les caricatures du prophète mais qui avait été jointe à un certain dossier avec une légende inventée dans le but de révolter n'importe quel musulman...). C'est à ce moment qu'on frappe à ma porte. C'est l'une des deux employées de la teinturerie qui vient m'apporter mes chemises, retrouvées quand je n'étais plus là pour les stresser (les employées, pas mes chemises). Comme j'avais donné mon adresse la première fois que j'y étais allé, pour avoir une carte de fidélité, le mois dernier, elle s'est dit que.
Allez, je reprends l'émission un quart d'heure et puis c'est l'heure de prendre mon vrai vélo pour faire du vélo sans roues. Du coup, j'ai encore une petite moitié à voir. Demain...
En y allant, je repensais aux deux dames de la teinturerie. J'aurais bien voulu y être quand, après un quart d'heure à tout fouiller les penderies et vérifier les noms et les chiffres, l'une a dû se figer, saisir, brandir en criant à l'autre : « Attaaaa ! » (あった!) = j'ai trouvé !

Langage — symptôme.
« Sarkozy a mis une balle dans la tête de Villepin. Il veut lui en mettre une seconde tout de suite, pour être sûr qu'il soit vraiment mort. Villepin lui, estime qu'il est loin d'être fini et veut mettre deux balles en plein coeur de Sarko.»
Selon Le Parisien du jour, c'est Jean-Louis Debré qui aurait tenu ces propos plutôt... distrayants. Est-ce que c'est grave, docteur, quand on en arrive à ce type de langage au plus haut niveau de la représentation nationale ?
Au fait, Clearstream, quand on traduit en français, ça fait « ruisseau clair » ou « eaux claires » — de l'antiphrase ironique, alors !

Tout ça est un peu espagnol...

Dans le métro et dans le train, avant d'aller dîner d'excellents sushis avec T., je réécoutais deux émissions chargées dans mon baladeur i-iver. Il y en a plus d'une quinzaine d'assez nouvelles, mais je réécoute toujours les deux mêmes, ces temps-ci. D'une part, sur la métaphysique de la jalousie chez Proust, un Vendredi de la philosophie avec Nicolas Grimaldi ; d'autre part, le troisième volet du Bouvard et Pécuchet veulent écrire un livre pour Surpris par la nuit, déjà signalé. Les propos des écrivains y sont succulents. Et plus encore leurs interactions, produites par le montage. Dans la tête, ça fait comme des feux d'artifices.
Mais à réécouter tout cela, deux personnes, deux discours se détachent de plus en plus de la masse des autres, quelqu'intéressants qu'ils soient aussi. Dominique Meens et Pierre Bergounioux. Il faudrait citer aussi Dominique Fourcade. De toute façon, je n'ai pas le temps de transcrire ce soir... Demain, peut-être, c'est férié et il n'y a pas de cours — Molloy a congé.