Comme je m'en doutais un peu, les dernières minutes d'Arrêt sur images hier, animées par Chloé Delaume, étaient consacrées aux nombreuses réactions sur le forum après la révoltante attitude de Daniel Schneidermann le 8 mai dernier. Mais il ne s'était pas rendu compte que, il n'avait pas voulu le, il ne pensait pas avoir été si, et — bref — aucun regret, aucun mea culpa, encore moins d'excuses. L'existence de la chronique de CD est une manière d'intégrer la contestation pour la rendre inoffensive. Si j'étais Chloé, je m'en irais. (Mais je ne suis pas Chloé.)

Autre émission regrettable, après alerte amicale de JFM : Travaux Publics le 16, avec Gérard Genette. Le ton de Jean Lebrun est de ceux qui font lever les baffes. D'insinuation en jeux de mots, de questions déplacées en appel au public connivent sur le dos de l'invité, il a l'art de faire disparaître l'intérêt dans de l'écume et du bruit. Gamin âgé, dernier potache de sa bande, il a eu le ridicule, qu'il croyait drôle, de ne jamais réussir à prononcer correctement le titre du dernier livre de Genette, Bardadrac. Ça faisait déjà un moment que je ne l'écoutais plus, car cette attitude n'est pas d'hier. J'ai quand même enregistré pour garder un exemple de cette façon de faire de la radio où la star est clairement l'animateur — et l'invité son faire-valoir.

Heureusement, il y a Jeux d'épreuves, notamment au sujet de Pierre Guyotat samedi (mais pas seulement).
Et d'autres bonnes surprises, comme cette photo qu'Arte m'envoie (car Arte m'écrit, oui, les commentaires ne sont plus ce qu'ils ont été, je ne vois pas ça que chez moi, je ne m'y étends pas pour l'instant). C'est Badaboum, une hulotte toute jeunette (photo d'Anne Freudiger). Tombée du nid près de chez lui... En attendant Xixibelle.
Comme les fières chenilles du millésime 2006.
Comme les Affinités électives avec Patrick Deville (malgré un trou de quelques minutes dans le premier tiers de l'émission, faut que je voie si c'est raccord...).
Je mets les comme comme ils arrivent...
Comme l'invitation de François Bon à lire un de mes articles à paraître — je ne savais pas que ça arriverait si tôt ni sous cette forme. En espérant que ça provoquera des réactions...
Comme d'être allé par beau temps à Ookubo-dori, à cent mètres de Kagurazaka, dans une petite boutique d'importation de cycles avec T. pour faire enregistrer ma Rover (document pour la police et film autocollant sur le cadre), et de voir Dulcinée tomber en arrêt, mimer la pâmoison devant un vélo Peugeot, rouge et dernier de sa série, hésiter pendant le poulet-frites du Saint-Martin (où nous n'avons déjeuné que parce que j'étais allé en avant de quelques coups de pédale mettre une roue dans l'entrée pour réserver une table que deux donzelles voulaient aussi cinq secondes après), tergiverser encore pendant ses courses à la poste et à la banque, aller vérifier si c'était une bonne idée chez son ami coiffeur quelques boutiques plus bas parce qu'il en possède aussi un beau spécimen, de Peugeot, puis me déclarer que ça y est, qu'on y va, qu'il faut acheter ce Peugeot-là, que c'est celui-là qu'elle veut, etc.
Il ne se plie pas autant que le mien mais il se pose verticalement sur la roue arrière et les extrémités du porte-bagages. Dans l'entrée.

Cela qui dans la parole scintille et se tait,
La nuit roule sur cet essieu,

Singulièrement la présence
Et la distance de cela qui nous rive

A sa quelconque effigie frauduleuse

Et s'exaspère dans les fleurs
Loin des piliers et des trombes...

A peine une leçon de choses obscures
Un viatique de poussières
Et sa dissipation...
(Jacques Dupin, « La Répétition », dans L'Embrasure, Poésie / Gallimard, 1971 [1969],  p. 93)