Y arriver, entre guillemets
Par Berlol, jeudi 1 juin 2006 à 23:59 :: General :: #283 :: rss
Voilà, c'est un peu raté. Je voulais faire un truc nouveau
— me coucher tôt et écrire, une fois par semaine, le vendredi
matin, mon billet de la veille sur le balcon en profitant du soleil matinal
et du chant des petits oiseaux. Avant que la chaleur atteigne 28 degrés.
Et me voilà à six heures devant une grisaille qui n'engage
pas à déplier le fauteuil de camping. Les petits oiseaux sont
là mais il faudrait que j'aille enfiler un pull et un pantalon (même
si 22, c'est toujours mieux qu'en France). Sinon, le portable était
prêt, avec la connexion sans fil. J'avais réussi à me
coucher à 23h30, juste après avoir vu le film du jeudi (Compte
à rebours
mortel,
avec Stallone)
en lisant des blogs — parce que sans rien faire d'autre, le film du jeudi
soir, ça fait un peu perte de temps... À la fin, on ne sait
pas si ce qui est mortel, c'est le compte ou le rebours (en anglais, c'est
D-Tox).
Mais bon, c'est une habitude à prendre. C'est aussi pour voir si l'écriture du billet le matin change de l'écriture du soir. Donc il faudrait un peu de régularité — profiter de l'unité sociale qu'est la semaine pour mettre le vendredi matin à profit. Au lieu de le subir.
Avant de parler d'édition contemporaine, un beau voyage dans le demi-siècle, avec le site d'Henri Thyssens sur le mystère Robert Denoël — comment et par qui l'éditeur a-t-il été assassiné en 1945 ?... Enquêtes, documents, témoignages sur le panier de crabes. De quoi perdre au moins une heure.
Marre d'entendre le discours poseur de l'honnêteté intellectuelle sur la publication. Il y a dix ans encore, j'aurais applaudi des deux mains devant cette « hygiène » de l'auteur qui propose son livre à une autre maison que celle qu'il dirige. Aujourd'hui, je trouve que ça a un fumet de tartuferie et de tortillement du cul. Alors qu'il est question d'auto-édition en ligne, de création littéréticulaire et de notoriété directe par le blog lettré, et même s'il y a à boire et à manger dans la jungle de ceux qui prétendent écrire, tout ces beaux discours d'éditeurs obséquieux sur la probité dans un pâté de maisons parisien qui fait semblant de ne pas avoir l'internet, ça me paraît d'une bêtise... anachronique (tiens, ça m'évitera de dire des gros mots).
Alain Veinstein : « C'est dur quelquefois de mélanger les rôles, d'être auteur et éditeur ?
Catherine Guillebaud : — C'est assez difficile. Il faut, je crois, cloisonner. En tout cas, moi, c'est ma façon d'y arriver. Enfin, d'y arriver, entre guillemets. Mais je n'aurais jamais pu imaginer d'être publiée dans la maison que je dirige. C'était pour moi une sorte d'hygiène mentale.
Alain Veinstein : — Vous avez besoin de l'œil de l'éditeur sur ce que vous écrivez ?
Catherine Guillebaud : — Ah, oui, j'en ai besoin. J'ai tout à fait besoin de la lecture amie, pas forcément amie, d'ailleurs, critique, assez sévère, mais qui évidemment me renvoie à mes manques, à mes difficultés... Voilà, oui.» (dans Du jour au lendemain du 1er juin)
Arte et JFM, ne lisez pas ce paragraphe, ça va vous faire du mal.
À propos du conditionnel passé à la première personne, on a eu de beaux échanges au séminaire de cinéma. Une étudiante qui va préparer son rapport de fin de semestre sur le couple réalité / idéalité dans Les Poupées russes a demandé à connaître en détail les répliques de la scène de la rue aux proportions idéales. Je ne les recopie pas mais, en gros, Xavier imagine Célia, la top-model, et lui derrière, marchant au ralenti dans la rue de Saint-Pétersbourg dont William lui a dit qu'elle était aux proportions parfaites (25 × 25 × 250 mètres), champ-contrechamp Célia-Xavier (avec un décalage horaire que trahit l'ombre des bâtiments, c'est pas raccord, mais bon...). Et en voix off quelque chose comme : « J'aurais adoré passer tout mon temps à regarder le mouvement de sa jupe... j'aurais pu y passer la vie entière...», avant le « Mais... c'est pas possible de vivre comme ça...» du basculement dans le discours réaliste : « Éh, grosse connasse !, elle est moche, ta rue...»
Et moi de dire aux étudiantes que la fonction du conditionnel passé, c'est précisément d'informer tout de suite que quelque chose n'a pas eu lieu, n'a pas été possible, qu'on est dans l'ordre du regret — mais d'un regret rhétorique, voire jésuitique, ça, je l'ajoute maintenant.
Mine de rien, un grosse connasse comme ça, ça va générer du trafic...
Mais bon, c'est une habitude à prendre. C'est aussi pour voir si l'écriture du billet le matin change de l'écriture du soir. Donc il faudrait un peu de régularité — profiter de l'unité sociale qu'est la semaine pour mettre le vendredi matin à profit. Au lieu de le subir.
Avant de parler d'édition contemporaine, un beau voyage dans le demi-siècle, avec le site d'Henri Thyssens sur le mystère Robert Denoël — comment et par qui l'éditeur a-t-il été assassiné en 1945 ?... Enquêtes, documents, témoignages sur le panier de crabes. De quoi perdre au moins une heure.
Marre d'entendre le discours poseur de l'honnêteté intellectuelle sur la publication. Il y a dix ans encore, j'aurais applaudi des deux mains devant cette « hygiène » de l'auteur qui propose son livre à une autre maison que celle qu'il dirige. Aujourd'hui, je trouve que ça a un fumet de tartuferie et de tortillement du cul. Alors qu'il est question d'auto-édition en ligne, de création littéréticulaire et de notoriété directe par le blog lettré, et même s'il y a à boire et à manger dans la jungle de ceux qui prétendent écrire, tout ces beaux discours d'éditeurs obséquieux sur la probité dans un pâté de maisons parisien qui fait semblant de ne pas avoir l'internet, ça me paraît d'une bêtise... anachronique (tiens, ça m'évitera de dire des gros mots).
Alain Veinstein : « C'est dur quelquefois de mélanger les rôles, d'être auteur et éditeur ?
Catherine Guillebaud : — C'est assez difficile. Il faut, je crois, cloisonner. En tout cas, moi, c'est ma façon d'y arriver. Enfin, d'y arriver, entre guillemets. Mais je n'aurais jamais pu imaginer d'être publiée dans la maison que je dirige. C'était pour moi une sorte d'hygiène mentale.
Alain Veinstein : — Vous avez besoin de l'œil de l'éditeur sur ce que vous écrivez ?
Catherine Guillebaud : — Ah, oui, j'en ai besoin. J'ai tout à fait besoin de la lecture amie, pas forcément amie, d'ailleurs, critique, assez sévère, mais qui évidemment me renvoie à mes manques, à mes difficultés... Voilà, oui.» (dans Du jour au lendemain du 1er juin)
Arte et JFM, ne lisez pas ce paragraphe, ça va vous faire du mal.
À propos du conditionnel passé à la première personne, on a eu de beaux échanges au séminaire de cinéma. Une étudiante qui va préparer son rapport de fin de semestre sur le couple réalité / idéalité dans Les Poupées russes a demandé à connaître en détail les répliques de la scène de la rue aux proportions idéales. Je ne les recopie pas mais, en gros, Xavier imagine Célia, la top-model, et lui derrière, marchant au ralenti dans la rue de Saint-Pétersbourg dont William lui a dit qu'elle était aux proportions parfaites (25 × 25 × 250 mètres), champ-contrechamp Célia-Xavier (avec un décalage horaire que trahit l'ombre des bâtiments, c'est pas raccord, mais bon...). Et en voix off quelque chose comme : « J'aurais adoré passer tout mon temps à regarder le mouvement de sa jupe... j'aurais pu y passer la vie entière...», avant le « Mais... c'est pas possible de vivre comme ça...» du basculement dans le discours réaliste : « Éh, grosse connasse !, elle est moche, ta rue...»
Et moi de dire aux étudiantes que la fonction du conditionnel passé, c'est précisément d'informer tout de suite que quelque chose n'a pas eu lieu, n'a pas été possible, qu'on est dans l'ordre du regret — mais d'un regret rhétorique, voire jésuitique, ça, je l'ajoute maintenant.
Mine de rien, un grosse connasse comme ça, ça va générer du trafic...
Commentaires
1. Le vendredi 2 juin 2006 à 08:39, par arte :
Puis-je avoir un entretien personnel avec l'étudiante qui prépare son rapport sur le couple Réalité / Idéalité ? (à des fins purement pédagogiques).
2. Le vendredi 2 juin 2006 à 14:35, par Berlol :
Tu as lu quand même...
3. Le vendredi 2 juin 2006 à 17:33, par JFM :
Ca s'appelle Stress B with C-500, une gélule par jour, au matin. La boîte fait 30 gélules, soit un mois (en février, super cool). En plus, pour le midi, e-sam (ou sam-e, j'ai oublié, je n'ai pas l'emballage près de moi et pas envie de me lever), ça améliore les articulations et l'humeur. Avec ça, on peut lire Berlol, écouter France-Cu et rester zen.
4. Le samedi 3 juin 2006 à 07:29, par Berlol :
Je pense qu'Arte a bien noté les références des produits...
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