Regards qui ne se croisent pas
Par Berlol, jeudi 8 juin 2006 à 23:54 :: General :: #291 :: rss
Il a un cheval à la place du cerveau... Témoignage
entendu ce matin à la radio — le dépit total d'un père
sans son enfant. Incendie d'un centre équestre, pas d'équipement
de sécurité, adolescents morts, propriétaire voulant
reconstruire, aucune compassion pour les victimes. Il a ce mot étonnant, le père.
Annonce de pluie. Vents qui feulent plus fort, vrombissent. Ondée entre deux heures et deux heures dix. Tous les étudiants attirés par les fenêtres, électrisés pour les exercices sur les horaires, emplois du temps, temps de transport en commun, heure du lever. Après, pendant le séminaire de cinéma, je ne sais pas s'il pleut, tout est fermé pour avoir le noir relatif et regarder en détail quelques scènes à commenter. Question d'une étudiante sur Les Poupées russes : le mensonge de Xavier à Wendy (allant retrouver Celia à Moscou) est-il accidentel ou prévu (au sens de prémédité) ? On regarde la scène, une scène très courte, toute en jeux de têtes qui se tournent et de regards qui ne se croisent pas, Wendy à l'ordinateur, téléphone portable de Xavier qui sonne à côté d'elle, le prend machinalement pour le passer à Xavier en l'appelant, voit au passage que l'appel vient de Celia, Xavier qui prend le téléphone, voit Wendy concentrée sur l'ordinateur, croit qu'elle n'a pas regardé de qui est l'appel, s'écarte pour répondre, va échaffauder son mensonge — donc accidentel, sans mesurer les conséquences, mais l'accident est, comment dire, fourni par Wendy, qui a vu et n'a rien dit, comme pour tester, laisser venir la pente naturelle d'un garçon qui n'est pas encore fixé...
J'ajoute la minute du médiologue : ce téléphone portable, c'est celui que Xavier utilise en France et en Angleterre, qui fonctionne à Saint-Pétersbourg, je ne sais pas si c'est vrai, mais pas étonnant à l'époque de l'interconnexion des réseaux. Donc scène impossible deux ou trois ans plus tôt.
Puis souvenir d'autres déboires téléphoniques de Wendy, dans L'Auberge espagnole, quand la mère de Xavier appelait à Barcelone, et demandait à Wendy si Xavier était à la fac, Wendy courroucée parce qu'elle entendait la fuck... Mais pourquoi est-elle la seule, dans ces deux films, à ne pas parler de langue étrangère ?
Test de mise en ligne publique des archives de Litor de 1999...
Puis sport, d'abord pour passer entre les ondées. Mais qu'est-ce que ça sent bon ! Sudavélo pour Volodine suite, à citer un autre jour.
Je ne sais pas pourquoi — conférenciers et colloquants doivent avoir un instinct grégaire — il y a parfois de ces paquets de dates concentrées et superposées à vous donner des envies d'ubiquité. Là, c'est la mi-juin qui s'annonce chargée et peut-être que je n'en verrai rien, mais je peux tout de même annoncer...
D'abord des interventions et conférences de Philippe Artières : vendredi 16 juin, 18h (heure à confirmer), Pratiques autobiographiques, à l'université Waseda, faculté des Lettres ; samedi 17 juin à 14h à l’IFJT, Du plomb dans les ailes — la violence politique contestataire. Japon France Italie (journée d'études, 14h-20h); lundi 19 juin à 18h à la MFJ : Les mouvements contestataires des années 1980-1990 ; mardi 20 juin, 17h-19h, table ronde Foucault et l'usage foucaldien au Japon, université Keio, campus d'Hiyoshi ; mercredi 21 juin, 18 h, conférence L'art du diagnostic. Foucault et l'actualité, université de Tokyo, campus de Komaba, bâtiment 18, 4e étage, salle 3 ; jeudi 22 juin, 17h, conférence Archives de Foucault, université Gakushuin, salle de maîtrise-doctorat du département de Langue et de littérature françaises (570).
Colloque 1968 / 1989 : Transformations de la France et du Japon — Regards croisés, les 21 et 22 juin 2006, Maison Franco-Japonaise de Tokyo, 17h-20h.
En attendant, je vais essayer de lire le troisième Cahier du CERACC, consacré au Lecteur, enjeu de fiction, avec des articles sur Sarraute, Quignard, Bergounioux, des Forêts, Cortàzar et quelques autres. De quoi passer la saison des pluies...
Annonce de pluie. Vents qui feulent plus fort, vrombissent. Ondée entre deux heures et deux heures dix. Tous les étudiants attirés par les fenêtres, électrisés pour les exercices sur les horaires, emplois du temps, temps de transport en commun, heure du lever. Après, pendant le séminaire de cinéma, je ne sais pas s'il pleut, tout est fermé pour avoir le noir relatif et regarder en détail quelques scènes à commenter. Question d'une étudiante sur Les Poupées russes : le mensonge de Xavier à Wendy (allant retrouver Celia à Moscou) est-il accidentel ou prévu (au sens de prémédité) ? On regarde la scène, une scène très courte, toute en jeux de têtes qui se tournent et de regards qui ne se croisent pas, Wendy à l'ordinateur, téléphone portable de Xavier qui sonne à côté d'elle, le prend machinalement pour le passer à Xavier en l'appelant, voit au passage que l'appel vient de Celia, Xavier qui prend le téléphone, voit Wendy concentrée sur l'ordinateur, croit qu'elle n'a pas regardé de qui est l'appel, s'écarte pour répondre, va échaffauder son mensonge — donc accidentel, sans mesurer les conséquences, mais l'accident est, comment dire, fourni par Wendy, qui a vu et n'a rien dit, comme pour tester, laisser venir la pente naturelle d'un garçon qui n'est pas encore fixé...
J'ajoute la minute du médiologue : ce téléphone portable, c'est celui que Xavier utilise en France et en Angleterre, qui fonctionne à Saint-Pétersbourg, je ne sais pas si c'est vrai, mais pas étonnant à l'époque de l'interconnexion des réseaux. Donc scène impossible deux ou trois ans plus tôt.
Puis souvenir d'autres déboires téléphoniques de Wendy, dans L'Auberge espagnole, quand la mère de Xavier appelait à Barcelone, et demandait à Wendy si Xavier était à la fac, Wendy courroucée parce qu'elle entendait la fuck... Mais pourquoi est-elle la seule, dans ces deux films, à ne pas parler de langue étrangère ?
Test de mise en ligne publique des archives de Litor de 1999...
Puis sport, d'abord pour passer entre les ondées. Mais qu'est-ce que ça sent bon ! Sudavélo pour Volodine suite, à citer un autre jour.
Je ne sais pas pourquoi — conférenciers et colloquants doivent avoir un instinct grégaire — il y a parfois de ces paquets de dates concentrées et superposées à vous donner des envies d'ubiquité. Là, c'est la mi-juin qui s'annonce chargée et peut-être que je n'en verrai rien, mais je peux tout de même annoncer...
D'abord des interventions et conférences de Philippe Artières : vendredi 16 juin, 18h (heure à confirmer), Pratiques autobiographiques, à l'université Waseda, faculté des Lettres ; samedi 17 juin à 14h à l’IFJT, Du plomb dans les ailes — la violence politique contestataire. Japon France Italie (journée d'études, 14h-20h); lundi 19 juin à 18h à la MFJ : Les mouvements contestataires des années 1980-1990 ; mardi 20 juin, 17h-19h, table ronde Foucault et l'usage foucaldien au Japon, université Keio, campus d'Hiyoshi ; mercredi 21 juin, 18 h, conférence L'art du diagnostic. Foucault et l'actualité, université de Tokyo, campus de Komaba, bâtiment 18, 4e étage, salle 3 ; jeudi 22 juin, 17h, conférence Archives de Foucault, université Gakushuin, salle de maîtrise-doctorat du département de Langue et de littérature françaises (570).
Colloque 1968 / 1989 : Transformations de la France et du Japon — Regards croisés, les 21 et 22 juin 2006, Maison Franco-Japonaise de Tokyo, 17h-20h.
En attendant, je vais essayer de lire le troisième Cahier du CERACC, consacré au Lecteur, enjeu de fiction, avec des articles sur Sarraute, Quignard, Bergounioux, des Forêts, Cortàzar et quelques autres. De quoi passer la saison des pluies...
Commentaires
1. Le jeudi 8 juin 2006 à 09:26, par brigetoun :
assez fascinant de voir notre vie ou du moins notre période devenir l'objet de colloques - surtout avec un tel regroupement, parce que les thèmes se répondent un peu non ?
2. Le jeudi 8 juin 2006 à 12:21, par arte :
Vivement le prochain James Bond ...
3. Le jeudi 8 juin 2006 à 17:06, par k :
oui, enfin on commence à vous connaitre
il faut lire,
"vivement la prochaine james bond Girl.............."
4. Le jeudi 8 juin 2006 à 17:49, par Berlol :
D'ailleurs Wendy (Kelly Reilly) serait très bien en James Bond Girl...
5. Le jeudi 8 juin 2006 à 21:40, par arte :
... K. , Mais nonnnnnnnn : c'est R Duris qui doit faire le méchant !
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