J'avais du retard. Je lis Antoine Emaz chez Remue.net... Maintenant, j'ai de l'avance. La pluie crépite. Ce matin, ni sport ni balcon. Quelques pages de Beckett, avant la prise de notes ce soir. L'homme le plus sérieux, le plus lucide, n'est pas sans facéties.

« [...] j'appris que Condom est arrosé par la Baïse.» (Molloy, p. 191)

Malgré tous les trolls du monde, l'interconnexion des connaissances progresse — comme un cerveau géant, à l'échelle de la planète, qui s'engendrerait dans un désordre parfait, ce n'est pas nouveau, et dont certaines cellules, trop mal ou trop bien élevées, seraient en proie à croire à leur liberté individuelle.

Via Affordance.Info, site de cartographie des cours et conférences en ligne (c'est comme ça que je traduis academic podcast mashup, à défaut d'entente sur une télépédagographie...). Encore très peu de choses en français, mais... ça nous donne de belles occasions d'améliorer notre anglais. Ceci dit, j'écris déjà beaucoup en anglais, si j'en juge par cette requête trouvée ce matin dans mes statistiques... Ce qui veut dire, si le traducteur automatique ne travaille pas trop mal (moi, je n'y suis pour rien), la possibilité d'apprendre l'anglais par moi-même, ou autrement dit d'apprendre mon propre anglais... Je ne sais pas si tout le monde mesure bien la portée de cela.
On vérifiera des sens uniques avec Answers, léger et pratique, quand parfois avec le TLF les étudiants tournent en rond sans trouver de sortie textuelle (utile pour ceux qui commencent à lire la presse française).

La pluie s'est arrêtée. Avec David, entre deux bouchées hambourgeoises, j'imagine un appareillage entre deux personnes de langue différente, connecté à des ressources internet, qui reçoit la parole dans une langue, la transcode pour la faire traduire puis la réencode vocalement pour la donner à entendre dans l'instant — les trois technologies impliquées existent, je crois. « Mais ce n'est pas arrivé à ce point de mon récit que je vais me lancer dans la littérature.» (Molloy, p. 206) — pensé-je en arrivant en bougé sur Ginza.
En tout cas, pas avec un site qui se prétend la web TV du monde littéraire... Toujours cette confusion stérilisante, ce brouillage volontaire et servile entre livre, texte et littérature.

Alors que pendant ce temps-là, en Avignon, la recherche du dôme de Claude Simon continue...