dimanche 4 juin 2006
C'est à deux le grand air
Par Berlol, dimanche 4 juin 2006 à 23:59 :: General
Un haut, un bas, un haut, ça suffit pour un jour.Le long haut, de 11 heures à 4 heures, c'est à deux le grand air de Tokyo en deux roues. Des rues désertes, puis un secteur d'avenues impériales ouvertes à toutes sortes de bicyclettes. Un espace de location gratuite y est même joyeusement entretenu par une association de cyclistes japonaise ; au menu, des vélos de toutes tailles et de tous styles, y compris des tandems (Cf. n°7). On essaiera un autre jour, car à ce moment-là de la balade, on commence à avoir un peu mal aux fesses...
Sur les avenues, T. passe la sixième pour quelques pointes
de vitesse qui nous mettent la Tour de Tokyo à moins de dix minutes,
même si ce qu'elle préfère ces jours-ci, c'est maîtriser
la lenteur, l'évitement des piétons sur les trottoirs, le jeu
avec l'équilibre de son corps. Qui vient des abdominaux, dira-t-elle
finalement. On se demande pourquoi cet espace, que Lionel m'avait signalé
l'an dernier, n'est pas plus connu. C'est aussi que les périodes de
réel bien-être climatique ne sont pas si nombreuses. D'ici deux
semaines, ce sera la saison des pluies, puis les chaleurs de l'été...
Pas sûr qu'on sorte nos roues jusqu'ici avec la même joie.
On déjeune dans un restaurant peu recommandable, le Levante,
dans le Tokyo Forum, alors qu'il y a sur le parvis une immense brocante comme
j'en ai rarement vu. Puis on retourne chercher nos vélos. On rentre
en passant par Ginza pour acheter du pain chez Dalloyau et de la confiture
chez Meidi-ya. Sportifs, oui, mais pas sans jugeotte. On aura même
quelques macarons pour un petit thé de débriefing à
la maison.Le bas, profond, béant, le bât qui blesse, qui me fait rentrer à la maison les yeux embués et les poings serrés, c'est le film d'Ousmane Sembène, Camp de Thiaroye (1988), que je voulais voir depuis longtemps et qui passe à l'Institut à 17h30 (cycle Un été africain au riche programme). Un film très impressionnant sur cette affaire, sur ce massacre, sur cette ignominie. On en sort avec l'envie de changer de couleur, l'envie de changer d'ancêtres. Moins de 15 personnes dans cette salle pour voir combien étaient ignobles et indignes ces officiers coloniaux français et blancs, pour essayer de se figurer en deux heures trente le point auquel ils étaient racistes, et le point auquel ces tirailleurs noirs étaient confiants et respectueux — ce que Sembène réussit avec vigueur. C'est à crier. Si Indigènes est aussi fort que Camp de Thiaroye, je souhaite vivement qu'il ait moins de censure et plus de succès...
Insulte toujours les éditeurs ! Si tu ne sais pourquoi, eux le savent.
Le haut, ce qui redonne de l'espoir, c'est d'autres colères, les colères d'autres. Aujourd'hui celle de Chloé Delaume. Je disais dimanche dernier qu'elle devait se sentir mal après l'Arrêt sur images. Et il y avait d'autres choses qui couvaient. Je la suis, Chloé. Je te suis, Chloé. Cette fois, c'est Léo Scheer qui morfle. Pour différentes raisons, et des bonnes, qu'il n'est pas inutile de mettre sur la place publique. Sa création d'une revue littéraire ne m'avait pas du tout convaincu, en 2004. Chloé en sait beaucoup plus long que moi. Je le regrette pour elle. Et suis content que toutes ces choses ne me salissent pas.
Et puis un mystère. Où est passée Caroline Leboucq ? Son blog Cousu-Main est-il piraté ? Remplacé par une liste de pubs et de sites douteux, en anglais... N'est-ce qu'un problème technique ? Caroline, si vous passez par ici, donnez de vos nouvelles !