lundi 1 mai 2006
Toutes ces fusées !
Par Berlol, lundi 1 mai 2006 à 23:43 :: General
Dans Arrêt
sur images d'hier, débat sur la véracité documentaire
dans le film Le Cauchemar de
Darwin d'Hubert Sauper. Titine, Michel et moi étions allés
le voir au Racine Odéon le 27 mars 2005 et n'avions
pas attendu le retournement (partiel) de la presse pour ne guère apprécier
que nos sentiments soient ainsi manipulés — tout en accordant qu'il
y a un (ou plusieurs) problème(s) majeur(s). D'abord dithyrambique,
la presse avait viré critique
longtemps après nous, très récemment en fait, suite
à la parution d'un article de François Garçon dans Les
Temps modernes, n°635-636,
nov.-déc. 2005, jan. 2006 : « Le cauchemar de
Darwin, allégorie
ou mystification ? »
Il doit rester une petite possibilité de défendre ce film en tant qu'œuvre de création, en restant au niveau symbolique dont le mot cauchemar serait l'indice. Petite, parce que la forme d'enquête de terrain voulue par l'auteur lui-même contredit de bout en bout cette liberté. C'est pourtant ce que défendent encore quelques critiques masque-et-plumiens devant le flot de courrier de protestation que lisait Garcin hier.
J'en profite donc (hé hé !...) pour détromper François Garçon que j'invite à lire le JLR puisqu'il dit, à 1:06:30, qu'il n'y a pas un seul site ou blog, sur 311.000 références Google et Yahoo, qui ait posé la question de la véracité du film...
Enfin réussi à me connecter sur le site de l'INA, victime trois jours de son succès. Première navigation dans les Archives pour tous et première sélection, par exemple, une émission de 1969 sur Détruire dit-elle de Duras. Ai mis ça dans mon panier, comme on dit. Je m'inscrirai pour payer (4 euros) un autre jour (quand j'aurai le temps de finir la visite du site). A priori, tout est payant, non ? Il est où le service public ?
Il fait près de 30 degrés. C'est à n'y rien comprendre. D'autant qu'on annonce une rechute à 15 ou 16 pour demain. C'est toutes ces fusées !...
Cela n'empêche pas le GRAAL d'avoir lieu, à la Maison franco-japonaise, comme l'ont souhaité les membres la semaine dernière. Nous concentrons nos efforts et commentaires sur deux textes de la Shaggå des sept reines sirènes : Court-Brouillonne I et Sole-Sole III (dans Nos Animaux préférés, Seuil, 2006).
Nous repérons bien la « faconde ironique » (p. 55) du chroniqueur historique qui va de prétérition (« Il ne sera pas ici traité de [...] », p. 39) en suffixation péjorative (beuglailler, p. 40) et, derrière lui, l'écrivain qui mixe savamment les champs lexicaux : celui des poissons (fictionnel), celui des contextes politiques (parodique) et celui des objets courants (contextuel), en s'autorisant de temps en temps une remotivation lexicale (« sentant flotter autour d'elle quelque chose comme une grâce » (40) où flotter vaut à la fois dans le sens imagé d'une ambiance et dans le sens propre du milieu aquatique, mais aussi « elle fraya avec des théoriciens du coup de force » où frayer a le sens de se fréquenter, d'aller ensemble, mais aussi, pour des poissons, de déposer des œufs, d'être amants peut-être...).
Si l'on ne peut s'empêcher de voir comme des clins d'yeux aux œuvres de Rabelais ou de Borgès, par exemple, rien ne les rend non plus nécessaires. Le texte se suffit. On s'instruirait toutefois para-volodinement à lire d'illustres auteurs de mondes parallèles... Et chacun d'en citer un ou deux : les classiques Voltaire ou Cyrano de Bergerac, mais aussi Jonathan Swift, Franz Kafka, bien sûr, Lewis Carroll, Roy Lewis, Paul Scheerbart ou Gustav Meyrinck (ouf ! la nuit vient de passer !...), ou l'actuel Viktor Pelevine... Beaucoup d'autres sans doute, mais à la condition de s'intéresser surtout à de paradoxales ou extrêmes conditions de vie, de penser, d'être humain, de former société, c'est-à-dire sans trop s'apesantir sur les aspects techniques ou scientifiques qui plombent la narration de SF par ce qui revient à du réalisme. Le récit de Volodine est à la fois éthique, poétique et politique, comme dirait Meschonnic (et je pense parfois au souffle hugolien en le lisant). Car aux éléments littéraires et stylistiques recyclés doivent s'ajouter des bribes d'expériences personnelles, qu'il s'agisse des groupes politiques des années 60-70 ou des temps de désillusion qui ont suivi et d'où émane cette infinie tristesse du commentateur (p. 53-55).
Il doit rester une petite possibilité de défendre ce film en tant qu'œuvre de création, en restant au niveau symbolique dont le mot cauchemar serait l'indice. Petite, parce que la forme d'enquête de terrain voulue par l'auteur lui-même contredit de bout en bout cette liberté. C'est pourtant ce que défendent encore quelques critiques masque-et-plumiens devant le flot de courrier de protestation que lisait Garcin hier.
J'en profite donc (hé hé !...) pour détromper François Garçon que j'invite à lire le JLR puisqu'il dit, à 1:06:30, qu'il n'y a pas un seul site ou blog, sur 311.000 références Google et Yahoo, qui ait posé la question de la véracité du film...
Enfin réussi à me connecter sur le site de l'INA, victime trois jours de son succès. Première navigation dans les Archives pour tous et première sélection, par exemple, une émission de 1969 sur Détruire dit-elle de Duras. Ai mis ça dans mon panier, comme on dit. Je m'inscrirai pour payer (4 euros) un autre jour (quand j'aurai le temps de finir la visite du site). A priori, tout est payant, non ? Il est où le service public ?
Il fait près de 30 degrés. C'est à n'y rien comprendre. D'autant qu'on annonce une rechute à 15 ou 16 pour demain. C'est toutes ces fusées !...
Cela n'empêche pas le GRAAL d'avoir lieu, à la Maison franco-japonaise, comme l'ont souhaité les membres la semaine dernière. Nous concentrons nos efforts et commentaires sur deux textes de la Shaggå des sept reines sirènes : Court-Brouillonne I et Sole-Sole III (dans Nos Animaux préférés, Seuil, 2006).
Nous repérons bien la « faconde ironique » (p. 55) du chroniqueur historique qui va de prétérition (« Il ne sera pas ici traité de [...] », p. 39) en suffixation péjorative (beuglailler, p. 40) et, derrière lui, l'écrivain qui mixe savamment les champs lexicaux : celui des poissons (fictionnel), celui des contextes politiques (parodique) et celui des objets courants (contextuel), en s'autorisant de temps en temps une remotivation lexicale (« sentant flotter autour d'elle quelque chose comme une grâce » (40) où flotter vaut à la fois dans le sens imagé d'une ambiance et dans le sens propre du milieu aquatique, mais aussi « elle fraya avec des théoriciens du coup de force » où frayer a le sens de se fréquenter, d'aller ensemble, mais aussi, pour des poissons, de déposer des œufs, d'être amants peut-être...).
Si l'on ne peut s'empêcher de voir comme des clins d'yeux aux œuvres de Rabelais ou de Borgès, par exemple, rien ne les rend non plus nécessaires. Le texte se suffit. On s'instruirait toutefois para-volodinement à lire d'illustres auteurs de mondes parallèles... Et chacun d'en citer un ou deux : les classiques Voltaire ou Cyrano de Bergerac, mais aussi Jonathan Swift, Franz Kafka, bien sûr, Lewis Carroll, Roy Lewis, Paul Scheerbart ou Gustav Meyrinck (ouf ! la nuit vient de passer !...), ou l'actuel Viktor Pelevine... Beaucoup d'autres sans doute, mais à la condition de s'intéresser surtout à de paradoxales ou extrêmes conditions de vie, de penser, d'être humain, de former société, c'est-à-dire sans trop s'apesantir sur les aspects techniques ou scientifiques qui plombent la narration de SF par ce qui revient à du réalisme. Le récit de Volodine est à la fois éthique, poétique et politique, comme dirait Meschonnic (et je pense parfois au souffle hugolien en le lisant). Car aux éléments littéraires et stylistiques recyclés doivent s'ajouter des bribes d'expériences personnelles, qu'il s'agisse des groupes politiques des années 60-70 ou des temps de désillusion qui ont suivi et d'où émane cette infinie tristesse du commentateur (p. 53-55).