Encore moins d'excuses
Par Berlol, lundi 29 mai 2006 à 23:59 :: General :: #280 :: rss
Comme je m'en doutais un peu, les dernières minutes d'Arrêt
sur images hier, animées par Chloé Delaume, étaient
consacrées aux nombreuses réactions sur le forum après
la révoltante attitude de Daniel Schneidermann le 8 mai dernier.
Mais il ne s'était pas rendu compte que, il n'avait pas voulu le,
il ne pensait pas avoir été si, et — bref — aucun regret, aucun
mea culpa, encore moins d'excuses. L'existence de la chronique
de CD est une manière d'intégrer la contestation pour la rendre
inoffensive. Si j'étais Chloé, je m'en irais. (Mais je ne suis
pas Chloé.)
Autre émission regrettable, après alerte amicale de JFM : Travaux Publics le 16, avec Gérard Genette. Le ton de Jean Lebrun est de ceux qui font lever les baffes. D'insinuation en jeux de mots, de questions déplacées en appel au public connivent sur le dos de l'invité, il a l'art de faire disparaître l'intérêt dans de l'écume et du bruit. Gamin âgé, dernier potache de sa bande, il a eu le ridicule, qu'il croyait drôle, de ne jamais réussir à prononcer correctement le titre du dernier livre de Genette, Bardadrac. Ça faisait déjà un moment que je ne l'écoutais plus, car cette attitude n'est pas d'hier. J'ai quand même enregistré pour garder un exemple de cette façon de faire de la radio où la star est clairement l'animateur — et l'invité son faire-valoir.
Heureusement, il y a Jeux
d'épreuves, notamment au sujet de Pierre Guyotat samedi (mais
pas seulement).
Et d'autres bonnes surprises, comme cette photo qu'Arte m'envoie (car Arte m'écrit, oui, les commentaires ne sont plus ce qu'ils ont été, je ne vois pas ça que chez moi, je ne m'y étends pas pour l'instant). C'est Badaboum, une hulotte toute jeunette (photo d'Anne Freudiger). Tombée du nid près de chez lui... En attendant Xixibelle.
Comme les fières chenilles du millésime 2006.
Comme les Affinités électives avec Patrick Deville (malgré un trou de quelques minutes dans le premier tiers de l'émission, faut que je voie si c'est raccord...).
Je mets les comme comme ils arrivent...
Comme l'invitation de François Bon à lire un de mes articles à paraître — je ne savais pas que ça arriverait si tôt ni sous cette forme. En espérant que ça provoquera des réactions...
Comme d'être allé par beau temps à Ookubo-dori, à cent mètres de Kagurazaka, dans une petite boutique d'importation de cycles avec T. pour faire enregistrer ma Rover (document pour la police et film autocollant sur le cadre), et de voir Dulcinée tomber en arrêt, mimer la pâmoison devant un vélo Peugeot, rouge et dernier de sa série, hésiter pendant le poulet-frites du Saint-Martin (où nous n'avons déjeuné que parce que j'étais allé en avant de quelques coups de pédale mettre une roue dans l'entrée pour réserver une table que deux donzelles voulaient aussi cinq secondes après), tergiverser encore pendant ses courses à la poste et à la banque, aller vérifier si c'était une bonne idée chez son ami coiffeur quelques boutiques plus bas parce qu'il en possède aussi un beau spécimen, de Peugeot, puis me déclarer que ça y est, qu'on y va, qu'il faut acheter ce Peugeot-là, que c'est celui-là qu'elle veut, etc.
Il ne se plie pas autant que le mien mais il se pose verticalement
sur la roue arrière et les extrémités du porte-bagages.
Dans l'entrée.
Autre émission regrettable, après alerte amicale de JFM : Travaux Publics le 16, avec Gérard Genette. Le ton de Jean Lebrun est de ceux qui font lever les baffes. D'insinuation en jeux de mots, de questions déplacées en appel au public connivent sur le dos de l'invité, il a l'art de faire disparaître l'intérêt dans de l'écume et du bruit. Gamin âgé, dernier potache de sa bande, il a eu le ridicule, qu'il croyait drôle, de ne jamais réussir à prononcer correctement le titre du dernier livre de Genette, Bardadrac. Ça faisait déjà un moment que je ne l'écoutais plus, car cette attitude n'est pas d'hier. J'ai quand même enregistré pour garder un exemple de cette façon de faire de la radio où la star est clairement l'animateur — et l'invité son faire-valoir.
Heureusement, il y a Jeux
d'épreuves, notamment au sujet de Pierre Guyotat samedi (mais
pas seulement).Et d'autres bonnes surprises, comme cette photo qu'Arte m'envoie (car Arte m'écrit, oui, les commentaires ne sont plus ce qu'ils ont été, je ne vois pas ça que chez moi, je ne m'y étends pas pour l'instant). C'est Badaboum, une hulotte toute jeunette (photo d'Anne Freudiger). Tombée du nid près de chez lui... En attendant Xixibelle.
Comme les fières chenilles du millésime 2006.Comme les Affinités électives avec Patrick Deville (malgré un trou de quelques minutes dans le premier tiers de l'émission, faut que je voie si c'est raccord...).
Je mets les comme comme ils arrivent...
Comme l'invitation de François Bon à lire un de mes articles à paraître — je ne savais pas que ça arriverait si tôt ni sous cette forme. En espérant que ça provoquera des réactions...
Comme d'être allé par beau temps à Ookubo-dori, à cent mètres de Kagurazaka, dans une petite boutique d'importation de cycles avec T. pour faire enregistrer ma Rover (document pour la police et film autocollant sur le cadre), et de voir Dulcinée tomber en arrêt, mimer la pâmoison devant un vélo Peugeot, rouge et dernier de sa série, hésiter pendant le poulet-frites du Saint-Martin (où nous n'avons déjeuné que parce que j'étais allé en avant de quelques coups de pédale mettre une roue dans l'entrée pour réserver une table que deux donzelles voulaient aussi cinq secondes après), tergiverser encore pendant ses courses à la poste et à la banque, aller vérifier si c'était une bonne idée chez son ami coiffeur quelques boutiques plus bas parce qu'il en possède aussi un beau spécimen, de Peugeot, puis me déclarer que ça y est, qu'on y va, qu'il faut acheter ce Peugeot-là, que c'est celui-là qu'elle veut, etc.
Il ne se plie pas autant que le mien mais il se pose verticalement
sur la roue arrière et les extrémités du porte-bagages.
Dans l'entrée.Cela qui dans la parole scintille et se tait,
La nuit roule sur cet essieu,
Singulièrement la présence
Et la distance de cela qui nous rive
A sa quelconque effigie frauduleuse
Et s'exaspère dans les fleurs
Loin des piliers et des trombes...
A peine une leçon de choses obscures
Un viatique de poussières
Et sa dissipation...
La nuit roule sur cet essieu,
Singulièrement la présence
Et la distance de cela qui nous rive
A sa quelconque effigie frauduleuse
Et s'exaspère dans les fleurs
Loin des piliers et des trombes...
A peine une leçon de choses obscures
Un viatique de poussières
Et sa dissipation...
(Jacques Dupin, « La Répétition »,
dans L'Embrasure, Poésie / Gallimard, 1971 [1969], p.
93)
Commentaires
1. Le lundi 29 mai 2006 à 10:30, par Dominique Fromentin :
après l'affaire des sièges verticaux d'Airbus, voici le vélo vertical pour escalader les villes qui montent ?
quant à votre article sur anonim@t, quelle serait donc la définition de votre propre masque ?
2. Le lundi 29 mai 2006 à 12:12, par k :
qu'elle est xixibelle
3. Le lundi 29 mai 2006 à 12:36, par Jacopo :
Amateur de littératures populaires, j'ai depuis toujours un pb théorique avec G. Genette. En voici le bref exposé
jacomino.over-blog.com/ar...
Peut-être, de si loin, voudrez-vous bien me dire votre sentiment.
CJ
4. Le lundi 29 mai 2006 à 16:35, par k :
margueritte D:
"Je crois que c'est ça que je reproche aux livres, en général, c'est qu'ils ne sont pas libres. On le voit à travers l'écriture : ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. Une fonction de révision que l'écrivain à très souvent envers lui-même. L'écrivain, alors il devient son propre flic. J'entends par là la recherche de la bonne forme, c'est à dire de la forme la plus courante, la plus claire et la plus inoffensive. Il y a encore des générations mortes qui font des livres pudibonds. Même des jeunes : des livres charmants, sans prolongement aucun, sans nuit. Sans silence. Autrement dit sans auteur. Des livres de jour, de passe-temps, de voyage. Mais pas des livres qui s'inscrustent dans la pensée et qui disent le deuil noir de la vie, le lieu commun de toute pensée.
> Je ne sais pas ce que c'est un livre. personne ne le sait. Mais on sait quand il y en a un. Et quand il n'y a rein, on le sait comme on sait qu'on n'est, pas encore mort.
> Chaque livre comme chaque écrivain a un passage difficil, incontournable. et il doit prendre la décision de laisser cette erreur dans le livre pour qu'il reste un vrai livre, pas menti"
5. Le lundi 29 mai 2006 à 18:34, par vinteix :
Quels sont les livres qui valent l'arbre de leur papier ?
6. Le mardi 30 mai 2006 à 16:58, par Berlol :
Je serais bien en mal, cher Dominique Fromentin, de définir mon masque. Je manque de distance. C'est peut-être à quelque observateur extérieur de le faire, si cela présente un quelconque intérêt. Ce que je sais, c'est que mon pseudonyme, créé bien longtemps avant l'existence de l'internet, sert à
séparer le littéraire du reste, produire du littéraire à partir de ce qui n'en est pas...Merci, chère K, pour ces citations qui collent bien. La radicalité de MD n'est pas toujours viable mais elle nous fait réfléchir, nous aiguillonne. Je n'en fais pas mon mode de vie. Comme disait Dominique Meens dans les émissions Bouvard et Pécuchet... de France Culture, ce n'est pas un choix entre écrire ou vivre, mais vivre c'est écrire (il ne faut pas renoncer à vivre pour écrire — le problème c'est donc l'emploi du temps, ça, c'est moi qui l'ajoute).
Pour essayer de vous répondre, Jacopo, j'aurai besoin d'un peu de temps... J'irai sans doute le faire sur votre site. Ce que je peux dire en préalable, c'est que la distinction "histoire" / "récit" me paraît on ne peut plus claire. L'histoire est l'ensemble théorique et chronologiquement ordonné des événements d'une œuvre de fiction, tandis que le récit est la matière textuelle qui permet d'en présenter une version, une vue, dans un ordre décidé par l'auteur et avec des choix de focalisation, de point de vue, d'intensité, des libertés prises avec le temps de l'histoire, etc. Pour moi, les grandes œuvres littéraires ne sont pas celles qui récitent une histoire préétablie mais celles qui établissent une histoire en la récitant. Bref, je n'ai pas beaucoup de temps, on en reparle bientôt... Et puis, s'il y a d'autres avis, c'est ouvert...
7. Le mercredi 31 mai 2006 à 00:57, par Manu :
Le scénario et la caméra/la réalisation en quelque sorte ?
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