Réveils poisseux et multiples avec et sans oreillers au gré de maux de tête réels et imaginaires... On dirait du Volodine, sauf qu'il n'y a pas de souvenirs de rêves... Lever à 7h pour faire du thé au jasmin et commencer mon billet. En une heure, les deux sont torchés — je veux dire, les maux de tête, grâce au thé, et le JLR d'hier.
Ai tout de même annulé le ping-pong, par précaution. Et aussi parce qu'il y aura squash ce soir. Pour évacuer ses toxines, T. va, elle, au centre de sport d'Iidabashi — pour transpirer, dit-elle. Avec un parapluie. Elle reviendra pour le déjeuner — que des légumes, dit-elle. Et des fruits, ajouté-je.
Aucun relief atmosphérique, de la pluie descend d'un couvercle uniforme gris plomb. On dirait une autre planète. Je vais faire des courses, légumes et fruits, au supermarché Hanamasa. Tout est calme.

A voté.
Je m'étais inscrit pour voter électroniquement au scrutin de l'Assemblée des Français de l'Étranger. Ça a été compliqué. Il fallait d'abord m'inscrire pour ce choix, de voter par ordinateur. Ensuite quelques jours plus tard, ayant reçu un courrier postal, que je m'inscrive pour le vote. Enfin, quelques jours plus tard, après clôture de la liste électorale et avant le 12 juin, que je vote proprement dit, avec une fenêtre d'identification mêlant éléments reçus par la poste, éléments reçus par courriel et état-civil, puis une fenêtre de vote avec choix de la liste et un autre code secret, le bulletin électronique étant alors encrypté et envoyé au bureau de vote. Ouf !

Thomas a un abonnement de sport valable seulement le dimanche de 19h30 à 22h. C'est spécial.
Partons donc en métro pour Shinjuku, nous changeons et allons à l'échauffement, dans la salle des machines, où Christine est déjà aux commandes d'un appareil de marches montantes, petit chignon haut, belle rougeur aux joues. Je fais des étirements, puis du tapis roulant pour accélérer la respiration. À 19h40, entrons dans le court de squash.
Dès ce moment, c'est l'enfer. Course, extension, frappe, recul, rotation, frappe, saut, freinage et blocage mur, amorties, combinaison de murs, gestes cent fois répétés dans tous les sens, quelques écrasements contre les murs, quelques bois, et vite la sueur, qui coule et pique les yeux, le souffle qui manque, les commentaires échangés à mots abrégés, sourire toujours, fair play même. Oui, on s'amuse beaucoup. Comme ça faisait longtemps que je n'avais pas joué, je me fais battre une première fois 15-3. Trop d'erreurs de position. Christine passe, elle va au massage, la veinarde. Dans la seconde manche, je tiens tête jusqu'à 13-10, ayant bien récupéré le mouvement de poignet et mieux contrôlé mes déplacements, mais Thomas, plus léger, revient à la marque et finit, en beauté. Tel que ça progresse, la prochaine fois, je gagnerai... On va tout de même revoir le réglement.
Après la douche et le bain chaud, aucune difficulté à entrer dans le bain froid, et à y rester, devisant tous deux du dîner de la veille — jusqu'à ce que de froid la tête me tourne... Un peu comme il faut arrêter la cuisson des écrevisses pakistanaises en les plongeant dans de l'eau avec des glaçons.

Après le retour à la maison et le dîner (salade tomates, concombre, persil, pamplemousse et miettes de thon), une petite heure de lecture.
« J'avais envie de revoir les diapositives qui illustraient ce qui m'avait hanté avant ma mort. À tout moment aussi mon vocabulaire s'appauvrissait, et je tenais à rentrer en contact, au plus vite, avec les listes de mots compilées par le dentiste.» (Antoine Volodine, Le Nom des singes, p. 123)
« Tout bien considéré, les fusillades de Mapiaupi n'étaient pas pour moi un si mauvais souvenir. Elles m'avaient permis de quitter le monde en martyr et d'échapper, au bon moment, à la justice du Drapeau. Je n'avais pas envie d'explorer les remords de mes fusilleurs.» (Ibid., p. 134)