mercredi 21 juin 2006
Écran de courtoisie
Par Berlol, mercredi 21 juin 2006 à 23:59 :: General
À ressentir. En ligne, le Frisson
esthétique. Belle typographie, quelques textes de bonne facture.
Celui de Jacques Signoret, par exemple. En revanche, impossible
de frissonner aux banalités qu'enfile Régine Deforges — la
sincérité n'est pas tout. Au total, plutôt une revue
avec une coloration d'histoire littéraire fin XIXe (Jean Lorrain,
Remy de Gourmont, Maurice Rollinat, ou l'intéressant article de Francesco
Viriat sur le Jammisme). Et des inédits de contemporains qui écrivent...
à l'ancienne. Rien qui innove ni qui dérange. En bref, une
revue inutile d'agrément, pour table à revue,
pour écran de courtoisie.
Des revues en ligne, j'en ai déjà signalé d'autres, plus ou moins chouettes, depuis le temps. Mais l'arrivée (enfin) sur le web de Livres Hebdo devrait être en soi un événement. Je suis allé voir si le contenu transformerait l'essai...
À part que Fred Vargas et Benoîte Groult sont dans les 10 meilleures ventes, qu'y ai-je appris ? Que Guillaume Durand abandonne I-Télé... « où beaucoup le voyait (sic) déjà présenter une spéciale présidentielle ». Et ça continue plus bas, quand Charles Webb « avait défrayé la chronique en se faisant évincé (sic) de son domicile »... Plus bas encore, « Zadie Smith [...] a été récompensé (sic) »... Le magazine qui se veut une référence pour les chiffres du livre ne l'est certes pas pour les lettres...
Ici, une journée somme toute banale, avec deux cours, un déjeuner — où ce qu'on appelle ici hamburger pisse de l'huile —, puis une après-midi studieuse avant le sport. De l'Alain Sevestre pour accompagner la transpicyclette. Et un peu de Meschonnic après le dîner.
« Tout à l'heure, il a pris une douche et jeté serviette et savon à la poubelle. Dans le jardin, la terre remblayée sur les meubles s'est élevée d'un bon mètre par rapport à l'ancien état des lieux. Les prochaines pluies tasseront ce gros ventre.» (Alain Sevestre, Double Suicide villa Godin, p. 60)
Justement, on annonce quatre jours de pluies...
« Toute ma vie est dans mes poèmes, mes poèmes sont le langage de ma vie. C'est par eux que je vais d'inconnu en inconnu. Ils me font plus que je les fais. Et ils sont reconnus par ceux qui sont du même côté du langage, du même côté de la vie que moi. Un poème, pour moi, ne raconte pas d'histoires. Mes poèmes sont les condensations du sens de ma vie. C'est pourquoi ils tiennent moins de place que le reste de mon travail, mais c'est eux qui me font traduire la Bible comme je traduis, qui me font penser le langage, la poésie, la traduction comme je fais. Pour moi, un poème est ce qui transforme la vie par le langage et le langage par la vie. C'est mon lieu et je le partage.» (Henri Meschonnic, Vivre poème, Éd. Dumerchez, 2006, p. 7-8.)
Je suis clairement du même côté. C'est comme ça. Et je ne force personne.
Alors que nous étions sous presse, une dernière information nous parvient : Caroline revient, tout à fait décousu(e) ! Tendons-lui du fil (RSS) !
Des revues en ligne, j'en ai déjà signalé d'autres, plus ou moins chouettes, depuis le temps. Mais l'arrivée (enfin) sur le web de Livres Hebdo devrait être en soi un événement. Je suis allé voir si le contenu transformerait l'essai...
À part que Fred Vargas et Benoîte Groult sont dans les 10 meilleures ventes, qu'y ai-je appris ? Que Guillaume Durand abandonne I-Télé... « où beaucoup le voyait (sic) déjà présenter une spéciale présidentielle ». Et ça continue plus bas, quand Charles Webb « avait défrayé la chronique en se faisant évincé (sic) de son domicile »... Plus bas encore, « Zadie Smith [...] a été récompensé (sic) »... Le magazine qui se veut une référence pour les chiffres du livre ne l'est certes pas pour les lettres...
Ici, une journée somme toute banale, avec deux cours, un déjeuner — où ce qu'on appelle ici hamburger pisse de l'huile —, puis une après-midi studieuse avant le sport. De l'Alain Sevestre pour accompagner la transpicyclette. Et un peu de Meschonnic après le dîner.
« Tout à l'heure, il a pris une douche et jeté serviette et savon à la poubelle. Dans le jardin, la terre remblayée sur les meubles s'est élevée d'un bon mètre par rapport à l'ancien état des lieux. Les prochaines pluies tasseront ce gros ventre.» (Alain Sevestre, Double Suicide villa Godin, p. 60)
Justement, on annonce quatre jours de pluies...
« Toute ma vie est dans mes poèmes, mes poèmes sont le langage de ma vie. C'est par eux que je vais d'inconnu en inconnu. Ils me font plus que je les fais. Et ils sont reconnus par ceux qui sont du même côté du langage, du même côté de la vie que moi. Un poème, pour moi, ne raconte pas d'histoires. Mes poèmes sont les condensations du sens de ma vie. C'est pourquoi ils tiennent moins de place que le reste de mon travail, mais c'est eux qui me font traduire la Bible comme je traduis, qui me font penser le langage, la poésie, la traduction comme je fais. Pour moi, un poème est ce qui transforme la vie par le langage et le langage par la vie. C'est mon lieu et je le partage.» (Henri Meschonnic, Vivre poème, Éd. Dumerchez, 2006, p. 7-8.)
Je suis clairement du même côté. C'est comme ça. Et je ne force personne.
Alors que nous étions sous presse, une dernière information nous parvient : Caroline revient, tout à fait décousu(e) ! Tendons-lui du fil (RSS) !