Repos du week-end et attente de livraison de la Rover...
J'ai l'impression d'avoir passé cette commande il y a très longtemps — c'est que les semaines ont été chargées et qu'entre temps le climat a changé, tiédeur et moiteur sont doucement arrivées.
Livraison vers 11 heures, une simple boîte d'où j'extrais la bicyclette pliée, que je monte en trois cinq mouvements (pli du cadre, pli du guidon, réglage de la selle, articulation de chaque pédale — qui sont escamotables et à ressort...).

Découvert un site où sont recensés les clips des années 80 disponibles sur YouTube. Je file de suite aux Cocteau Twins et suis plutôt déçu du plan-plan (quitte à voir une mamie, bien mieux vaut Blondie remixé). Après quelques essais revigorants ou déprimants — les années 80, c'était quand même des montagnes russes —, je m'arrête pour aujourd'hui sur les plus représentatifs de ce que je cherchais dans ces années-là : Chrome, Danielle Dax, Siouxsie. Petites natures s'abstenir, ou passer à Muslimgauze, extra dans son genre... Et si le sommeil vient, enchaînez-vous aux Pizzicato Five jusqu'au petit matin, pour rire.

Déjeuner au Saint-Martin avec T. — Yukie très amusée de me voir entrer dans son restaurant à bicyclette... et me demandant ce qu'elle mangera. Mais elle n'a pas le droit de grossir, parce que c'est moi qui la porte pour la ranger sur le balcon.
Plus tard, pendant que T. est en course à Shibuya, j'irai pédaler jusqu'à Shinjuku, prendre une suée entre de vraies voitures et de vrais piétons. On voit tout de suite la supériorité du vélo statique en salle : la littérature !

Vient enfin le point d'orgue du week-end qui s'étire jusqu'ici — et finit dans le saké : la conférence de Jean-Louis Chiss à l'Institut franco-japonais de Tokyo, sur les Directions actuelles de l'enseignement de la grammaire, que je diffuse dès à présent. Admirez la prouesse, tout de même ! Je sors du restaurant où nous avons dîné de petits plats à la mode de Kyoto (izakaya Kyoto Gion Oishinbo), assis par terre jambes pliées de diverses façons alternativement (Cf. photo avec tamayura... esprits invisibles saisis par la photo, dit-on, plutôt micro-particules d'huile pulvérisées par la pierre chaude, selon moi). Et je mets en ligne. Parce que ça en vaut vraiment la peine, aussi. Dense conférence qui me confirme dans mes stratégies de cours, notamment celle du tâtonnement simulé pour le dégagement de règles à partir d'exemples, et celle du primat méthodologique de l'audition et de l'articulation participatives sur la compréhension et l'écriture. Mais bon, c'est un peu technique et il vaut mieux que je masque mon métalangage, comme une technique secrète, mon katana...