Cette fois, Daniel Schneidermann a franchement été lourd — Chloé Delaume réussira-t-elle à synthétiser les protestations ? Il y a une interrogation suspicieuse et presqu'à charge (un interrogatoire ?) contre Denis Robert, au sujet de la première affaire Clearstream (la deuxième, l'actuelle étant peut-être un leurre pour masquer de bien pires agissements) — et aucune contre-enquête proposée par l'émission ! DS se permet même des insinuations franchement injurieuses. Ce sont les limites d'Arrêt sur Images : quand on n'analyse pas les images mais qu'on met en direct une personne sur la sellette. Regrettable. Il faut attendre 1:13:00 de vidéo pour qu'un message concret se fasse jour et que Denis Robert renvoie ses interlocuteurs dans les cordes. Peut-être était-ce nécessaire ?, me dis-je, finalement... Mais quand même. Limite.

Intéressantes séquences télévisées avec Patrick Modiano, sur le site de l'INA, signalées par le réseau Modiano.

Même si je n'ai pas été très performant aujourd'hui, d'ailleurs le ciel non plus puisqu'il pleuvait novembreusement, je me souviendrai quand même volontiers d'une petite heure du GRAAL consacrée à quelques pages de Balbutiar (p. 59-79 de Nos Animaux préférés d'Antoine Volodine), quand nous identifiions et différenciions ce qui venait d'un pédant récitant (volutes de style pour ridiculiser les conférenciers) et ce qui émanait formidablement de l'écrivain, redoutable dans la précision avec laquelle il se met à la limite floue entre l'indécidable et l'impossible — Balbutiar a les omoplates soudées au rocher, mais il a aussi des élytres, des pattes et des mandibules, ses viscères suent de panique, il se met à baréter et à glapir (p. 60-61, pour ne prendre que cela)... sans que jamais ces membres ou propriétés nous permettent de comprendre comment est l'animal. Au Palafox dont la forme évoluait au gré des vocables d'Éric Chevillard (Cf. Palafox, Ed. Minuit, 1990), Volodine oppose le Balbutiar dont la forme a priori fixe (figée, même...) reste inconnaissable, au sens propre inimaginable — ce qui pourrait bien être une mise en abyme discrète des œuvres de Volodine (en tout cas, celles que je connais pour l'instant), dans lesquelles l'image précise de ce qui est décrit reste inaccessible et devient le moteur même de la lecture.