Jour sans ciel
dont l'avertie qualité mouille
Que de la nue accablée
pour rincer l'air hagard

Comme hier, je tire de ma banque un cliché de 2003. Du bouillon de nuage s'y contraste tandis qu'on skie. Mon père était en face de moi dans l'attente d'un coup à boire. Nous devisâmes longtemps et la cuisine était bonne. Je me souviens bien des parfums des bords de Marne. Plus tard, dans l'après-midi, je me souviens aussi être allé au cinéma vers Odéon, mais je ne sais plus quel film... Et c'était avant mon hygiène diariste.

À propos de film, remarque d'une étudiante tout à l'heure au séminaire. Dans Les Poupées russes, on voit plusieurs fois le train filer sur Londres en entrant dans le tunnel... de la gauche vers la droite de l'écran — ce qui ne correspond pas à la position géographique des deux pays, disait-elle en substance. Et moi, bonne poire, de lui expliquer que Klapisch avait dû mettre la caméra du côté Nord de la voie... Du point de vue du montage, elle a raison : le plan suivant étant l'arrivée à Londres, le train aurait dû entrer dans le tunnel de la droite vers la gauche.

Sûr que Raymond Devos aurait pu en tirer quelque chose. Quand je remonte aux origines de mon goût des mots, je le trouve, lui et quelques autres, Coluche, Guy Bedos, Sylvie Joly, Jean Yanne, Fernand Raynaud, Poiret et Serrault. Dans les années 70, sur le vieux poste de radio de mon père, la variété sirupeuse m'endormait ou m'indifférait. Ou m'abrutissait, selon la brillante et récente démonstration de Jean-Charles Massera. Mais qu'un sketch commence et j'étais réveillé ; et je continuais, longtemps après, avec des mots qui étaient devenus des trésors de combinatoires. Mieux que dans les livres, où ils sont la plupart du temps pris dans l'axe syntagmatique.

Ai vu quelques images d'Équateur-Costa Rica. Voilà des gens qui savent marquer des buts.