Matinée un peu tranquille, avant la folle journée. J'en profite pour aller payer des mandats à la poste. Pas comme prévu, une employée me propose de faire ça à la machine, où les frais sont moins élevés. Elle m'y accompagne. La machine mange la feuille du mandat, dans l'instant la scanne, la restitue à l'écran, océèrise le numéro et le montant, encaisse et rend la monnaie évidemment. Qui dit mieux ?

Je retrouve à Iidabashi David qui vient de Nagoya et Alex qui vient de Kyoto. Ils ont pris le même shinkansen et sont déjà bien chauds à l'idée d'aller au Saint-Martin — pour, nominalement, le poulet-frites. Là, pas comme d'habitude non plus, bien qu'il soit midi tapant et que j'aie réservé, il y a déjà deux fois cinq personnes et Yukie nous annonce qu'il n'y a plus du plat convoité... sauf si on attend vingt minutes. Qu'à cela ne tienne, on attendra. On a des trucs à se dire... Oh, c'est prêt ! David et Alex sont révoltés comment c'est bon et que j'aie ça toutes les semaines !
Le mieux est que je leur laisse la parole, s'ils ont quelque chose à dire...

Déplacement rapide à Mita, sur le campus de l'université Keio où a lieu la conférence de Jean-Louis Chiss [Sciences du langage et didactique des langues : une relation privilégiée]* dans le cadre du Congrès de la SJDF. Content de le retrouver. Une merveille du genre, sa conférence. Le mieux est que je la donne à écouter mais je n'en ai pas le temps ce soir parce que Moran m'attend... [Mise en ligne effectuée le lendemain.]

Quatre autres interventions et ateliers (à détailler).
Rencontre d'une Sophie dont on ignorait qu'elle était à Nagoya.
Dîner à trois dans un chinois de Mita avant de raccompagner David à la gare de Tokyo.

À compléter...
Comment compléter ? Comment dire le point auquel je trouve la plupart des interventions locales inintéressantes ? On se noie dans des micro-problèmes, on se perd dans des conjectures, on se prend les pieds dans les mots d'un tapis de petits pouvoirs locaux. D'à peine diplômés, ventriloqués par des éditeurs semi-crapuleux, vantent leur manuel soi-disant révolutionnaire — dont l'indigence est à pleurer (de rire, ce n'est même pas sûr). Les stériles querelles pointées par Chiss, entre chercheurs (théoriciens sciences-du-langageux) et enseignants (répétiteurs didactichiens), reviennent, agrémentées au goût du jour entre maîtrises de FLE d'un côté et Capès-Agreg de l'autre. Les bras m'en tombent. Des fois, je me demande pourquoi je renouvelle mon adhésion. Par optimisme... Parce qu'il faut toujours attendre une bonne surprise... Et que tous, qui ne s'expriment pas, ne sont pas mauvais...

*Mise en ligne avec l'autorisation du conférencier.