« Votre « sang n'a fait qu'un tour », dites-vous, « à la lecture d'un article de journal » ? De quel sang parlez-vous ? Et de quel tour s'agit-il sinon de ces tours que nous jouent les fantômes et dont Kafka disait qu'ils retournaient les mots dans sa main.» (Extrait de l'article de Christian Salmon aujourd'hui dans Libération, Interdit d'interdire Handke, relatif à la déprogrammation de Peter Handke de la Comédie française par Marcel Bozonnet)

le sang          le mur
chaque fois qu'il est question de sang
on va dans le mur

Au-delà du choix à faire (?), invoqué facilement, entre l'homme et l'œuvre, il y a un autre choix au fond de chacun. Entre l'éthique et l'esthétique, et lequel a priorité. Et d'être cohérent avec soi-même, d'avoir un système.
Suis-je quelqu'un qui donnera toujours priorité à l'éthique — l'esthétique fût-elle sublimement je-ne-sais-quoi ? Suis-je de ceux qui donneront toujours priorité à l'esthétique — l'éthique fût-elle détestablement je-ne-sais-quoi ? Voudrais-je qu'éthique et esthétique toujours s'accordent ? Et qu'est-ce que ça veut dire ? M'enfermerais-je, me draperais-je dans une époche, une retenue pour réfléchir (pendant que les orages passent, après on ne me demandera plus mon avis, je le donnerai peut-être, intempestif et superbe) ?

Marre du feuilleton des eaux claires ! Mon Dieu, la tête de Villepin, ces jours-ci ?!

Ici, c'est presque l'été. Énième relecture de pages de Molloy, pour le cours de demain matin. Mais sur le balcon, cette fois, au soleil, crayon en main, long drink tintant de glaçons à côté. Ça vous change le sens des pierres à sucer... Et puis, une heure après, pour alterner en beauté, quelques pages de Volodine.