Abeilles, poules, ampoules, et ça va durer
Par Berlol, samedi 17 juin 2006 à 22:44 :: General :: #299 :: rss
Où l'on finit un livre qui se continue longtemps en soi.Nous commençons cette séance ultime sur Molloy par le mélange apéritif des questions que Moran se pose (p. 226-228). Impossible d'y répondre ni de les traiter toutes mais élargir le grand écart entre les questions de casuistique du dogme (« Marie conçut-elle par l'oreille [...] ? »), de pratique (« [...] De quelle main on s'absterge le podex ? »), avant que n'arrivent les puériles et essentielles questions sur soi et ses connaissances (« Nous retrouverions-nous tous au ciel un jour, moi, ma mère, mon fils, sa mère, Youdi, Gaber, Molloy, sa mère, Yerk, Murphy, Watt, Camier et les autres ? », p. 228).
Puis nous détaillons le dernier grand mouvement du livre, celui de la conscience de Moran se transformant en une indicible créature qui erre entre la sainteté et la liberté. Pour la sainteté, il essaie au moins d'y faire croire un paysan qu'il ne peut massacrer, en prétendant aller en ligne droite jusqu'à la madone de Shit. Mentant à l'intérieur de sa fiction (variante du paradoxe du menteur), nous livrerait-il alors une clef de son destin ? Avoir perdu son fils et conservé la mère, dit-il, quand nous savons qu'il a un fils, cela ne veut-il pas dire, à mots couverts, qu'il a perdu son épouse dans l'accouchement ? Terrible drame — mais aussi motif récurrent de toute littérature.
Enfin, « je vais pouvoir conclure » (236) : tout est mort chez lui, abeilles, poules, ampoules, et ça va durer. Son asocialité atteint une sorte de dépouillement jouissif qui, avec des béquilles, le fait ressembler furieusement à Molloy, à l'autre bout du livre, tout près. Écoutant maintenant sa voix pour connaître la voie, il entame son rapport en répétant deux fois : « Je m'en vais.» (C'est assurément de cette répétition-là que partira, 60 ans plus tard, Échenoz.)
Déjeuner avec les participants du cours. J'en connais qui sont soulagés de voir finir cette session, Beckett leur causant bien plus que des soucis linguistiques. Bonne occasion de faire le bilan de ce cours depuis un peu plus de trois ans. Nous avons étudié ensemble (quatre personnes ont suivi toutes les sessions, les autres ont varié) une dizaine d'œuvres et cela fait, ma foi, un beau panorama.
Paris d'Émile Zola, Sido de Colette, Colomba de Prosper Mérimée, La Route des Flandres de Claude Simon, La Mare au diable de George Sand, René Leys de Victor Segalen, La Nausée de Jean-Paul Sartre, Le Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras, Le Colonel Chabert de Balzac et Molloy de Beckett. Prochain rendez-vous, en octobre, avec Poil de carotte — où l'on verra que ce Renard-là, c'est tout sauf un li(è)vre pour enfants !
Après-midi mi-studieuse à écouter des exposés sur les violences politiques, mi-sportive — je sors en catimini et je reviens deux heures plus tard comme si de rien n'était — à pédaler avec T. pour faire une course de l'autre côté du Palais impérial... Je trouve les débats assez poussifs, la communication entre participants français et japonais quasi inexistante et peu sollicitée. Peut-être n'est-ce pas encore le moment ? L'asymétrie ici aussi pèse : entre des Japonais qui connaissent assez bien les études françaises et étudient aussi leur propre passé (comme Karakida Ken'Ichi auteur d'un livre sur 1968 au Japon) et des Français qui ne connaissent pas du tout l'histoire de ces confilts japonais. Souhaitons que ce soit une étape nécessaire dans la prise de conscience de la nécessité d'un rééquilibrage...
Sur ce, je rentre à la maison.
Lors d'une pause, je discutais avec Philippe Artières (ici
à droite de Jean-François Rochard),
qui connaît bien la situation
de l'EHESS
après l'occupation illégale de mars. Mais il ne savait pas que
j'y avais aussi contribué,
par mon modeste commentaire...
Il n'est certes pas contre que des propos du bout du monde s'immiscent dans
le microcosme parigocentriste, mais quand même un peu interloqué
— même si ça ne lui déplaît pas. Pour moi, ce n'est
qu'une variation sur le thème de la mondialisation
de la rentrée littéraire...Vers 21 heures, ayant dîné, une pensée émue me remue car nombre d'amis s'assemblent en ce moment même pour donner voix au poème — mais aussi pour matérialiser (et arroser) des années de tissages webiques. Ici, moins de deux heures plus tard, fatigue ou déprime passagère, je jette l'éponge sur mon clavier sans publier et vais finir Le Nom des singes au lit.
Commentaires
1. Le samedi 17 juin 2006 à 20:40, par k :
bonjour, 5h39 je vais me coucher et ce jeune homme de 18 ans qui pensais que j'avais 28 ans, et qui m'a fait danser. c'est toujours plaisant quand on vient d'en prendre 39
2. Le dimanche 18 juin 2006 à 00:20, par FB :
le vocable shamanique b e r l o l fut dûment évoqué avant les lectures et pendant l'arrosage, en complicité et amitié (d'ailleurs, y avait plus trop de fuseaux horaires de 17h à 23h) - plus quelques internetteurs de connaissance réciproque (cg, oui elle a visage!, ia, pd, ft et bien d'autres)
3. Le dimanche 18 juin 2006 à 00:49, par Berlol :
Merci ! Je ne sais pas si tu m'as envoyé du courrier (ou quelqu'un d'autre)... Depuis ce matin, il y a un problème qui bloque l'accès à ma boîte principale. En cas de nécessité, on peut m'écrire sous mon pseudo (si célèbre...) chez gmail...
4. Le dimanche 18 juin 2006 à 02:06, par FB :
curieux de relire à distance (de temps) ton texte sur rentrée littéraire 2001, étonnement d'ailleurs que tu ne l'aies pas repris dans ton propre site, la plupart des liens étant devenus obsolètes alors que les questions, pas
suis moi-même dans étonnement considérable à découvrir in situ comment de 2 ans en 2 ans les pratiques éditoriales, les repères de temps notamment et les pratiques de présélection se modifient à vue d'oeil, et ce n'est pas rassurant : d'où la si grande nécessité d'activité Internet qui crée d'autres circuits, d'autres procès de validation
le commentaire que tu cites concernant Maulpoix est affligeant, méprisant sur l'homme et faux sur les faits, ça me confirme dans l'idée qu'après t'avoir salué aujourd'hui via ce forum mieux vaut s'abstenir d'entrer dans cette arène où le plus bas semble toujours avoir raison de fait
5. Le dimanche 18 juin 2006 à 06:00, par Bartlebooth :
et Maulpoix, il ne l'est pas affligeant, méprisant et faux sur les faits ?
www.sitaudis.com/Excitati...
6. Le dimanche 18 juin 2006 à 06:11, par FB :
sitaudis a un comportement diffamatoire depuis bien longtemps, d'où mon étonnement à voir PR parler de "droits" concernant les commentateurs, pour cette reprise de sitaudis postée chez lui sous pseudo - ça a pas l'air de s'arranger, la mesquinerie, chez vous, "Bartlebooth" à la courageuse identité
7. Le dimanche 18 juin 2006 à 06:22, par arte :
je n'ose commenter, je vais encore me faire aboyer dessus ...
(je voulais dire que le nuage est très joli... ).
8. Le dimanche 18 juin 2006 à 06:24, par arte :
Altocumulus, dirais-je...
9. Le dimanche 18 juin 2006 à 06:46, par Berlol :
On se calme et on boit frais... Premièrement, j'ai rétabli tous les commentaires bloqués dans le filtre, tous les commentateurs ayant les mêmes "droits", pas plus Aurélie qu'un autre. Deuxièmement, si quelqu'un resuce dans les commentaires un article d'un média ou d'un site que je ne lis pas, je n'ai aucune chance de le savoir, et ce n'est pas un crime. Troisièmement, y a-t-il oui ou non, publiquement, du dissensus entre JM Maulpoix et Brice Petit, et si oui, pourquoi ? (Le cas échéant, il n'y a pas de raison de ne pas en parler ni de "protéger" qui que ce soit...)
Un droit est un droit. Un tort est un tort.
Quatrièmement, je crois que nous n'avons rien à gagner à moraliser le principe de la signature, par exemple en stigmatisant l'anonym@t, car automatiquement c'est l'hyperonym@t qui sera stigmatisé à son tour... Soyons égaux.
Merci pour le nuage, j'ai pris des risques, en pédalant...
10. Le dimanche 18 juin 2006 à 07:12, par arte :
"comportement diffamatoire" "pour "cette reprise" "postée chez lui" : ça me rappelle quelque chose...
Il n'empèche (et j'étais destinataire de l'info du comité de soutien) que c'est ici que je prends connaissance (une fois le filtre anti-S e x contourné) de la position de Brice Petit, après avoir entendu celle de JM Maulpoix sur France Culture, et qui fut une surprise pour moi.
C'est vrai qu'on aimerait savoir si elle est complète, exacte, non tronquée, etc...
Invitons les...
11. Le dimanche 18 juin 2006 à 07:44, par Bartlebooth :
Qu'est-ce que ça peut vous foutre que je signe d'un pseudo ? et quel rapport avec le courage (si c'est avec ce genre de bêtes clichés que vous comptez faire progresser la réflexion sur le domaine littéraire virtuel, c'est mal barré) ? Ca m'étonnerait que vous vouliez vraiment connaître mes nom, prénom, identité. Sinon, c'est facile à savoir.
Quant à la mesquinerie, vous y êtes très Bon, alors vos leçons de morale vous pouvez vous les mettre dans le tumulte.
12. Le dimanche 18 juin 2006 à 07:59, par arte :
13. Le dimanche 18 juin 2006 à 09:32, par cel :
diffamatoire sitaudis ? en tout pour tout sur tout ? FB avez vous lu l'article de Beurard-Valdoye, c'est une lettre ouverte, pas un crachat mesquin, ça s'appuie sur une citation dont il m'étonnerait qu'on ne puisse la retrouver dans le livre de Maulpoix, et sur laquelle il ne parait pas inutile de rebondir. Sitaudis diffamatoire pourquoi ? parce qu'il a osé parfois s'en prendre à vous ou à Remue ? Ce site il ne me semble pas que l'on puisse le qualifier ainsi en bloc, il accueille des contributions, elles sont variées comme leur auteurs. Parait même qu'on y trouve des informations fiables parfois (www.remue.net/article.php...
14. Le dimanche 18 juin 2006 à 11:31, par vinteix :
Finissons-en avec (ce phantasme de ) l'identité, une bonne fois pour toutes !
15. Le dimanche 18 juin 2006 à 13:18, par cg :
mais ... c'est la guerre ici !
à la lecture des premiers commentaires je m'apprétais à répondre à FB combien j'avais apprécié la soirée remue.net
à la lecture des derniers j'ajoute : oui l'identité est un fantasme (et j'aime bien les pseudos moi aussi) alors à quoi bon toutes ces démonstrations de force et ces roulements de mécaniques, comme si la zone commentaires du blog de berlol était un territoire à défendre ...
peut-être le maître de céans utilise-t-il la métaphore des nuages pour nous inviter à passer ici avec davantage de discrétion ... ou peut-être pas ?
16. Le dimanche 18 juin 2006 à 16:15, par Berlol :
Disons-le tout de go, cette gueguerre est inutile et ne fait que démontrer l'immaturité des uns et des autres (moi compris, peut-être bien) devant ces merveilleux outils d'expression et de partage. Que FB défende Maulpoix, c'est son droit, encore faudrait-il qu'il dise pourquoi, précisément. Car en disant "faux sur les faits", et qu'il ne fait que passer, il jette quelque chose dans "l'arène" qu'il a nommée. Ensuite ça déborde du propos pour s'en prendre les uns aux autres... C'est "normal", pourrait-on dire. Mais c'est regrettable. Moi qui ai soutenu la cause de B. Petit, relayée par Maulpoix, j'aimerais bien savoir si quelque chose cloche dans cette affaire. Ensuite, les goûts de Maulpoix en matière de poésie, ça m'indiffère assez. Je les connais déjà et ils ne sont pas les miens, ce n'est pas nouveau. Enfin, l'ouvrage dont il est question dans la lettre publiée par Sitaudis ne m'intéresse guère, je l'ai déjà dit.
Les nuages sont calmes ou tumultueux, mais ils ne sont qu'un effet, un produit des conditions atmosphériques et des matières en présence. Qui accuserait les nuages d'être ce qu'ils sont ? On sait très bien à quoi il faut imputer leur formation. Les hommes sont eux aussi tumultueux. Dès qu'ils ont du pouvoir, quel qu'il soit, ils deviennent le plus souvent partiaux, faisant passer leurs goûts ou leur clan avant l'intérêt général (et je m'inclus dans cette remarque), et cela semble bien être leur nature, quoi qu'on en pense, quoi qu'on veuille en changer. Par conséquent, il n'est pas nécessaire de désigner la zone de commentaires comme quelque chose de spécialement horrible où se produirait l'atridesque, comme aurait dit Claude Simon... alors que l'atridesque (grosse surprise) est en l'homme.
17. Le dimanche 18 juin 2006 à 23:21, par arte :
ATRI-, ATRO-, élément préf.
1er élément de compos. savant signifiant « noir » entrant dans la formation de terme de zool.
18. Le dimanche 18 juin 2006 à 23:28, par Berlol :
Car noirs sont leurs desseins, en effet.
ATRIDESQUE : néol. de Claude Simon, relatif aux péripéties meurtrières et sanglantes des Atrides, descendants d'Atrée, roi légendaire de Mycènes. "De toute façon ça n'avait aucune importance. Le temps n'existe pas. Ni demain, ni hier, ni les hommes qui ne font que naître et mourir, passer : seulement les passions, les éternelles, atridesques et sauvages passions qui errent sans fin à la surface du monde [...]" ("Le Cheval", Les Lettres nouvelles, 57, fév.1958, p.173)
C'est en tout cas la définition que j'ai rédigée en 1993, et que j'ai trouvée citée avec tout le glossaire en fin du document mis en lien ci-dessus.
19. Le lundi 19 juin 2006 à 00:13, par arte :
Yes.
Par contre le nuage n'est-il QU'UN EFFET / UN PRODUIT des conditions atmosphériques etc...?
En un sens, tout ne serait qu'un effet/produit des conditions de son emergence... non ? Sauf que non. Le nuage produit par telle ou telle combinaison de conditions a une existence propre, ce n'est pas un "effet" au sens visuel, mais un objet qui a son petit caractére. Et loin d'être si bien connu que ça, que ce soit dans ses conditions d'emergence, ou de comportement spécifique.
Mais peu importe, il suffit de savoir que le plus gentil est le "mouton" : seul nuage "de beau temps": le joli cumulus d'été...
Tout le reste annonce la pluie !
20. Le lundi 19 juin 2006 à 00:38, par cel :
Oui, d'accord sur "le faux sur les faits", qu'il serait bon d'étayer, il se trouve que le témoignage de Petit est assez convaincant à la lecture, et pas con sur des points vérifiables - ex. la défense de Maulpoix basée sur le fait que son site n'est pas le seul à avoir relayé le texte incriminé, défense qui en soi ne met pas en question son supposé caractère diffamatoire... - sur Francecu l'avocat de Maulpoix la présentait bien en ces termes. Alors on attend, et dans l'attente d'une possible information par FB on ne peut pas dire qu'il y ait eu tant de charges gueguerrières, surtout au vu de l'animosité évidente qui ressortait du début du dé... débat ? échange ? enfin ce qui voudra bien se transformer en échange ou débat pour peu qu'on ne fasse pas que passer semer des avis sans appel. Je ne vois pas d'immaturité là mais je suis sans doute peu idéaliste sur la capacité des nouveaux outils à modifier la donne des échanges, la netétiquette ou éthiquette n'a pas de grand impact sur la toile et je suis presque sûre que pas mal d'internautes récents n'en ont même jamais eu vent - et c'est pas plus mal, c'est vraiment rêver que de croire pouvoir plaquer sur les discours, sous prétexte de nouveauté du média, des façons qui ne tenaient déjà pas ailleurs. La parole véhémente n'est pas un mal, je n'ai même rien contre les trolls (moi compris, peut-être bien :d), je trouve souvent que les reproches concernant le façons de dire sont une vrai entrave aux possibilités de dialogue. Quand on se lassera de répéter "parlez-vous sur un autre ton", on pourra peut-être parler, à défaut de se donner du "mon cher".
Et ceci dit sans hargne, bien sûr
21. Le lundi 19 juin 2006 à 00:40, par cel :
(c'est merveilleux, les smileys, hein Arte
)
22. Le lundi 19 juin 2006 à 01:58, par arte :
Oh oui, ma chère Cel
(C'est vrai que le ton de Bon malgré ses mots polis (sens propre) est souvent agressif, et que ce Monsieur n'hésite pas à exprimer du jugement, qui paraît hatif au premier abord, sur tel ou tel ! Mais cela ne peut pas, de la part de personnes qui maîtrisent à ce point les mots, ne pas relever d'un projet sous-jacent, d'une intention. Refus de se remettre en cause peut-être ? Ou de défendre, par l'exclusion, la place de visionnaire attitrée sur ce que devait être ce nouveau média (qui ne l'est plus !)? Et donc de fustiger toute pratique sortant du beau schéma préalablement établi, en blessant parfois ( à dessein, ou par nature ?) profondément les personnes par une sentence distillée du haut de cette chaire auto-proclamée.
Et bien la nouveauté du média consiste peut-être justement dans des formes de débat nouvelles et toujours renouvelées, dont ces Juste-Penseurs deviennent les censeurs officiels.
Aucune question sur le fond (sur l'affaire B. Petit ou une autre) ne pourra du coup, par la seule intervention du maître, être abordée.
Peut-être était-ce le but ?
Tant que ceux qui s'érigent (à tort ou à raison) en victime des lois sur la diffamation ne cesseront pas d'utiliser cet argument pour faire eux-même taire le débat (et se drapper d'un silence supérieur) , je douterai de leur sincèrité.
Nom d'une pipe (pipe, ça passe au filtre ?) )
23. Le lundi 19 juin 2006 à 03:24, par Berlol :
Ça passe. Y'a que de l'anglais ou ce qui y ressemble qui ne passe pas...
Ce que tu dis, ça reprend ce que je disais sur le rapport entre anonym@t et hyperonym@t. Mais tu oublies, et Cel aussi, qu'il y a en plus de tout cela une historicité des débats. En l'occurrence, vous avez déjà par le passé agressé et fait partir FB, en utilisant, je m'en rappelle, des arguments blessants ou susceptibles de, affûtés pour, c'est-à-dire en tenant compte de ce que l'on peut savoir sur lui, à savoir son identité, ses ouvrages, etc. — choses qui sont impossibles avec les anonymes. Quand je dis "soyons égaux", il s'agit d'un conseil mutuel mais aussi d'un encouragement car il y a des efforts à faire des deux côtés de la barrière de la notoriété. Et, n'en déplaise à Cel, ça irait mieux avec du respect et de la courtoisie (tout le monde n'est pas blindé).
24. Le lundi 19 juin 2006 à 04:32, par arte :
Oui, ça reprend cela, je vais y revenir.
Mais ça reprend aussi ce que tu dis sur le "pouvoir". Or, il n'y a pas de pouvoir dès lors que les commentaires sont ouverts.
Venons à l'attaque, qui aurait (a) blessé.
J'en prend ma part. Je disais un jour ne jamais avoir lu Bon, et l'avoir entendu sur FR.C, ce qui ne me donnait pas envie de le lire.
Jamais de réponse (de toi, mais pas de Bon) sur "l'envie de le lire". Par contre : sentence sur sentence bien affinée, rangeant l'auteur du commentaire dans les "anti" ... sans le nommer évidemment, mais quelle certitude, pour l'expert, de blesser en retour.
Mais en retour de quoi ? Et nous en revenons à ce que tu dis sur le "pouvoir". Pour moi (c'est un avis) : il y a là confusion entre Auteur public, et Internet.
L'auteur public peut se taire. C'est le cas la plupart du temps lorsque tu critiques tel ou tel... ( Soit qu'il n'ait pas lu ou s'en foute. ).
Mais Bon est "dans l'Internet"... Et l'on rejoint le point du pouvoir. Bon ne s'en fout pas, mais se sent blessé. Pourquoi ?
- vois C Delaume : elle répond, assume, et, traitée de concierge, obtient des excuses. (du coup, envie de la lire - reçu ce matin les mouflettes...)
- ou bien, il était possible (mais c'est toi qui l'a fait) de replacer l'émission dans son contexte. Sans plus. Cela suffisait.
- ou bien encore : "ne me lisez pas, tant pis..." laissant planer le doute sur "pour qui"...
- ou bien encore : toute sorte de chose qui m'échappe dans le détail de la concrétisation , n'étant pas auteur, mais serait de l'ordre de l'ouverture d'esprit.
Au lieu de cela : blesser en retour, mais cette fois à dessein !
Il y aurait donc : d'un coté s'exposer sur Internet et de l'autre l'Auteur intouchable et hypersensible, susceptible même. Possible !
Mais je soupçonne qu'Internet alors soit alors un enjeu plus grand qu'avoué, un enjeu de pouvoir, de survie même : une manière (voir l'article de Bartlebooth sur Roussel), d'écrire. Sous réserve que l'on ne dérange pas l'auteur en train d'internetter.
Alors l'on verra fleurir les collections "Blog" chez les éditeurs, d'une littérature qui se disait d'abord "alternative" à l'édition classique.
Sous reserve que le commentateur lambda (comme moi, et toi, diras-tu) se taise, ou complaise.
Ben NON.
Je ne relis pas : loi du commentaire. Pas de la llttérature.
25. Le lundi 19 juin 2006 à 04:41, par arte :
Quand je dis "voir l'article sur Roussel", rien à voir avec le contexte ici. Mais sur la manière d'écrire, qui personnellement m'instruit, m'intéresse, me donne envie de découvrir, etc
26. Le lundi 19 juin 2006 à 04:49, par Bartlebooth :
Je suis allé revoir ce que tu disais, Berlol, de l'ouvrage en question (pas vraiment, il s'agissait du premier volume). En gros, tu le dédaignais suite à une intervention télévisuelle lamentable de Michel Prigent. Pourquoi pas, on peut se désintéresser d'un ouvrage pour moins que ça.
Cependant, il semble que Michel Prigent n'en a écrit que la préface (il a apparemment dirigé l'ensemble des trois volumes, mais pas celui-ci en particulier ni les précédents). Ce troisième volume, outre la collaboration de Maulpoix, comprend celles de Dominique Rabaté, Patrick Berthier, Dominique Combe, Jean-François Louette, Christian Doumet, etc, bref de personnes dont, je suppose, tu ne rejettes pas en bloc les travaux, d'autant plus que tu les as quelquefois mentionnés ici même.
Ca ne t'intéresse vraiment pas ce qui se dit dans un panorama universitaire de 3000 pages écrit par des "spécialistes" ? Il y a peut-être pourtant d'autres "perles" du genre de celle qu'a remarquée Beurard-Valdoye sous la plume ( :-d ) de Maulpoix. Ca t'indiffère complètement qu'un étudiant ou n'importe qui s'intéressant au littéraire (ces livres seront dans beaucoup de bibliothèques et sont, contrairement à ce que tu sous-entendais, très accessibles : 20 € le volume de 900 pages), puisse lire, dans une somme à prétention très sérieuse, que la poésie sonore "n'a jamais donné lieu à des oeuvres de premier ordre" ?
Moi si, et d'autant plus, rappelle-toi, que Maulpoix avait fait le "procès" de Meschonnic, dans ce texte intitulé "La liste du sycophante" ( www.maulpoix.net/Meschonn... ) où il l'accusait de discréditer toute la poésie contemporaine. Amusant, non ? Sortie de "l'obligation d'attention, de précision et de nuance qui est le propre de l'intellectuel", reprochait-il. Et lui aujourd'hui avec la poésie sonore ? Et il pointait, après réponse de l'intéressé, la pose de victime que prenait Mescho ? Et lui dans l'affaire Petit ? Et Bon dans l'affaire Berlol ? oups je dérape. Ah non.
27. Le lundi 19 juin 2006 à 05:02, par arte :
z'avez vu comme il est
C'est autre chose que de l'attaque sur l'identitaire hein !
Voila. Silence.
28. Le lundi 19 juin 2006 à 05:53, par Berlol :
Je prends la main. Pour l'ouvrage, c'est son principe même que je trouve obsolète, et ce Prigent-là avec. En fait, je croyais l'avoir écrit en février ou mars mais non : je l'ai longuement feuilleté à la librairie Compagnie et ai pu m'en faire une idée, de sorte que quand il en a été question à la télé, je savais ce que c'était. J'ai donc menti par omission. Comme tu le dis, Bartle, il y a de prestigieuses signatures (et c'est par elles qu'on compte le vendre) et je ne doute pas que Rabaté ou Doumet aient écrit de belles choses. Il se trouve que pour ma part, je ne suis plus dans ce rapport encyclopédique-là avec la littérature. Et je me demande qui peut être dans un tel rapport encyclopédique avec la littérature ! Car il y a un hiatus qui rend l'ouvrage anachronique, c'est que voulant dire une sorte de vérité sur des œuvres et des époques littéraires, on sous-entend d'une part qu'il n'est pas nécessaire de les lire (et en effet, ce n'est pas "nécessaire") et que ces connaissances encyclopédiques suffisent. Mais suffisent à quoi ? À passer des examens ? À faire un bon citoyen consommateur du XXIe siècle ? En tout cas, rien à voir avec ce que donnerait la confrontation directe avec l'œuvre de chaque auteur, prise d'abord "dans la figure" avant de la prendre dans son époque, dans son histoire, etc. Tu me rétorqueras peut-être qu'il faut tout de même avoir commencé, avoir eu une mise de base, et en effet il en faut une : on ne peut pas prendre du Claude Simon ou du Beckett (ni du Bon, ni du Volodine, ni du Clémençon, etc., ni aucun auteur un tant soit peu exigeant) "dans la figure" sans cette base car alors on ferme le livre et on retourne aux gorgées de bière académiques. Et c'est l'autre élément du hiatus : je préfèrerai toujours écouter un cours, une conférence ou une bonne émission de radio de bonne qualité que lire le contenu de ce discours dans un livre. C'est pour son concept anachronique que je conteste l'utilité de cet ouvrage, sans en critiquer les signatures.
Pour ce qui est des passes d'arme Maulpoix / Meschonnic, je suis bien évidemment du côté de Meschonnic et convaincu qu'on lira encore Célébration de la poésie au XXIIe siècle ! Parce que c'est du politique plus que de l'académique...
29. Le lundi 19 juin 2006 à 06:37, par vinteix :
Ces passes d'armes évoquées précédemment me semblent un peu stériles; car on perd de vue l'essentiel : les textes, au profit d'affrontements entre critiques... comme ces discussions sur les "nouveaux réactionnaires" et autres "anti-modernes"... au final, je vois surtout dans ces disputes franco-gauloises, ratiocinations et arguties de salons esprit de chapelle et exhibition par les intéressés de leurs guenilles. Certes, Meschonnic m'intéresse aussi davantage que Maulpoix... ceci dit, je trouve par moments des choses intéressantes chez ce dernier et la manière un peu dogmatique du premier m'agace parfois; en y ajoutant l'esprit de chapelle qui anime un grand nombre de ses inconditionnels (je pense en particulier à un certain groupe d'études de Paris VIII).
30. Le lundi 19 juin 2006 à 07:28, par Berlol :
Certes, certes. Les textes !
31. Le lundi 19 juin 2006 à 08:04, par arte :
"on ne peut pas prendre du Claude Simon ou du Beckett (ni du Bon, ni du Volodine, ni du Clémençon, etc., ni aucun auteur un tant soit peu exigeant) "dans la figure" sans cette base car alors on ferme le livre et on retourne aux gorgées de bière académiques."
Sincèrement B., tu te trompes.
A moins que Broch soit une petite gorgée de bière.
32. Le lundi 19 juin 2006 à 09:16, par Bartlebooth :
Ô ce fameux essentiel qu'on perd de vue et dont on brandit la flamme d'un geste si brusque qu'elle s'éteint ! (spéciale dédicace aux anciens et futurs nouveaux lyriques)
Le problème, c'est que ce n'est pas seulement dans l'affrontement entre critiques que le texte est négligé. Quand un Maulpoix ou un Meschonnic, avant de s'affronter, y vont de leurs affirmations méprisantes et lapidaires envers l'ensemble de la production contemporaine ou tout un pan de la poésie ou l'oeuvre d'un auteur, où est l'attachement au texte ?
Quand Maulpoix répond à la polémique provoquée par Meschonnic, n'est-il pas dans l'exigence de cet essentiel que Meschonnic tentait de ridiculiser d'une manière lamentable (c'est-à-dire en sortant de son pseudo-pamphlet plus ridicule que les auteurs qu'il cite).
Quand Roubaud met Meschonnic face à sa méthode critique (une partie de la réaction de Roubaud est sur la page de Verdier que Berlol cite plus-haut), ne montre-t-il pas à quel point cet essentiel que vous rappelez à tout bout de champ est bafoué par ceux-là mêmes dont c'est le boulot de le mettre en lumière ?
Quand Beurard-Valdoye répond à Maulpoix en lui donnant l'exemple de deux grandes oeuvres de la poésie sonore, ne lui rappelle-t-il pas cet essentiel qu'il a l'air d'ignorer ou de mépriser ?
Quand vous réduisez ces polémiques à de simples "ratiocinations et arguties de salons", n'êtes-vous pas en train de vous fermer à une forme d'exigence en la remplaçant par la vôtre, qui en fin de compte est la même ?
Il est bon et sain de dire et montrer que Meschonnic et Maulpoix disent de grosses conneries, je pense que l'essentiel dans ces discussions n'est pas évité, au contraire il est rappelé et d'une manière plus constructive que le rejet et la dépréciation de la polémique.
Quant à ce que tu dis de ce genre d'ouvrage et de la réception qui lui sera faite, je ne suis pas du tout d'accord avec toi, Berlol. D'abord parce qu'il n'est pas destiné seulement à se faire un savoir d'ordre encyclopédique. Il est destiné également à faire référence et à susciter la lecture (j'ai lu ce genre d'ouvrages pas simplement pour connaître des noms d'auteurs mais pour découvrir des auteurs à lire) . C'est-à-dire que si quelqu'un d'autorité, comme Maulpoix, dans un ouvrage de référence, dit que la poésie sonore y a rien à en retenir, c'est grave... bref, tu comprends quoi. Tu parles d'autres médias prescripteurs, mais ça pourrait par exemple se passer en cours, ça arrive, y a des connards de profs aussi, ignorants et/ou sectaires, à l'enseignement encore plus anachronique que ce genre d'ouvrages. D'ailleurs je vois pas en quoi faire le point sur les connaissances dans un domaine, c'est forcément anachronique. En finir avec l'encyclopédisme ? Alors faisons des ouvrages ellipsopédiques !
Au fait, c'était quoi ce livre que vous, jcb, fb et toi encensiez unanimement, qui faisait le point sur la littérature française des 50 dernières années et donc s'inscrivait bien dans ce genre anachronique ?
33. Le lundi 19 juin 2006 à 09:35, par vinteix :
"Ô ce fameux essentiel qu'on perd de vue et dont on brandit la flamme d'un geste si brusque qu'elle s'éteint ! (spéciale dédicace aux anciens et futurs nouveaux lyriques)"
Toujours cette manière d'étiqueter à la va-vite - et avec brusquerie, pour le coup ! -, ce besoin impérieux et taxinomique d'identité ou d'identification - décidément, on n'en sort pas ! Je suis désolé car bien sûr, en grande partie d'accord avec vous, sur le fond, mais vos polémiques ne m'intéressent guère; alors, moi aussi, je m'en vais.
34. Le lundi 19 juin 2006 à 09:49, par arte :
Z'êtes tous des susceptibles !
35. Le lundi 19 juin 2006 à 10:10, par vinteix :
C'est moins cela que la lassitude de ce genre de débats... je suis de moins en moins intéressé par la polémique : influence malgré moi de l'Asie ??? serait-ce le cas que je n'en serais pas mécontent, même si Dieu sait si, par moments, le peu de goût des Japonais pour les débats me gêne...
Et je sais bien qu'au sein de ces discussions, oui, Bartlebooth, "l'essentiel n'est pas évité"... D'ailleurs, comme on réagit ici assez vite, presque à vif, je nuancerais ou éviterais même ce mot "essentiel" que je n'ai pas brandi comme un hérault... mais simplement, il y a tellement à lire (et je lis aussi des critiques ou des philosophes, largement plus que des romans, d'ailleurs...) que, mais c'est bien sûr tout à fait personnel et est une question d'emploi du temps (= "l'essentiel" ? ... euh, non, pardon !), je m'attarde de moins en moins à ces polémiques, qui au passage, divisent souvent les gens en (deux) camps, hordes, chapelles...
Que l'on soit intempestif, cruel, oui, très bien ! mais alors, à la manière d'un Luca, par exemple...
36. Le lundi 19 juin 2006 à 10:14, par vinteix :
Question de ton, de style, de cruauté dans le langage
37. Le lundi 19 juin 2006 à 10:36, par vinteix :
"I would prefer not to"
Ce qui m'étonne toujours dans ces étiquetages et ces catégorisations, c'est comment à travers eux on semble ne pas penser (?) que l'on puisse être, vivre, penser, voire écrire, dans les contradictions, voire dans l'écartèlement, et qu'il faille en rabattre à ce principe d'identité ou d'étiquette, pourtant malmené par les sciences modernes, toujours trahi et erratique, ce qu'avait d'ailleurs bien compris Héraclite et les Présocratiques. "La vérité" (ouh la la ! encore un gros mot... disons plutôt ses apories...) me semble bien plutôt nomade et multiple (même pas les doubles, d'ailleurs, mais bien plutôt les échos multiples de l'être et ses métamorphoses, ses "gènes insatisfaits", dont parlait Michaux) et l'erreur enracinante, consistant en l'identification butée, manière de présupposer qu'il y a toujours un Je qui triomphe dans ce que l'on dit...
"Tant de certitude autour de moi m'effraie", disait Fontenelle. Il y a même une folie de l'unicité... Lacan aimait à dire que le fou n'est pas celui qui se prend pour Napoléon, mais Napoléon qui se prend pour Napoléon.
PS : ceci dit, avec mon mot d'"essentiel", je l'ai bien cherché.
Douce nuit...
38. Le lundi 19 juin 2006 à 10:43, par Bartlebooth :
Désolé pour la formulation qui a pu prêter à confusion. Je ne me moquais ni ne voulais étiqueter.
Le problème avec la manière de Luca, c'est qu'elle mène à la plus intempestive et cruelle qui soit, c'est de "quitter ce monde où les poètes n'ont plus leur place" et de donner ainsi raison aux insanités du style de Maulpoix et Meschonnic.
39. Le lundi 19 juin 2006 à 10:55, par cel :
la barrière de la notoriété ? j'espère que tu bl@gues, quant aux échanges passés, rappelle toi qu'ils s'étaient achevés d'une manière très consensuelle, trop (là je me mets largement dans le lot) à voir à quelle point la rancune domine aujourd'hui l'entrée dans l'arène. Donc, du sirop acceptable par tous, simplement pour que ça finisse, c'est ce qu'il a fallu et ce qu'il faudrait, et questions éludées d'une vexation à l'autre. C'est bien décevant, mais ce n'est qu'une parenthèse, préférer l'échange berlol bartlebooth (que j'approuve il le sait, j'aimerais rebondir mais là je sature, c'est quand même un minimum de relever et de pointer, ce que fait Beurard Valdoye, une connerie si énorme dans un ouvrage qui peut devenir référence), et vinteix oui aussi... euh, pour Brice Petit, on repassera
40. Le lundi 19 juin 2006 à 11:02, par vinteix :
C'est bien vrai... et l'on ne saurait se consoler de tels "adieux". Toujours trouvé débiles, d'ailleurs, ces fins annoncées, que ce soit de la philo, de l'art ou de la poésie ! Néanmoins, je crois que nous vivons quand même une époque de grande misère (symbolique) !
41. Le lundi 19 juin 2006 à 11:13, par vinteix :
...et quand les mots ne trouvent pas leur(s) destinataire(s), ils sombrent, dans un silence assourdissant (troublé par un "plouf") ou dans leur vanité dérisoire, toujours menaçante, comme ces lettres au rebut que Bartleby doit brûler à la fin : "Messages de vie, ces lettres courent vers la mort. Ah ! Bartleby ! Ah ! humanité !"
3:15... là, je m'en vais, parce que je vais me coucher...
42. Le mardi 20 juin 2006 à 03:47, par arte :
N'en déplaise à BON, l'apparition soudaine du commentaire d'AURELIE est à l'origine de deux questions qui ne relèvent en rien de la fiction des méchants pseudos attanquant le gentil qui meurt à la fin :
- 1 : les dires de B. Petit cité dans ce commentaire sont-ils fiables ?
- 2 : si oui, alors pourquoi l'absence d'approbation de B. Petit au comité de soutien commun Maulpoix-Petit n'apparaît-elle au souteneur qu'une fois l'affaire (presque) terminée.
Sur le commentaire Aurélie, il y a deux parties.
La première m'est indifférente. Maulpoix peut aller skier en 4*4, je m'en contrefous (cette première partie apparassant sur le net sous la signature d'un Hassan à de multiples reprises).
La deuxième partie, citant B. Petit je ne m'en fous pas du tout. Parce que j'ai soutenu 2 personnes, et pas UNE.
Et je m'adresse à FB, car c'est bien ses messages que je recevais, en information de l'avancement de l'affaire. Et je le fais ici, parce que c'est ici que vous êtes venu balayer toutes questions d'un revers de phrase méprisant.
Prenez une minute, même pas, et pensez à cela : je me sens floué !
Et tout avis du genre "vos débats sont médiocres" me floue encore plus.
Ce qui est en jeu, c'est "soutenir" quoi ? Ce n'est pas un débat littéraire.
Et bien la réponse est ceci : vous pouvez toujours aller vous faire voir la prochaine fois que vous appellerez à l'aide !
(et je le fais aussi ici parce Berlol [il a son avis propre] a cette IMMENSE qualité que vous n'aurez jamais : il est ouvert d'esprit ET de commentaires : pas comme vous sur vos fictions de mannequins assassins que, c'est un avis de lecteur, je trouve totalement nulles.)
Suis-je clair ?
43. Le mardi 20 juin 2006 à 11:13, par Bartlebooth :
Je vais te répondre en partie, cher Arte, car tu risques d'attendre longtemps. On pensera certainement que je suis très mesquin parce que je vais parler intentionnellement "en tenant compte de ce que l'on peut savoir [d'eux], à savoir [leur] identité, [leurs] ouvrages, etc".
Et je précise une chose avant, sur le pseudonym@t, quelquefois c'est nécessaire de rappeler des évidences : sans doute que si j'avais une identité (désolé auprès de ceux que le terme choque mais il doit les choquer moins que ceux qui subissent les "contrôles d'identité" intempestifs, allez aussi sur ce terrain pour clamer que l'identité est un fantasme) plus connue et si j'avais écrit des ouvrages, je n'aurais pas besoin d'un pseudo et signerai de mon nom. Le pseudo que j'utilise en dit plus sur moi que mon nom. Si j'utilisais mon nom pour signer, et que vous cherchiez ensuite par les moteurs de recherche, la seule chose que vous apprendriez est que j'ai signé trois pétitions mais pas celle contre ce procès ridicule (autant que l' "appel aux poètes").
Donc ma réponse, cher Arte, risque de te décevoir car je vais remettre du littéraire dans le débat :
Il faut croire que :
- Jean-Michel Maulpoix est dans l'identification (encore !) avec le personnage de Plume, cet anti-héros toujours coupable (Michaux : "L'exécution aura lieu demain. Accusé, avez-vous quelque chose à ajouter ? - Excusez-moi, dit-il, je n'ai pas suivi l'affaire. Et il se rendormit") (Petit : "Faire part de sa mauvaise conscience et de ses regrets, d’une gêne, d’un malaise, est-ce la meilleure manière de plaider son innocence ?") et qu'il n'a rien retenu d'autre, en tous cas rien de la poétique (de vie) de Michaux, cet exemple de réaction et d'intervention (Petit : "j’attends désespérément une réaction de M. Maulpoix. Il était en effet temps d’agir. [...] conférence de presse malheureusement très privée où le mot d’ordre, une fois de plus, n’est autre que l’attente et la passivité.")
- François Bon n'a en rien été changé par la lecture de Rabelais dont il n'a en rien le fameux rire, ni l'amour du populaire, de l'exubérance carnavalesque, du grossièrement bas (FB, avec écoeurement : "cette arène où le plus bas...", et dans sa plainte de la "cacophonie" : "la grande foire aux paroles", "leurs plaisanteries qu'on aurait dit autrefois de caserne. Ils s'y vautraient.", "paquets de mots déballés", "la salissure grandissait") ... ne parlons même pas de l'impossible comte de Lautréamont censé bénir un tumulte qui n'en a que le nom (comme quoi, on fait n'importe quoi avec les noms) mais qu'on devrait faire revenir un peu plus justement, au moins pour requalifier certaines Grandes-Têtes Molles contemporaines.
44. Le mardi 20 juin 2006 à 11:26, par arte :
Et les cigognes larmoyantes ...
45. Le mardi 20 juin 2006 à 18:32, par vinteix :
(Juste une parenthèse dans le débat houleux : quand je dis que l'identité est un phantasme, je ne dis pas que la société, les ordres n'en imposent pas ! référence aux contrôles intempestifs évoqués par Bartlebooth)
46. Le mardi 20 juin 2006 à 20:35, par vinteix :
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur l'usage du ou des pseudonymes, qui est loin d'être un camouflé... et qui a une longue histoire... Vive les pseudonymes et l'anonymat !
47. Le jeudi 22 juin 2006 à 14:50, par Bartlebooth :
Vous auriez pu répondre à ma question (fin du message 32), elle n'était pas si dérangeante celle-là !
Heureusement qu'il y a le site de l' "agitateur culturel" : "Les internautes ayant acheté Histoire de la France littéraire ont également acheté [...] La Littérature française au présent (Bruno Vercier, Dominique Viart)". Comme quoi...
Je me souviens d'ailleurs de l'avoir aussi "longuement feuilleté à la librairie Compagnie" (il y a de ces coïncidences !) et de l'avoir compris (à la vue de l'index et à la lecture de quelques extraits) comme noyée dans un présent malheureusement bien conventionnel.
48. Le jeudi 22 juin 2006 à 17:08, par Berlol :
Rien à voir entre ces deux ouvrages. L'un enferme l'histoire littéraire dans un vernis d'académisme sans sous-entendre la nécessité de la lecture directe (je persiste et signe), l'autre tente de faire découvrir des inconnus contemporains en prenant des risques et en invitant de manière permanente à la lecture directe. Je ne comprenais même pas la tentative de comparaison. C'est par... respect que je n'y répondais pas.
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