C'est à deux le grand air
Par Berlol, dimanche 4 juin 2006 à 23:59 :: General :: #287 :: rss
Un haut, un bas, un haut, ça suffit pour un jour.Le long haut, de 11 heures à 4 heures, c'est à deux le grand air de Tokyo en deux roues. Des rues désertes, puis un secteur d'avenues impériales ouvertes à toutes sortes de bicyclettes. Un espace de location gratuite y est même joyeusement entretenu par une association de cyclistes japonaise ; au menu, des vélos de toutes tailles et de tous styles, y compris des tandems (Cf. n°7). On essaiera un autre jour, car à ce moment-là de la balade, on commence à avoir un peu mal aux fesses...
Sur les avenues, T. passe la sixième pour quelques pointes
de vitesse qui nous mettent la Tour de Tokyo à moins de dix minutes,
même si ce qu'elle préfère ces jours-ci, c'est maîtriser
la lenteur, l'évitement des piétons sur les trottoirs, le jeu
avec l'équilibre de son corps. Qui vient des abdominaux, dira-t-elle
finalement. On se demande pourquoi cet espace, que Lionel m'avait signalé
l'an dernier, n'est pas plus connu. C'est aussi que les périodes de
réel bien-être climatique ne sont pas si nombreuses. D'ici deux
semaines, ce sera la saison des pluies, puis les chaleurs de l'été...
Pas sûr qu'on sorte nos roues jusqu'ici avec la même joie.
On déjeune dans un restaurant peu recommandable, le Levante,
dans le Tokyo Forum, alors qu'il y a sur le parvis une immense brocante comme
j'en ai rarement vu. Puis on retourne chercher nos vélos. On rentre
en passant par Ginza pour acheter du pain chez Dalloyau et de la confiture
chez Meidi-ya. Sportifs, oui, mais pas sans jugeotte. On aura même
quelques macarons pour un petit thé de débriefing à
la maison.Le bas, profond, béant, le bât qui blesse, qui me fait rentrer à la maison les yeux embués et les poings serrés, c'est le film d'Ousmane Sembène, Camp de Thiaroye (1988), que je voulais voir depuis longtemps et qui passe à l'Institut à 17h30 (cycle Un été africain au riche programme). Un film très impressionnant sur cette affaire, sur ce massacre, sur cette ignominie. On en sort avec l'envie de changer de couleur, l'envie de changer d'ancêtres. Moins de 15 personnes dans cette salle pour voir combien étaient ignobles et indignes ces officiers coloniaux français et blancs, pour essayer de se figurer en deux heures trente le point auquel ils étaient racistes, et le point auquel ces tirailleurs noirs étaient confiants et respectueux — ce que Sembène réussit avec vigueur. C'est à crier. Si Indigènes est aussi fort que Camp de Thiaroye, je souhaite vivement qu'il ait moins de censure et plus de succès...
Insulte toujours les éditeurs ! Si tu ne sais pourquoi, eux le savent.
Le haut, ce qui redonne de l'espoir, c'est d'autres colères, les colères d'autres. Aujourd'hui celle de Chloé Delaume. Je disais dimanche dernier qu'elle devait se sentir mal après l'Arrêt sur images. Et il y avait d'autres choses qui couvaient. Je la suis, Chloé. Je te suis, Chloé. Cette fois, c'est Léo Scheer qui morfle. Pour différentes raisons, et des bonnes, qu'il n'est pas inutile de mettre sur la place publique. Sa création d'une revue littéraire ne m'avait pas du tout convaincu, en 2004. Chloé en sait beaucoup plus long que moi. Je le regrette pour elle. Et suis content que toutes ces choses ne me salissent pas.
Et puis un mystère. Où est passée Caroline Leboucq ? Son blog Cousu-Main est-il piraté ? Remplacé par une liste de pubs et de sites douteux, en anglais... N'est-ce qu'un problème technique ? Caroline, si vous passez par ici, donnez de vos nouvelles !
Commentaires
1. Le dimanche 4 juin 2006 à 10:01, par arte :
Caroliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine
2. Le dimanche 4 juin 2006 à 12:17, par Bartlebooth :
J'ai connu Aline Maupin au lycée. J'ai même des photos compromettantes (que je vendrais au prix d'un croque-madame). Je peux aussi corriger une grosse erreur biographique (le comble concernant une biographe !) sur la page qui la présente sur le site du Dr Olive.
Plus passionnant : pour ceux qui ont été intéressés par Hélène Bessette, dans la nouvelle collection de Mademoiselle Rose chez le dr Olive paraîtra fin août un inédit, son "roman bergmanien", Le Bonheur de la nuit. Ses autres livres, introuvables aujourd'hui, devraient y être republiés. Elle est trop morte pour pouvoir en souffrir, on pourrait sinon parler de malédiction, mais sait-on jamais ce qui peut arriver avec le retour des morts-vivants...
3. Le dimanche 4 juin 2006 à 13:17, par Dominique Fromentin :
suis aussi allé lire blog CD, quelle tristesse de tomber à ce niveau de ragots de concierge
s'il y a des désaccords littéraires ou intellectuels, on gagne plutôt à les dire en face, non ?
4. Le dimanche 4 juin 2006 à 16:50, par Berlol :
Oui, cher DF, c'est un bas que je convertis en haut. Si c'était ma concierge, je n'en parlerais pas. Mais les ragots touchent ici à ce qui est au cœur de ma sensibilité comme de la vôtre, à savoir la littérature et les livres. Je suis sidéré de voir que de grands auteurs ou des œuvres majeures peuvent sortir des mains de gens à qui je ne confierais pas la surveillance de mon vélo. Autant qu'il m'en souvienne, les pratiques des éditeurs m'ont toujours déplu. La concurrence intellectuelle dans laquelle ils se mettent avec leurs auteurs, voire leur morgue supérieure (de Gallimard à Lindon, parfois, hein !), déplacée et vile, n'est-elle pas le signe de leur profonde frustration ? De leur complexe d'infériorité par rapport aux créateurs qu'ils briment ou harcèlent ?
Quant à dire les choses en face, je crois bien que les exposer de la sorte dans le réticule revient à beaucoup plus fort. Si tout le monde avait le courage de dire tout haut ce que des rumeurs colportent dans les caniveaux, cela ferait peut-être réfléchir les malfaisants qui veulent marcher fièrement.
5. Le dimanche 4 juin 2006 à 21:52, par Dominique Fromentin :
vraiment je ne suis pas d'accord, il n'y aurait plus rien qu'une sorte de Canard Enchaîné généralisé
les anecdotes pullulent sur ce monsieur au portefeuille garni par les Rothschild, ses exagérations, ses soudoiements, mais vraiment ça ne m'intéresse pas
laissons le caniveau à ceux que ça amuse
reste à savoir si votre beau vélo rouge tout neuf vous le prêteriez à Bernard Wallet, POL, ou même au couple Fillaudeau : votre "toujours" m'amuse
lisez le dernier numéro de Lignes "Situation de l'édition et de la librairie" publié par le même monsieur cité plus haut : ça vaut mieux que les histoires de croque-monsieur
6. Le dimanche 4 juin 2006 à 21:54, par caroline :
Je l'ai euthanasié, le blog. Geste de colère contre moi-même. Après, que la pub vienne danser sur le cadavre, j'en suis désolée. Mais, c'est notre monde qui veut ça.
7. Le dimanche 4 juin 2006 à 22:09, par Dominique Fromentin :
moi aussi je lisais "cousu main" et suis triste de cette décision
8. Le lundi 5 juin 2006 à 02:01, par vinteix :
Suis personnellement assez partagé entre le discours de Berlol et celui de Dominique. On a beau dire ce que l’on veut de Léo Scheer (et certes la personne est sûrement critiquable, j’en ai moi aussi entendu « des vertes et des pas mûres »), mais l’on perd de vue l’essentiel à se focaliser sur les personnes (tous les milieux « professionnels » regorgent de ces affrontements, jalousies, mesquineries, concurrences, etc.) : l’essentiel, si vous parlez d’édition, me semble être LES LIVRES. Et concernant Léo Scheer, personnellement, je lui suis gré de rééditer Malcolm de Chazal et d’éditer la revue « Lignes » qui sort largement du lot et de l’eau.
9. Le lundi 5 juin 2006 à 02:50, par Berlol :
Sans doute suis-je parfois trop idéaliste (j'ai des "toujours"...). Façon Péguy, qui refusait que l'idéal se compromette au contact des réalités du terrain politique. Selon vous, il faudrait donc accepter qu'il y ait, comme dans tous les milieux, du pourri dans le panier, faire la part du feu et se satisfaire de chaque œuvre magnifique qui sort des mains sales. Que l'on me permette tout de même de compâtir aux souffrances morales de Chloé... et de tous ceux et celles qui sont malnené(e)s par les pratiques endémiques à ce milieu (auteurs, stagiaires, nègres, correcteurs, etc.). À ne rien vouloir dire (ce ne serait qu'écume, que buée), on court le risque de ne jamais voir la situation s'améliorer. C'est bien si on reconstruit au propre ailleurs... Mais j'aimerais bien savoir si Dominique Fromentin, s'il était écrivain, accepterait de serrer la main de M. Scheer. En détournant la tête ?...
10. Le lundi 5 juin 2006 à 02:55, par Berlol :
Chère Caroline, cela me peine mais je respecte votre décision. Nous devons donc apprendre que ça se passe comme ça, quand quelqu'un résilie son compte chez Blogger, des pubs quelconques prennent la place et le nom. Mais comment saurons-nous ce que vous publiez ?
11. Le lundi 5 juin 2006 à 03:08, par arte :
Pensée pour K.
(Ah ! Caroline respire toujours).
Le reste, Bourdieu a tout dit, il y a des "champs" (de bataille ?)
Mais dans l'affaire, rien sur les livres de CD...
(Bartle, combien pour le scan de Bessette ? ).
12. Le lundi 5 juin 2006 à 04:20, par Bartlebooth :
Certains respectent un peu trop les livres et pas assez les ragots. Ce qui me parait paradoxal car la littérature ne peut qu'y gagner à être bassement malveillante.
Arte, gratis evidemment.
13. Le lundi 5 juin 2006 à 05:22, par Berlol :
Pour le scan de Bessette, je suis preneur aussi...
Pour la revue Lignes, je l'ai mise dans mon panier Amazon, au mieux ici dans un mois...
Pour ma lecture de CD, voir le 31 août, 5 sept. 2004... J'ai les deux derniers dans ma pile à lire mais je ne sais franchement pas quand...
14. Le lundi 5 juin 2006 à 05:55, par vinteix :
Ni respect des livres, ni respect des personnes, ni des ragots (encore moins), mais plutôt une sorte d'indifférence à ce qui m'apparaît surtout comme des querelles parisianistes. Même si bien sûr, je compâtis également aux souffrances morales de CD et à tous les tracas de ceux qui cherchent à être "honnêtement" publiés (je sais aussi un peu ce qu'il en est du "milieu"...) Néanmoins, même si l'époque est rude et me semble marquée du sceau de ce que Deleuze appelait "une sous-culture" (alternance d'époques de grandeur et de décadence) un éditeur - surtout quand on a déjà "un nom" - on peut toujours en trouver un autre... Je songe plutôt à tous les obscurs, invisibles qui n'en trouvent pas et attendent leurs lecteurs.
Et dans le cas où certains sont publiés, il y en a tellement de "majeurs" dont on ne parle jamais ! comme, par exemple, Michel Fardoulis-Lagrange, qui, bien qu'édité de son vivant par de petites maisons, n'était lu que par quelques dizaines; néanmoins, considérant qu'une fois le livre achevé, celui-ci lui échappait définitivement, il n'avait plus qu'une chose en tête: le prochain, et s'en remettait totalement à la mémoire blanche de l'avenir, sans sacrifier à d'aliénantes "démarches".
Au final, la littérature a moins à gagner à être malveillante qu'irrespectueuse, bassement irrespectueuse, d'un grand irrespect, au-delà des personnes particulières, auquel le terme de malveillance me semble trop coller. Au-delà des querelles de personnes, qui peuvent certes nourrir de temps en temps quelque bon pamphlet ou texte de suprême ironie, mais au-delà, la littérature a moins à gagner à imiter qu'à refaire le monde.
15. Le lundi 5 juin 2006 à 06:32, par cel :
ah ben oui finalement on en revient à ça, dignité et indépendance, indépendance, irrespect. Cependant si la pourriture n'est pas nouvelle il n'y a rien de méprisable à en rafraichir l'aperçu de temps en temps, ces histoires de mainmise sur les stocks de petites maisons d'éditions sont réellement dégueulasses, alors caniveau pour caniveau...
16. Le lundi 5 juin 2006 à 06:56, par arte :
Je le savais bien qu'on pouvait pas faire confiance aux petites maisons d'édition... on sait jamais où va finir le stock. Pffffff !!!!
17. Le lundi 5 juin 2006 à 07:19, par vinteix :
Je trouve aussi degueulasse que vous la politique generale de Leo Scheer, ses pratiques et sa main-mise sur les stocks de petites maisons d'edition ! Cela merite bien sur d'etre dit haut et fort, mais ni plus ni moins qu'une critique plus generale du systeme.
"dignité et indépendance, indépendance, irrespect"... "dignite" : ce n'est surement pas un mot de mon vocabulaire. La pourriture nourrit, elle est meme un ferment de l'histoire, comme disait Marx.Quant a l'independance et a l'irrespect, c'est une question de survie.
18. Le lundi 5 juin 2006 à 07:26, par Berlol :
Tu sais, le stock, c'est comme la pasta, ça se mange al dente, après c'est de la bouillie, de la pâte à papier...
Trève de baliv'... Merci à vous, ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas discutaillé comme ça. Du monde dans mon salon ! Je sors des verres ? On continue ?
OK pour l'irrespect. Mais refaire le monde ? Ai-je bien lu ? Éventuellement faire son monde, oui, mais refaire le monde, là, non...
19. Le lundi 5 juin 2006 à 07:36, par arte :
Bon ben nous avons invité CD à venir mettre son grain !
Quand je dis nous, c'est que je refuse de trahir l'autre, évidemment !
(hein Bartle !)
20. Le lundi 5 juin 2006 à 07:40, par cel :
y'a pas de dignité, y'a que des mots indignes, bah bah bah...
21. Le lundi 5 juin 2006 à 07:48, par Bartlebooth :
Je suis bien d'accord avec tout ça. Mais pourquoi se précipiter à pointer le ragot comme bavardage inintéressant. Je trouve ça diablement intéressant et nécessaire à dire : il faut la dire et la redire l'ambiance putassière de certaines pratiques éditoriales, et avec des exemples (ce que ne fait pas la critique plus générale). Ce qu'on appelle ici ragot le fait mieux que la meilleure étude conventionnelle.
Alors forcément, oui, parisianisme, mais comment y échapper si l'édition la plus visible et honorée l'est, centralisée à Paris ? Avec ce genre de réplique facile, parisianistes et sans-frontières pourraient te répondre avec autant d'indifférence, vinteix, qu'en défendant "petits" auteurs et "petites" éditions, tu fais dans le provincialisme, et ils auraient ni moins raison ni moins tort. (ceci dit et au passage, Chloé Delaume commentant par exemple un petit festival (j'y étais jusque dans les coulisses mais je sortirai pas mes anecdotes mordantes à la Delaume et concernant la susnommée) n'hésite pas à afficher un mépris de la province et de ses "petites" manifestations www.chloedelaume.net/rem2... ).
Oui, l'essentiel est ailleurs. Et chaque chose a une substantifique moelle. Si l'on suit ta manière de piocher, vinteix, prendre le bon là où il est, chazal chez scheer par ex., pourquoi n'en pas faire autant avec les querelles soit-disant exclusivement parisiannistes ? N'est-ce pas toi qui en exclue l'essentiel en les disant telles ?
Au fait, le saviez vous : "ragot" désignait un petit cochon de lait ? gruik gruik
22. Le lundi 5 juin 2006 à 08:00, par vinteix :
Il n'y a ni dignite, ni "mots indignes". "La" langue, comme les mots, n'existent pas, de meme qu'il n'y a pas de metalangage. Alors, "des mots indignes", je ne vois pas ce que cela veut dire... Il n'y a que des langues, "sans demeure". Tout depend de ce que l'on fait des mots, du langage. Il s'agit de faire; aucune definition a priori en la matiere.
Si l'on ecrit en travaillant la langue, en inventant une langue dans la langue, on travaille largement au-dela de "son" monde et de son destin personnel. Inventer une langue, c'est refaire le monde, je persiste et signe, du moins une tentative impossible pour refaire le monde. La-dessus, Deleuze me semble avoir dit les choses d'une maniere a la fois tres juste et simple. La litterature n'a aucun interet pour moi si elle reste cantonnee a son petit monde personnel. Bien sur, cette invention est aussi une invention de soi, la transformation d'une vie, recherche inachevee, cela va de soi (principe d'incertitude). Pas le temps de commenter plus ce soir... suis justement en train d'ecrire sur "des ecrivains venus de nulle part", qui en inventant une langue dans la langue francaise ont, chacun de maniere singuliere, invente et refait le monde, qu'il s'agisse de Luca ("Tout doit etre reinvente / Il n'y a plus rien au monde"), Fardoulis-Lagrange, Beckett, et d'autres... Leur re-ecriture d'une langue donnee (en l'occurrence le francais) est l'ouverture d'un monde possible. Mais sans se cantonner dans la langue francaise, il y aurait beaucoup a dire a partir de Kafka ou Borges : qu'on se rappelle par exemple la fameuse formule de ce dernier disant qu'un livre n'est pas le miroir du monde, mais quelque chose de plus ajoute au monde.
23. Le lundi 5 juin 2006 à 08:09, par chloé :
Merci de m'avoir proposé de faire un tour ici, Monsieur Berlol, ça me permettra peut-être d'être plus claire pour ceux que mon côté concierge fort assumé agace.

Mais avant tout, bah dimanche dernier je ne me suis pas sentie mal, en fait ASI c'est vraiment juste mon taf alimentaire, c'est vrai que je préfèrerais ne pas avoir à me fader le plateau, mais c'est que de la télé donc du cinoche. En gros plus ça a l'air difficile pour moi en plateau plus en fait ça nous amuse en off... Le truc intéressant, c'est la gestion du forum, pas la chronique dans ce travail. Bref
Pour en revenir à ELS : il ne faut pas mêlanger ce qui est publié dans la maison elle-même et dans les maisons affiliées, qu'il s'agisse de maisons créées autour de ELS ou rachetées par Léo (comme Farrago qui a dû racheter ses parts pour se tirer au loin).
Malcolm de Chazal, c'est uniquement à Jean-Paul Curnier qu'on le doit. Or Curnier s'est barré aussi de ELS. Lignes, c'est une des meilleures maisons de France. Mais c'est Surya, et Surya seul (avec Curnier jadis et aujourd'hui Sébastien Raimondi, jeune homme génial qui avait les petites éditions Néant). Léo tout seul, ses choix, c'est Claude Berri, Nathalie Rheims et Aline Maupin. Le reste, il débauche. Et si vous matez le catalogue, vous remarquerez que les gens restent rarement après un seul livre. Christophe Fiat n'est pas retourné chez Al Dante après pour rien, pour prendre un exemple parmi trente. Emmanuel Loi idem, etc, etc.
Ce qu'il se passe avec Al Dante est parfaitement scandaleux, mais tout le monde se la ferme. Je pense que Sitaudis pourrait en parler aussi, mais je ne sais même pas s'ils sont au courant, et je ne vais pas lancer un appel au boycott. En off si, ça va de soi, mais ça ça fait un sacré bail... Après, vous pouvez penser qu'on s'en branle de savoir que tout un catalogue est en train d'être assassiné, que la poésie expé va pas changer le monde, et qu'un capitaliste qui a singé le mécenat puisse foutre en l'air huit ans de travail d'un éditeur, c'est pas très important. Mais bon, je dis quand même ce que je veux sur mon site. Et contrairement à ce que certains pensent, le frontal a déjà eu lieu, il a toujours lieu d'ailleurs, parce que je suis une pouffiasse caractérielle. Après, c'est un choix très clair, balancer les histoires d'arrière cuisine. Parce que le lecteur lambda les ignore, et tombe dans le panneau par naïveté. Sur mon blog passent davantage des lecteurs lambdas que des totos de saint germain des prés, ou je ne fous pas franchement les pieds puisque je ne sors vraiment pas de chez moi, et ça c'est pas de la pose, mais la réalité. Ce que je veux, c'est prévenir le lecteur lambda. Les blaireaux cités sont par ailleurs au courant, mais je préfère me les emplâtrer dans mes bouquins ou dans des textes qu'à des cocktails mondains, vu que je ne risque pas de les croiser dans mon salon. Et puis quand un truc m'énerve je le dis, après je force personne à lire ce que je raconte....
Au passage, je vous conseille vraiment le blog de la serveuse automate, si vous ne connaissez pas. Elle sort de nulle part et c'est vraiment très bien.
24. Le lundi 5 juin 2006 à 08:17, par Berlol :
Mille mercis, chère Chloé, parce que JE SUIS un lecteur lambda. J'en connais des qui, à Paris, doivent savoir tout ça, et pluss, mais ils dorment sur leurs deux oreilles et trouvent que c'est la loi du milieu, comme on disait. Moi j'aurais du mal. Mais je n'y suis pas.
25. Le lundi 5 juin 2006 à 08:17, par vinteix :
Petite correction de ma part, apres les propos de CD : c'est vrai que Surya s'est degage de LS. Quant a Chazal, c'est Curnier... et aussi Eric Meunie.
26. Le lundi 5 juin 2006 à 08:22, par vinteix :
Il ne faut appartenir a aucun milieu : je m'en suis personnellement fait une regle de vie.
(Ecrivant (un peu), j'ai bien sur des amis dans ce "milieu"... travaillant comme prof, j'ai bien sur des amis dans ce "milieu"... mais tres peu, surtout dans ce-dernier milieu : tellement de profs betement intelligents... Au final, plein d'autres amis issus de pleins d'autres "milieux")
27. Le lundi 5 juin 2006 à 08:23, par vinteix :
Tout simplement, refus d'appartenir.
28. Le lundi 5 juin 2006 à 08:26, par Berlol :
N'appartiens jamais à personne, n'appartiens jamais, n'appartiens jamais...
29. Le lundi 5 juin 2006 à 08:29, par vinteix :
enfin, le "tout simplement" est loin d'etre simple
30. Le lundi 5 juin 2006 à 08:43, par chloé :
C'est vrai Vinteix, j'ai été injuste de ne pas citer Eric Meunie, c'est un vrai oubli sans excuses.
Berlol : reste au loin tranquille, tu as bien raison. Et lis Tarik Noui, sans déconner, personne n'en parle non plus ce qui est bien dommage (et super énervant quand on voit les papiers accordés à des trucs nazes ces derniers temps) ce type est très très talenteux. Mais je ne sais pas si c'est ta came, c'est très lyrique et assez proche des thématiques de Guyotat, je ne connais pas vraiment tes goûts.
31. Le lundi 5 juin 2006 à 09:30, par Dominique Fromentin :
dont acte, et je retire le mot concierge, c'est plus le processus d'aller y regarder, de retransmettre, que le ton du blog Chloé D auquel le seul reproche que j'aie à faire c'est son irrégularité !
à la librairie de mon quartier il y a une jeune employée qui a fait stage non rémunéré dans cette maison d'édition, se souvient très bien du jour où le directeur l'a envoyée à la poste avec un billet de 500 euros en lui demandant de lui rapporter UN timbre-poste (55 cts) - comme elle hésitait, il lui a bien spécifié que c'était un ordre - quand elle est revenue avec le timbre, il a exigé de voir la monnaie, et puis lui en a fait cadeau : à quoi bon une telle vexation ?
moi aussi je sais faire la concierge, vous voyez
mais je maintiens : le débat, il est dans la revue Lignes "situation de l'édition de la librairie et de l'édition", publiée par le même monsieur, et moi je n'utiliserais jamais le mot "pouffiasse" avec personne, et surtout pas avec Chloé D
elle m'en excusera
32. Le lundi 5 juin 2006 à 11:10, par Bartlebooth :
Berlol, ce n'est pas la première fois que j'ai un problème pour commenter : rien ne s'affiche sinon "Votre commentaire a été envoyé. Il sera en ligne bientôt." mais "bientôt" c'est quand, le jour où la complaisance aura déserté tous les débats littéraires ?
33. Le lundi 5 juin 2006 à 11:25, par k :
merci ARTE
oui combien pour le scan de bessette,
moi aussi j'en veux quoi
34. Le lundi 5 juin 2006 à 11:43, par Bartlebooth :
Je mettrai bientôt en ligne les scans à télécharger, je vous préviendrai.
Amitiés au passage, K.
35. Le lundi 5 juin 2006 à 12:53, par arte :
Merci aussi à Chloé pour l'invitation !
Bartle, tu n'oublies pas la bouteille :p
36. Le lundi 5 juin 2006 à 14:11, par cel :
je peux venir ? (après la franche déculottée que je viens de prendre par vinteix, le minervois de ce soir ne suffit pas)
37. Le lundi 5 juin 2006 à 14:12, par arte :
ben oui, viens, puisque tu es deculottée
38. Le lundi 5 juin 2006 à 14:13, par Bartlebooth :
Bien. Oui, merci public. J'amène la mignonette.
39. Le lundi 5 juin 2006 à 14:16, par arte :
J'ai peur du MERZU :((
40. Le lundi 5 juin 2006 à 14:16, par Bartlebooth :
Faudrait passer une annonce libé pour le type du salon du livre
41. Le lundi 5 juin 2006 à 14:17, par cel :
y va pas te mangé, il a déjà avalé toute la muzak
42. Le lundi 5 juin 2006 à 14:18, par arte :
avec l'égérie et la Muse de Harris ??? :o
43. Le lundi 5 juin 2006 à 14:18, par cel :
je parlais de Merzu, mais je l'ai aussi croisé au salon y'a deux ans
44. Le lundi 5 juin 2006 à 14:19, par arte :
Cel, c'est un jeu de mot avec Buse hein ! :|
45. Le lundi 5 juin 2006 à 14:20, par cel :
il avait une buse de Harris au poignet (y paraît)
46. Le lundi 5 juin 2006 à 14:21, par cel :
ah j'ai vu juste
47. Le lundi 5 juin 2006 à 14:22, par Bartlebooth :
Berlol, réveille-toi !!!! Par la force de Merzu, réveille-toi, ils font rien qu'à polluer nocturnement ton blog !!! (pour rester dans tes obsessions du moment)
48. Le lundi 5 juin 2006 à 14:22, par arte :
Tu tiens un salon de coiffure ??? :o
49. Le lundi 5 juin 2006 à 14:23, par arte :
ben on a le droit de commenter plus quand on met moins de mots que les grands hein !
50. Le lundi 5 juin 2006 à 14:26, par Bartlebooth :
bon, on revient avec des NOUILLES, quitte ou double !
51. Le lundi 5 juin 2006 à 14:30, par cel :
et plutôt deux fois qu'une
52. Le lundi 5 juin 2006 à 14:37, par arte :
Tu veux la recette des crevettes a l'orange ?
53. Le lundi 5 juin 2006 à 14:38, par Bartlebooth :
pour mettre dans un bouquin ?
54. Le lundi 5 juin 2006 à 14:39, par Bartlebooth :
ou pour valider le système de Greimas ? (soyons beaux)
55. Le lundi 5 juin 2006 à 14:39, par arte :
ben oui, je suis écrivain de livres de recettes de crevettes à l'orange
56. Le lundi 5 juin 2006 à 14:40, par cel :
plutôt néo-moderne ou post-cuisine ?
57. Le lundi 5 juin 2006 à 14:42, par arte :
oui bon A.J. Greimas et l'Ecole de Paris ont réalisé une synthèse cohérente d'apports très différents mais tous fondés sur le binarisme en linguistique, sociologie et ethnologie. Leur méthode est une référence obligée pour tout ce qui concerne les textes narratifs. Cependant j'émets des réserves quant à sa validité pour les autres types de textes et des doutes pour tout ce qui touche aux phénomènes sémiotiques non-linguistiques.
voila voila !
58. Le lundi 5 juin 2006 à 14:49, par arte :
bon, et maintenant, si on s'enculait ?
59. Le lundi 5 juin 2006 à 14:49, par Bartlebooth :
et si on enculait les phénomènes sémiotiques ?
60. Le lundi 5 juin 2006 à 14:50, par arte :
tout sauf les MERZU qui avale !!!
61. Le lundi 5 juin 2006 à 14:50, par Berlol :
C'est trop la fête du slip, comme dirait Chloé !
(Attention, je suis réveillé... mais j'ai à faire...)
62. Le lundi 5 juin 2006 à 14:52, par Bartlebooth :
ça me rappelle Greg Lemond qui avait battu Laurent Fignon de 8 secondes, j'ai jamais autant jubilé
63. Le lundi 5 juin 2006 à 14:52, par cel :
ah berlol enfin (on n'était pas assez de trois pour enculer tous les phénomènes)
64. Le lundi 5 juin 2006 à 14:54, par arte :
Bon, soyons sérieux, qu'est ce que vous pensez des cailloux ?
65. Le lundi 5 juin 2006 à 14:56, par Bartlebooth :
Les cailloux, les fossiles, les galets
Sont pas fous, n’ont pas de pistolets
Le mois d’août les fait rigoler :
Jeux de boue, jokari, volley.
Les cailloux roulent sous les pieds,
Les genoux, il faut s’en méfier
Les cailloux roulent sans crier
Dans les trous où ils n’ont pas pieds
66. Le lundi 5 juin 2006 à 15:00, par arte :
on est a combien la ?
67. Le lundi 5 juin 2006 à 15:00, par cel :
de cailloux
68. Le lundi 5 juin 2006 à 15:01, par Bartlebooth :
on est trois, on disait qu'on était invités à ramener une bouteille quelque part
69. Le lundi 5 juin 2006 à 15:02, par arte :
moi j'offre un canapé pour chat, Jaune !
70. Le lundi 5 juin 2006 à 15:02, par arte :
le canapé hein, pas le chat...
71. Le lundi 5 juin 2006 à 15:02, par cel :
Alain sevestre il vient plus ?
72. Le lundi 5 juin 2006 à 15:04, par cel :
(l'auteur du Slip, la fête du slip - si si ça se tient)
73. Le lundi 5 juin 2006 à 15:05, par Bartlebooth :
tiens, alain, encore un qu'on avait invité et qui a fait comme si de rien n'était :d
74. Le lundi 5 juin 2006 à 15:06, par k :
moi va me couché peu plus boire ni fummer ni manger après minuit sinon....................gare
vous bises vous là tous
75. Le lundi 5 juin 2006 à 15:07, par cel :
on fait peur avec toutes ces mauvaises manières
76. Le lundi 5 juin 2006 à 15:08, par cel :
(k., bises en passant, et tout ce qu'on peut te souhaiter de bon pour demain et la suite)
77. Le lundi 5 juin 2006 à 15:09, par arte :
oh ! K. Mais tout le monde est reveillé ???
78. Le lundi 5 juin 2006 à 15:09, par Bartlebooth :
le tumulte n'a jamais fait peur, il est même éditable
79. Le lundi 5 juin 2006 à 15:10, par arte :
bon, le premier arrivé à 100 !!!!!!!!!!
80. Le lundi 5 juin 2006 à 15:10, par k :
non va me coucher debout 5h demain, aujourd'hui j'sais plus, j'espére que vous aurait atteint les 100 à mon retour
ciao
81. Le lundi 5 juin 2006 à 15:12, par Berlol :
Ça, c'est du réticulaire, ou je m'y connais pas. C'est vrai que sur la fin ça barre en nouilles...
82. Le lundi 5 juin 2006 à 15:12, par arte :
Ciao. On pense à toi !
83. Le lundi 5 juin 2006 à 15:12, par arte :
ca c'est parce que personne n'a voulu de mes crevettes a l'orange !!!
84. Le lundi 5 juin 2006 à 15:13, par Bartlebooth :
on vient d'inventer le blogathon
85. Le lundi 5 juin 2006 à 15:15, par cel :
64.233.183.104/search?q=c...
"olivier chevalier est un de ses pilote francais aimant la bringue etfaisant de la course pour la moto, il se battait sans cesse temoin la foto sans carenage"
non non, tu t'es fais avoir du encâblure
86. Le lundi 5 juin 2006 à 15:16, par arte :
Je trouve que "pouffiasse caractérielle" ça n'a rien à voir avec "pouffiasse" tout court.
87. Le lundi 5 juin 2006 à 15:16, par Bartlebooth :
merdle le blogathlon existe déjà
88. Le lundi 5 juin 2006 à 15:16, par cel :
avec un t (et un de plus)
89. Le lundi 5 juin 2006 à 15:19, par cel :
à choisir et pour garder la forme, êtes-vous plutôt blogathlon ou sudavélo ?
90. Le lundi 5 juin 2006 à 15:20, par Bartlebooth :
sans hésiter, le blogathlon, pour l'interactivité
91. Le lundi 5 juin 2006 à 15:21, par cel :
et le réticule ne s'en porte que mieux !
92. Le lundi 5 juin 2006 à 15:21, par arte :
n'empèche, pouffiasse caractérielle ça en dit long sur celui qui n'a plus rien à dire pour se défendre. Il en rajoute.
Je sais pas moi, pouffiasse, ou caractérielle, passe !
Chloé, c'est qui qui vous a traitée de pouffiasse caractérielle ?
93. Le lundi 5 juin 2006 à 15:21, par Bartlebooth :
et on se sent tellement plus postmoderne, comme au premier jour
94. Le lundi 5 juin 2006 à 15:22, par arte :
(peut-être elle ne dort pas, hein !)
95. Le lundi 5 juin 2006 à 15:23, par cel :
(arte, tu meubles)
96. Le lundi 5 juin 2006 à 15:24, par arte :
oui
97. Le lundi 5 juin 2006 à 15:24, par Bartlebooth :
berlol devrait l'embaucher pour modérer le blogathlon
98. Le lundi 5 juin 2006 à 15:25, par arte :
Tu peux m'appeler Anton (Tchékhov).
99. Le lundi 5 juin 2006 à 15:26, par cel :
je te dis pas à quoi ressemblerait le compte-rendu hebdomadaire (on peut pas lui imposer ça)
100. Le lundi 5 juin 2006 à 15:26, par Bartlebooth :
Appelle-moi Blogathlon (Uqbar) et réticule-moi maintenant, je n'en peux plus.
101. Le lundi 5 juin 2006 à 15:26, par cel :
mince, je te prenais pour sergeï (prokofiev)
102. Le lundi 5 juin 2006 à 15:26, par arte :
99
103. Le lundi 5 juin 2006 à 15:27, par cel :
102 :))
104. Le lundi 5 juin 2006 à 15:27, par arte :
et 100 euhhhhhhh
105. Le lundi 5 juin 2006 à 15:27, par Bartlebooth :
BRAVO CEL !!!!!!!!
106. Le lundi 5 juin 2006 à 15:27, par arte :
Ah Merdummmmmmmmmmmm raté
107. Le lundi 5 juin 2006 à 15:27, par Berlol :
Berlol, i va prendre son petit déjeuner après avoir préparé sa valise...
108. Le lundi 5 juin 2006 à 15:28, par Bartlebooth :
Tu fais très Fignon, là, Arte :))
109. Le lundi 5 juin 2006 à 15:28, par arte :
Cel grande vaincrice du Berlothlon 2006 ...
clap clap clap Smackkk DODO !
110. Le lundi 5 juin 2006 à 15:29, par Bartlebooth :
Bon, séance massage maintenant
111. Le lundi 5 juin 2006 à 15:29, par cel :
(on espère qu'i est pas fâché)
112. Le lundi 5 juin 2006 à 15:30, par arte :
Berlol il prend son petit dejeuner à 15h30 (???)
113. Le lundi 5 juin 2006 à 15:56, par Berlol :
Heure de Los Angeles à Tokyo... Trop compliqué ?
114. Le lundi 5 juin 2006 à 20:43, par Sophie :
Au terme d’une nuit blanche très animée, avertie par un ami de ce débat autour des éditions Léo Scheer, avant de dormir un peu, je suis venue jeter un oeil ici, un oeil d’autant plus curieux que j’ai eu l’occasion de croiser ce vilain Monsieur Scheer et que j’aurais bien des saloperies à balancer, moi aussi, mais Chloé Delaume a largement dit l’essentiel. Ce qui m’étonne un peu, c’est que le débat, très intéressant au début et relancé dans des directions différentes par certains intervenants, ait pris cette tournure finale. Je sais bien que trop sérieux n’est pas sérieux et je comprends qu’on s’amuse bien aussi à dire n’importe quoi : « la fête du slip », disait Monsieur Berlol. Mais ce qui m’étonne encore plus, c’est le temps à perdre ainsi face à l’écran. Bien sûr, chacun fait ce qu’il veut, mais, quitte à boire une bouteille ou plus (ce que nous avons fait ce soir entre amis) ne vaut-il pas mieux à cette heure-ci la partager avec quelqu’un en chair et en os, le sentir, le toucher. Ce genre de communication me surprend un peu, et quitte aussi à « s’enculer », comme le suggérait un des animateurs de la rigolade, je préfère le réel aux guillemets du virtuel. Au passage, la suggestion virtuelle et répétée ne serait-elle pas le symptôme de quelque frustration ? Enfin, là-dessus (oh pardon !) aussi, chacun fait ce qu’il veut. Petite déception donc, sans gravité, au revoir.
115. Le lundi 5 juin 2006 à 20:53, par Berlol :
De fait, je vais tenter d'analyser ça bientôt. Merci, Sophie, de votre point de vue perçant. Ceci dit, c'est sur la longueur que ces choses-là s'apprécient : vous avez devant vous deux ans et demi de JLR avec quelques fils rouges (et de quelques autres couleurs) qui courent et qui nécessitent du temps de lecture, des billets comme des commentaires. Je vous fais le coup de l'iceberg, avec la surface (de ce jour) et la profondeur (des bientôt mille autres), mais il y a l'index et le moteur de recherche... si on veut s'en donner la peine.
Profitons de la synthèse de Sophie pour lancer l'idée d'une rencontre des lecteurs du JLR, sans doute à Paris, fin août-début septembre, peut-être, ou en mars prochain... Je ne sais pas si l'on ira jusqu'au bout du programme d'Arte mais on peut toujours apporter à boire et à manger. Que ceux qui se retrouveront déjà chez CD en profitent pour en discuter. Félicitations, Chloé !
116. Le lundi 5 juin 2006 à 22:38, par alain :
si
je viens encore
mais je rencontrai quelques problèmes d'ajournement des commentaires (comme Bartlebooth) et pensant aussitôt à quelque exclusion, je lus tous ces jours sans rien dire.
117. Le lundi 5 juin 2006 à 23:09, par Berlol :
Alain ! de l'exclusion ! comment serait-ce possible ? moi vivant, non !
Je crois que le serveur a des petits problèmes de temps en temps... ça m'arrive aussi d'avoir des difficultés à accéder au site en tant que gestionnaire...
Content de te lire, en tout cas !
118. Le lundi 5 juin 2006 à 23:59, par arte :
Sophie, que savez-vous en fait ? Que savez-vous ?
Tiens : puisque vous préférez le reel, ne vous méprenez pas sur la virtualité de la proposition : je vous encule quand vous voulez ! (avec option de dédit selon compatibilité Verge / Anus après contrôle visuel).
C'est bon là ? L'homme est dans la case idoïne ?
119. Le mardi 6 juin 2006 à 00:06, par Bartlebooth :
Y en a qu'ont une drôle de notion du temps perdu : une heure de commentaires en s'avalant une bouteille et un bon repas, sans raconter le reste. Alors qu'une nuit blanche, c'est bien connu, c'est du temps de sommeil définitivement perdu.
120. Le mardi 6 juin 2006 à 00:58, par Berlol :
Calmos... soyez gentils avec les nouveaux et les nouvelles... Et puis Sophie, c'est la sagesse, c'est bien connu... Ceci dit, je n'ai pas souvenir que des nuits passées à picoler avec des gens "en présentiel" aient fait avancer un débat plus loin que nous cette "nuit"... Mais bon, je peux me tromper, et puis je n'en ai pas vécu tant que ça...
121. Le mardi 6 juin 2006 à 01:13, par Sophie :
"en présentiel" ? quel vilain mot ! Pour moi, aucun débat virtuel (d'ailleurs, si débat il y avait au début, j'ai du mal à le voir à la fin) ne vaudra jamais la convivialité d'une présence physique, incarnée, avec ou sans débat, incarnation dont l'amitié a besoin.
Et les derniers commentaires ont-ils vraiment "fait avancer le débat" ???? Dans la cour de récréation peut-être. Aucune réunion nocturne n'aurait fait avancer le débat plus loin que VOUS cette "nuit" !!!! Alors là, vous y allez un peu fort, non ? Ou bien, vos nuits ont manqué de riches heures.
122. Le mardi 6 juin 2006 à 01:16, par Sophie :
"en présentiel" ? quel vilain mot ! Pour moi, aucun débat virtuel (d'ailleurs, si débat il y avait au début, j'ai du mal à le voir à la fin) ne vaudra jamais la convivialité d'une présence physique, incarnée, avec ou sans débat, incarnation dont l'amitié a besoin.
Et les derniers commentaires ont-ils vraiment "fait avancer le débat" ???? Dans la cour de récréation peut-être. Aucune réunion nocturne n'aurait fait avancer le débat plus loin que VOUS cette "nuit" !!!! Alors là, vous y allez un peu fort, non ? Ou bien, vos nuits ont manqué de riches heures.
123. Le mardi 6 juin 2006 à 01:23, par vinteix :
Oh là ! y'a d'la joie, ici ! Ceci dit, le présent "débat" ne m'intéresse guère... juste une chose, en passant: si, Berlol, des nuits blanches passées à picoler ou pas ou peu ou beaucoup ont parfois fait avancer beaucoup de choses, germes de pas mal de poèmes, notamment, non ?
du côté des surréalistes par exemple, et ceux du "Grand Jeu" (à ce propos, relire la fameuse "Grande Beuverie" de Daumal), et Bataille, etc.
124. Le mardi 6 juin 2006 à 01:26, par vinteix :
En tout cas, du coup, la référence au sperme dans le billet d'hier reste sans écho, alors que...
125. Le mardi 6 juin 2006 à 02:01, par Dominique Fromentin :
le démolisseur sexiste assermenté de ce blog héritier des "salons littéraires" n'a pas pu s'empêcher d'occuper une place inversement symétrique à ce qu'il a à dire
126. Le mardi 6 juin 2006 à 02:44, par arte :
Sophie vous ne répondez pas aux propositions concrètes !
127. Le mardi 6 juin 2006 à 02:50, par Berlol :
"En présentiel" était exprès entre guillemets pour faire vilain. C'est du langage FLE... Mais voyez, Sophie, vous êtes quand même passée à coté... Et Vinteix qui me sort des exceptions. Oui, il y a ceux-là et il y en a encore des comme ça, quelque part je ne sais pas où, mais 99,9% des soirées entre potes ou collègues ne volent pas au-dessus des 35 premiers commentaires, après c'est à peu près au niveau normal. Et puis on s'est promis des scans de Bessette...
Pour le sperme, je remettrai ça sur le tapis...
128. Le mardi 6 juin 2006 à 03:21, par Sophie :
Le langage FLE, encore un truc de prof, non ? désolé, c'est pas mon truc. Qaunt à vos propositions, Arte, vu comment vous me parlez, je vous laisse à la virtualité jouissive et potache de vos jactances et fantasmes. Sur ce, atterrie ici par hasard, je m'en vais aussitôt, définitivement.
129. Le mardi 6 juin 2006 à 03:28, par arte :
et puis on a invité Chloé, venue dare-dare-sympa, puis DF et V ont dit des trucs puis on a fait d'autres trucs, mais off, puis on a lu nos blogs, on s'est dit des trucs "riches" en off, puis on a fait d'autres trucs off encore, puis hop, on s'est dit tiens si on allait jouer chez berlol, puis on a joué chez Berlol, puis le teléphone a sonné, puis on s'est dit à 100 on arrête, puis on a souhaité plein de choses à K., puis on est arrivé à 100, et Berlol a pris son petit-déjeuner, puis on est allé faire des trucs off, au lit, donc cochons (lire ...), puis on a fait le dodo, puis eveil, douche, café, puis des trucs off, puis tiens si on allait voir ce qu'on a raconté comme conneries hier soir, ET LA, REVELATION :

LES NUITS DE SOPHIE SONT PLUS BELLES NUITS QUE NOS NUITS !
La petite veinarde, elle a passé une nuit blanche "de riches heures" plus mieux que nous ! Là on se dit : Sophie, vous donnez envie d'être connue
130. Le mardi 6 juin 2006 à 03:31, par Berlol :
Dommage, dommage, Sophie... A se demander si vous ne saviez pas à l'avance ce que vous vouliez trouver... Et que vous trouvez bien que ça n'y soit pas. Vous aviez des choses à dire que vous n'avez pas dites. Vous étiez mieux avec vos amis, etc. Vous êtes bien plus perverse parasite que mes potaches abonnés, en fait... Et ce mépris que vous semblez mettre dans "encore un truc de prof, non ?"... Décidément, je vous salue.
131. Le mardi 6 juin 2006 à 04:36, par vinteix :
Certain que ce que j'ai dit précédemment constitue l'exception (assez travaillé par la notion d'hétérogène en ce moment...); certain aussi que de telles nuits, ce n'est pas avec des collègues (profs) que j'aurai pu en vivre... plutôt dans quelque milieu disons "artiste", pour aller vite... mais rien d'exclusif ni de certain en l'occurrence... de plus, oui bien sûr, c'est l'exception... la plupart du temps, c'est plutôt dans la franche rigolade de la deuxième partie de la soirée d'hier. J'ai dit surtout cela par rapport à l'exclusion pensée-alcool que tes propos semblaient suggérer, mais je me suis peut-être tromper...
Ceci dit, en toute amitié, c'est-à-dire bien sûr en toute cruauté (car je ne suis pas là pour faire du lèche-cul, à qui que ce soit), je trouve que vous avez été légèrement injustes avec Sophie, car son incipit, certes entâché par un peu de mépris à la fin, n'était-il pas pour saluer la hauteur du débat initial ?
et parlant de ses nuits et de présence charnelle, je n'y ai pas du dédain et pense qu'elle voulait dire autre chose que d'éventuels jeux érotiques, même si elle a un peu taquiné le goujon... cela m'a en tout cas fait penser à la nature érotique du lien qui unit les hommes et au sentiment de continuité entre les êtres - et naturellement à Bataille que je me permets de citer à la fin. Bien sûr, il y a aussi le silencieux dialogue à travers les mots (écrits), - essentiel pour nous, même si je me demande parfois si je ne serais pas prêt à lâcher les livres pour l'amitié... en tout cas, pour l'amour, je crois que je suis à peu près certain - et une politique de l'amitié ne saurait exister sans une certaine entente au niveau du langage ET une hospitalité inscrite dans ce langage : comment accueillir la singularité de l'autre. Je voulais simplement dire que parfois cela rate dans le cadre du "salon réticulaire", comme bien sûr dans la vie courante !
"Ceci pourrait être fortement exprimé et clairement retenu : que la vérité n'est pas là où des hommes se considèrent isolément : elle commence avec les conversations, les rires partagés, l'amitié, l'érotisme et n'a lieu qu'en passant de l'un à l'autre. Je hais l'image de l'être se liant à l'isolement. Je ris du solitaire prétendant réfléchir le monde. Il ne peut pas le réfléchir, parce qu'étant lui-même le centre de la réflexion, il cesse d'être à la mesure de ce qui n'a pas de centre. J'imagine que le monde ne ressemble à aucun être séparé et se fermant, mais à ce qui passe de l'un à l'autre quand nous rions, quand nous nous aimons : l'imaginant, l'immensité m'est ouverte et je me perds en elle.
Peu importe alors moi-même et, réciproquement, peu m'importe une présence étrangère à moi."
G.B., "Le coupable", OC V, p.282
132. Le mardi 6 juin 2006 à 08:52, par arte :
Vous travaillez l'hétérogène ? Je me souviens d'une phrase de Deleuze et Guattari dans Rhizome (de mémoire) : "l'ordre n'apparait jamais, dans une multiplicité, que lorsque se produit une prise de pouvoir du signifiant, ou un procès correspondant de subjectivation."
Sophie peut-être venait "chercher" du sens, en a trouvé une part, (la sienne propre, selon ce qui fait sens pour elle), mais aussi le désordre.
Et alors ? Elle aurait pu avoir cette ouverture au monde, dont parle Bataille, assez en tous cas pour voir que ce sont les mêmes qui contactent (et pour certains, connaissent) C D pour l'inviter à prendre part au débat, et pourraient débattre longtemps sur le sujet, que ceux qui ensuite, peut-être parce qu'ils ne se prennent jamais au sérieux, se mettent à déconner.
Et là il y a subjectivation.
"On ne peut pas passer son temps dans l'Otium" comme dirait Stiegler.
Pourquoi donc ? peut-être parce que la singularité de l'autre (thème qui je crois nous préoccupe tous dans ces temps d'individualisme) n'est pas univoque. Elle est multiple chez Bataille aussi qui "se dépense jusqu'à toucher la mort à force de beuveries, de nuits blanches et de coucheries" (Le bleu du ciel), où la rencontre de l'autre est un isolement total de soi, écrivant cela 10 ans avant Le Coupable, avec la belle phrase que vous citez : "J'imagine que le monde ne ressemble à aucun être séparé et se fermant, mais à ce qui passe de l'un à l'autre quand nous rions, quand nous nous aimons".
C'est qu'il avait rencontré Diane entre temps, en 43 je crois, et, de là, avait intégré "la chance" dans sa pensée (une rareté, de penser la chance).
Sophie n'a pas eu de chance, elle est tombée ici un soir de rigolade et s'est fermée, parlant de (petite) deception, immédiatement. Elle aurait pu avoir la chance de tomber un des 364 autres jours de l'année où on ne "s'encule" pas, et qui fait se demander à Berlol où sont passés les commentateurs...
Si "une politique de l'amitié ne saurait exister sans une certaine entente au niveau du langage ET une hospitalité inscrite dans ce langage", cette hospitalité ne consiste certainement pas à se mettre au garde à vous dès que l'on frappe à la porte, mais aussi au nouveau venu à "lier" connaissance, éventuellement à découvrir le talent de certains des enculeurs (je ne parle évidemment pas de moi), ou au moins , essayer de ne pas crâner, en mettant entre guillement ce qui ne l'était pas :
"... quitte aussi à « s’enculer », comme le suggérait un des animateurs de la rigolade, je préfère le réel aux guillemets du virtuel."
Grand bien lui fasse !
133. Le mardi 6 juin 2006 à 20:50, par vinteix :
Bien d'accord, c'est d'ailleurs pourquoi je parlais à la fois de cruauté (c'est-à-dire d'absence de complaisance, envers soi d'abord et envers les autres) et d'hospitalité.
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