Encaisse et rend la monnaie évidemment
Par Berlol, vendredi 19 mai 2006 à 23:40 :: General :: #270 :: rss
Matinée un peu tranquille, avant la folle journée. J'en profite
pour aller payer des mandats à la poste. Pas comme prévu,
une employée me propose de faire ça à la machine, où
les frais sont moins élevés. Elle m'y accompagne. La machine
mange la feuille du mandat, dans l'instant la scanne, la restitue à
l'écran, océèrise le numéro et le montant, encaisse
et rend la monnaie évidemment. Qui dit mieux ?
Je retrouve à Iidabashi David qui vient de Nagoya et Alex
qui vient de Kyoto. Ils ont pris le même shinkansen et sont déjà
bien chauds à l'idée d'aller au Saint-Martin — pour, nominalement,
le poulet-frites. Là, pas comme d'habitude non plus, bien qu'il soit
midi tapant et que j'aie réservé, il y a déjà
deux fois cinq personnes et Yukie nous annonce qu'il n'y a plus du plat
convoité... sauf si on attend vingt minutes. Qu'à cela ne
tienne, on attendra. On a des trucs à se dire... Oh, c'est prêt !
David et Alex sont révoltés comment c'est bon et que j'aie
ça toutes les semaines !
Le mieux est que je leur laisse la parole, s'ils ont quelque chose à dire...
Déplacement rapide à Mita, sur le campus de l'université
Keio où a lieu la conférence de Jean-Louis Chiss [Sciences du langage et
didactique des langues : une relation privilégiée]*
dans le cadre du Congrès de la SJDF. Content de le retrouver. Une
merveille du genre, sa conférence. Le mieux est que je la donne à
écouter mais je n'en ai pas le temps ce soir parce que Moran m'attend...
[Mise en ligne effectuée le lendemain.]
Quatre autres interventions et ateliers (à détailler).
Rencontre d'une Sophie dont on ignorait qu'elle était à Nagoya.
Dîner à trois dans un chinois de Mita avant de raccompagner David à la gare de Tokyo.
À compléter...
Comment compléter ? Comment dire le point auquel je trouve la plupart des interventions locales inintéressantes ? On se noie dans des micro-problèmes, on se perd dans des conjectures, on se prend les pieds dans les mots d'un tapis de petits pouvoirs locaux. D'à peine diplômés, ventriloqués par des éditeurs semi-crapuleux, vantent leur manuel soi-disant révolutionnaire — dont l'indigence est à pleurer (de rire, ce n'est même pas sûr). Les stériles querelles pointées par Chiss, entre chercheurs (théoriciens sciences-du-langageux) et enseignants (répétiteurs didactichiens), reviennent, agrémentées au goût du jour entre maîtrises de FLE d'un côté et Capès-Agreg de l'autre. Les bras m'en tombent. Des fois, je me demande pourquoi je renouvelle mon adhésion. Par optimisme... Parce qu'il faut toujours attendre une bonne surprise... Et que tous, qui ne s'expriment pas, ne sont pas mauvais...
*Mise en ligne avec l'autorisation du conférencier.
Je retrouve à Iidabashi David qui vient de Nagoya et Alex
qui vient de Kyoto. Ils ont pris le même shinkansen et sont déjà
bien chauds à l'idée d'aller au Saint-Martin — pour, nominalement,
le poulet-frites. Là, pas comme d'habitude non plus, bien qu'il soit
midi tapant et que j'aie réservé, il y a déjà
deux fois cinq personnes et Yukie nous annonce qu'il n'y a plus du plat
convoité... sauf si on attend vingt minutes. Qu'à cela ne
tienne, on attendra. On a des trucs à se dire... Oh, c'est prêt !
David et Alex sont révoltés comment c'est bon et que j'aie
ça toutes les semaines !Le mieux est que je leur laisse la parole, s'ils ont quelque chose à dire...
Déplacement rapide à Mita, sur le campus de l'université
Keio où a lieu la conférence de Jean-Louis Chiss [Sciences du langage et
didactique des langues : une relation privilégiée]*
dans le cadre du Congrès de la SJDF. Content de le retrouver. Une
merveille du genre, sa conférence. Le mieux est que je la donne à
écouter mais je n'en ai pas le temps ce soir parce que Moran m'attend...
[Mise en ligne effectuée le lendemain.]Quatre autres interventions et ateliers (à détailler).
Rencontre d'une Sophie dont on ignorait qu'elle était à Nagoya.
Dîner à trois dans un chinois de Mita avant de raccompagner David à la gare de Tokyo.
À compléter...
Comment compléter ? Comment dire le point auquel je trouve la plupart des interventions locales inintéressantes ? On se noie dans des micro-problèmes, on se perd dans des conjectures, on se prend les pieds dans les mots d'un tapis de petits pouvoirs locaux. D'à peine diplômés, ventriloqués par des éditeurs semi-crapuleux, vantent leur manuel soi-disant révolutionnaire — dont l'indigence est à pleurer (de rire, ce n'est même pas sûr). Les stériles querelles pointées par Chiss, entre chercheurs (théoriciens sciences-du-langageux) et enseignants (répétiteurs didactichiens), reviennent, agrémentées au goût du jour entre maîtrises de FLE d'un côté et Capès-Agreg de l'autre. Les bras m'en tombent. Des fois, je me demande pourquoi je renouvelle mon adhésion. Par optimisme... Parce qu'il faut toujours attendre une bonne surprise... Et que tous, qui ne s'expriment pas, ne sont pas mauvais...
*Mise en ligne avec l'autorisation du conférencier.
Commentaires
1. Le vendredi 19 mai 2006 à 12:10, par arte :
donc on joue pas à cache-chache-cachette-colin-colin
2. Le vendredi 19 mai 2006 à 12:13, par k :
moi j'veux bien, mais vous voulez po!
3. Le vendredi 19 mai 2006 à 13:33, par k :
si on joue à kache-chache-kachette-kolin-kalin
après on pourra jouer à 1-2-3-sol-solal-soleil
py faire de bulle avec du produit vaisselle
dis site pelé, dit, un oui, dit
monsieur on pourra dit?????????????????
4. Le vendredi 19 mai 2006 à 14:32, par arte :
sourire...
5. Le vendredi 19 mai 2006 à 15:52, par k :
trempée la dans l'huile,
trempée la dans l'eau,
ça fera...........
6. Le samedi 20 mai 2006 à 18:37, par Berlol :
Skuzez, j'avais déserté les commentaires... Pas le temps... Je viens de finir la page de ce vendredi, avec mise en ligne — et point de vue final...
7. Le samedi 20 mai 2006 à 21:42, par Dominique :
pourquoi les universitaires ont-ils des cravates ?
(c'est vraiment une question sérieuse)
8. Le dimanche 21 mai 2006 à 04:04, par Berlol :
En fait, ils n'ont pas tous toujours une cravate...
L'universitaire dans son biotope, entre son bureau et sa classe, n'a pas nécessairement de cravate, c'est selon son goût. Lorsqu'il s'agrège à d'autres pour former un troupeau transhumant vers un lieu de socialité collective, réunion, congrès, colloque, il se doit de mettre une cravate s'il doit prendre la parole en public, s'il représente une institution, une congrégation, voire une nation — ou s'il cherche un poste. Dans ce dernier cas, la cravate doit être sobre, représentative de l'humilité du candidat. Dans les autres cas, il peut choisir selon son goût.
9. Le dimanche 21 mai 2006 à 05:11, par Dominique Fromentin :
ah, déjà ça devient intéressant
il y a le lien entre "se doit de" et "s'il représente" - l'institution qu'on représente n'inclut pas dans ses codes qu'on soit encravaté pour la représenter, mais celui qui représente ingère modèle intérieur, histoire d'être tellement fier de n'être pas lui-même, mais l'idée qu'il représente
et congrégation associé à institution : comment attendre alors du discours qu'il soit autre chose que la représentation vide ?
alors ils sont un paquet à chercher un poste, tous ces braves gens - il n'y a que Berlol qui rigole, en pédalant sur son vélo qu'avance pas ?
10. Le dimanche 21 mai 2006 à 06:26, par Berlol :
Oui, j'ai bien pesé chacun des mots. En revanche, votre "congrégation associé à institution : comment attendre alors du discours qu'il soit autre chose que la représentation vide ?", je n'en saisis pas la logique...
11. Le dimanche 21 mai 2006 à 06:59, par arte :
Il joue a cache-cache-cachette-colin-colin avec toi, c'est pour ça !
12. Le dimanche 21 mai 2006 à 08:48, par Dominique Fromentin :
bon, c'était pour ne pas encombrer trop : je me dis que si ces gens se sentent représentatifs de leur digne institution par le simple fait de mettre une cravate, le discours doit ronronner quelque peu dans les limites pareillement intériorisées
mais ce n'est pas très grave : les brochettes au 5ème étage étaient "goûtues" dites vous, et ne vous inquiétez pas de la littérature: c'est respirer aussi que la quitter un peu, y revenir ensuite
13. Le dimanche 21 mai 2006 à 08:48, par Dominique Fromentin :
je parle évidemment des brochettes de demain, que vous avez dû manger hier
14. Le dimanche 21 mai 2006 à 21:42, par Dabichan :
Pour ce qui est du poulet-frites du Saint-Martin, un vrai régal ! Comment dire ? Tout ça est affaire de goût... Ceux qui aiment le poulet-frites n'ont qu'à y aller voir par eux-mêmes, les réfractaires s'abstenir.
Pour ce qui est de la dissertation sur le port de la cravate... Là, aussi c'est une affaire de goût. Si on aime, on porte, si on n'aime pas, on ne porte pas. Certes, il y a des conventions (nous sommes des animaux sociaux !). Mais rien n'interdit à quiconque qui le souhaiterait de s'y soustraire. Il n'y a qu'à prendre son courage à deux mains et venir s'exprimer en public en maillot de bain ! Après tout... L'habit ne fait pas le moine... est-ce que c'est une convention, ça aussi ?
15. Le lundi 22 mai 2006 à 01:51, par Dominique Fromentin :
comment peut-on "aimer" le port de la cravate, sinon pour ce qu'il symbolise : pouvoir et privilège -- il en reste bien peu à l'université, ni de l'un, ni de l'autre, pour cela que ça paraît étrange, cette survie du symbole ailleurs de règle -- religieusement et de façon aussi vide -- pour les politiques, les chefs d'entreprise et les représentants de commerce
comme lorsqu'autrefois en se présentant à N Sup on nous faisait mettre une jupe plissée
16. Le lundi 22 mai 2006 à 02:47, par Berlol :
C'est marrant, je voulais relire ce roman d'Eugène...
17. Le lundi 22 mai 2006 à 02:51, par Dabichan :
Bigre ! "Aimer le port de la cravate"... J'ignorais être un cravatophile patenté, prisonnier d'un bout de tissu (plus ou moins chatoyant) qui ferait de ma modeste personne un représentant arrogant de quelque pouvoir ou privilège que je me serais octroyé d'autorité. Je m'en vais derechef vider ma penderie de ces dangereux textiles en espérant, devant l'immensité de l'infini cosmique dont ce "aimer le port de la cravate" vient soudainement de me faire prendre conscience, que leur autodafé me vaudra absolution...
Aha... !
Entre nous, la symbolique du por(c) de la cravate me paraît bien peu de chose face aux questions que suscite notre époque.
18. Le lundi 22 mai 2006 à 03:34, par Dominique Fromentin :
bien peu de choses en effet, et parlons donc d'autre chose
reste que si vous preniez comme moi le TGV au lieu du Shinkansen, vous constateriez combien il caricaturise ce prolétariat du commerce et de l'industrie, ou nos notabilités de province
étranglons-les avec leurs oripeaux -- comme dit Lautréamont (phrase lue sur Internet ces jours-ci) : qui voudrait se servir de la cravate de Gérard de Nerval ?
reste à savoir si la question de comment les structures de domination établissent celle-ci en conférant à quelques catégories d'individus ce genre d'attributs qui en fait ses agents consentants, est une question de peu
19. Le lundi 22 mai 2006 à 04:23, par arte :
2 Français sur 3 ne changent pas de slip tous les jours.
CA ç'est une question ! Je deteste les cravates sales !
20. Le mardi 23 mai 2006 à 02:33, par Dom :
La servitude volontaire passe avant tout par l'assentiment à ces petits compromis de présentation de soi, d'attitude, de ton de voix.
J'ai, toujours, ressenti une honte violente et ce qu'était la tristesse spinoziste la quinzaine de fois où j'ai accepté de porter une cravate. C'est par la contrainte des corps que se perpétue la maîtrise des âmes.
"Si quelque chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance d'agir de notre corps, l'idée de cette chose augmente ou diminue, favorise ou empêche la puissance de penser de notre âme (...) J'entendrai donc par joie, dans toute la suite de ce traité, une passion par laquelle l'âme passe à une perfection plus grande ; par tristesse, au contraire, une passion par laquelle l'âme passe à une moindre perfection."
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