Durée non orientée de sa platitude travaillée
Par Berlol, jeudi 18 mai 2006 à 23:58 :: General :: #269 :: rss
« Lorsque l'un d'entre nous cessait de s'adresser à
ses proches pour tendre vers un chimérique universel, on resserrait
les liens, on prenait du temps pour discuter et lui rappeler que le public
était à jamais hors d'atteinte puisque tous les médias
— presse, télévision, radio — étaient aux mains de l'Industrie.
Il ne fallait donc compter que sur nos propres forces et diffuser soi-même
ses œuvres.» (Philippe Vasset, Bandes alternées,
p. 63)
« Ces silencieuses forteresses, ces nécropoles aux pièces innombrables, personne ne les prenait d'assaut : nous n'étions pas révolutionnaires. On préférait s'éditer soi-même, mettre ses morceaux en libre accès sur Internet et exposer dans son garage plutôt que d'hypothéquer le présent au bénéfice d'un éventuel bien-être futur.» (Ibid., p. 71)
J'ai beaucoup transpiré, là-dessus, cette vingtaine de pages-là du dernier Vasset. Toujours moyennement intéressantes pour moi. Montant des marches mécaniques qui échauffent le corps deux fois plus vite que le vélo, entre les gouttes que j'évitais de justesse de faire tomber sur le papier, je m'interrogeais sur la nécessité formaliste de ces pluriels. Bien sûr, il n'est pas question d'accuser le manque de vraisemblance d'une telle parole (sinon on mettrait toute la poésie au feu), mais plutôt de stigmatiser la durée non orientée de sa platitude travaillée, les propos du début, du milieu ou de la fin (j'y suis presque) semblent interchangeables... Ou alors, je passe complètement à côté. Mais de quoi ?
La pluie a cessé pour quelques heures. Les deux derniers cours ont été épiques.
Lecture et phonétique de 1ère année : en fait, 80 % des problèmes de prononciation des étudiants japonais peuvent être corrigés dès la 1ère année à partir d'une sensibiliation à l'accent tonique, son placement et son déplacement, notamment en tenant compte de tous les "e" muets en fin de mot — qu'en un réflexe katakanique les étudiants veulent prononcer ET accentuer. Pas besoin de faire un atelier au congrès des profs pour dire ça ! Rythme et mélodie, donc, auxquels je donne priorité sur le sens (il y a assez de cours qui se focalisent exclusivement sur le sens... — comme si la langue n'était que du sens, hein !)
Séminaire de cinéma, analyse des premières minutes des Poupées russes, presque image par image. Comment Xavier en voix off introduit le vrac de son identité et de son histoire, Klapisch filmant ses reflets morcelés dans les miroirs des toilettes du train. Comment les portraits des amis de Barcelone sont montrés un par un, format identité pour passeport (ce qui n'est pas très original), avant un plan de groupe dans lequel, comme par hasard, Xavier et Wendy sont chacun à une extrémité... Les étudiantes sont positivement surprises de cette façon d'étudier le cinéma (loin des discussions exclusivement thématiques ou d'intrigue, qui sont en fait d'obédience littéraire, et souvent prétextes à parler d'autre chose que d'un film). Cela veut également dire qu'à l'école on ne leur a jamais appris à analyser une image, qu'elle soit fixe ou mobile... De plus, comme elles ont maintenant à peu près compris le fonctionnement de la page collective Wrilety, ça discute à donf pour choisir les sujets de rapport de fin de semestre.
J'ai bien gagné mon repos dans le train. Et lire à nouveau Molloy, ou plutôt Moran...
« Ces silencieuses forteresses, ces nécropoles aux pièces innombrables, personne ne les prenait d'assaut : nous n'étions pas révolutionnaires. On préférait s'éditer soi-même, mettre ses morceaux en libre accès sur Internet et exposer dans son garage plutôt que d'hypothéquer le présent au bénéfice d'un éventuel bien-être futur.» (Ibid., p. 71)
J'ai beaucoup transpiré, là-dessus, cette vingtaine de pages-là du dernier Vasset. Toujours moyennement intéressantes pour moi. Montant des marches mécaniques qui échauffent le corps deux fois plus vite que le vélo, entre les gouttes que j'évitais de justesse de faire tomber sur le papier, je m'interrogeais sur la nécessité formaliste de ces pluriels. Bien sûr, il n'est pas question d'accuser le manque de vraisemblance d'une telle parole (sinon on mettrait toute la poésie au feu), mais plutôt de stigmatiser la durée non orientée de sa platitude travaillée, les propos du début, du milieu ou de la fin (j'y suis presque) semblent interchangeables... Ou alors, je passe complètement à côté. Mais de quoi ?
La pluie a cessé pour quelques heures. Les deux derniers cours ont été épiques.
Lecture et phonétique de 1ère année : en fait, 80 % des problèmes de prononciation des étudiants japonais peuvent être corrigés dès la 1ère année à partir d'une sensibiliation à l'accent tonique, son placement et son déplacement, notamment en tenant compte de tous les "e" muets en fin de mot — qu'en un réflexe katakanique les étudiants veulent prononcer ET accentuer. Pas besoin de faire un atelier au congrès des profs pour dire ça ! Rythme et mélodie, donc, auxquels je donne priorité sur le sens (il y a assez de cours qui se focalisent exclusivement sur le sens... — comme si la langue n'était que du sens, hein !)
Séminaire de cinéma, analyse des premières minutes des Poupées russes, presque image par image. Comment Xavier en voix off introduit le vrac de son identité et de son histoire, Klapisch filmant ses reflets morcelés dans les miroirs des toilettes du train. Comment les portraits des amis de Barcelone sont montrés un par un, format identité pour passeport (ce qui n'est pas très original), avant un plan de groupe dans lequel, comme par hasard, Xavier et Wendy sont chacun à une extrémité... Les étudiantes sont positivement surprises de cette façon d'étudier le cinéma (loin des discussions exclusivement thématiques ou d'intrigue, qui sont en fait d'obédience littéraire, et souvent prétextes à parler d'autre chose que d'un film). Cela veut également dire qu'à l'école on ne leur a jamais appris à analyser une image, qu'elle soit fixe ou mobile... De plus, comme elles ont maintenant à peu près compris le fonctionnement de la page collective Wrilety, ça discute à donf pour choisir les sujets de rapport de fin de semestre.
J'ai bien gagné mon repos dans le train. Et lire à nouveau Molloy, ou plutôt Moran...
Commentaires
1. Le vendredi 19 mai 2006 à 06:06, par arte :
si on se faisait un cache-cache-cachette-colin-colin ?
2. Le vendredi 19 mai 2006 à 12:51, par brigetoun :
tiens, j'allais dire que tu me donnes envie de voir les poupées (immense retard en cinéma) et je tombe sur Molloy (ou Morand) dans lequel je suis avec bonheur actuellement par petits bouts entre de longues plongées dans des mémoires
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