Du chasseur primitif dans le footballeur
Par Berlol, jeudi 22 juin 2006 à 23:58 :: General :: #305 :: rss
Inspiré par une actualité récente, François Bon
nous propose ce beau texte dans lequel il prend ses distances avec
la communauté des commentateurs.
Repassant sur le site de Livres Hebdo pour y voir le blog que François pointait (blog qui n'est peut-être pas encore à sa vitesse de croisière), j'ai cliqué sur un lien vers une Chronologie de l'édition française de 1900 à nos jours, me demandant ce qu'elle pouvait receler. J'ai essayé Sagittaire parce que c'était la première maison d'édition de Claude Simon et le résultat est plutôt intéressant. Pia ne donne rien, mais Paulhan, oui. Gallimard donne 37 pages de résultats (366 articles) qui finissent (actuellement) en avril 2006 avec le décès de Jean Grosjean. Pauvert a 44 notices. Régine Deforges sort redorée. Pour Minuit, 6 pages et clairement le tournant de 1954-55, avec départ de Georges Lambrichs et arrivée d'Alain Robbe-Grillet. Pas d'entrée à "nazi" mais une cinquantaine de résultats pour "Occupation" et 19 pour "épuration". L'interrogation par date est aussi possible, par exemple 1913, année de naissance de Claude Simon, ou 1968, au hasard.
Remerciements et félicitations à Pascal Fouché pour cet outil performant dans son genre (listes succintes, travaux d'approches).
Très belle perle au séminaire de cinéma — ça nous réveille presque des torpeurs que provoquent les pluies. Dans son plan de rédaction, une étudiante a écrit qu'elle allait parler de « La scène de l’aventure avec la vendeuse et la fonction trigonométrique.» J'ai cherché à me souvenir s'il était question de trigo dans les Poupées russes, et comment Klapisch aurait casé ça. Irritation des sinus ? Angle mort en voiture ?... En fait, ce n'était que la conséquence d'une consultation trop rapide du dictionnaire. Elle voulait parler de 三角関係 (sankaku kankei), ménage à trois, ou relation triangulaire... On a vu pi !
Dans Le Point, article assez élaboré sur les blogs... mais toujours sous l'angle (si je puis dire) du jeunisme phénoménal. En fait, j'y cherchais ce que je venais de lire sur le magazine papier : un entretien avec Peter Sloterdijk, sur le football. Il y dit des choses passionnantes sur la survivance du chasseur primitif dans le footballeur, sur le temps des héros devenu temps des stars, sur l'obscénité des comportements des joueurs après le but. Et une différenciation anthropologique hommes-femmes qui ne sera peut-être pas du goût de tout le monde... Mais sur le site, c'est payant...
Pour finir, avant de rentrer dîner, le Mix des Miscellanées de Mr. Schott de dimanche sur France Culture, c'est très réconfortant. Cela s'accorde juste à mon esprit d'énumération et de nomenclatures, et ça me change de la terne lecture de Thomas de Quincey la veille.
Repassant sur le site de Livres Hebdo pour y voir le blog que François pointait (blog qui n'est peut-être pas encore à sa vitesse de croisière), j'ai cliqué sur un lien vers une Chronologie de l'édition française de 1900 à nos jours, me demandant ce qu'elle pouvait receler. J'ai essayé Sagittaire parce que c'était la première maison d'édition de Claude Simon et le résultat est plutôt intéressant. Pia ne donne rien, mais Paulhan, oui. Gallimard donne 37 pages de résultats (366 articles) qui finissent (actuellement) en avril 2006 avec le décès de Jean Grosjean. Pauvert a 44 notices. Régine Deforges sort redorée. Pour Minuit, 6 pages et clairement le tournant de 1954-55, avec départ de Georges Lambrichs et arrivée d'Alain Robbe-Grillet. Pas d'entrée à "nazi" mais une cinquantaine de résultats pour "Occupation" et 19 pour "épuration". L'interrogation par date est aussi possible, par exemple 1913, année de naissance de Claude Simon, ou 1968, au hasard.
Remerciements et félicitations à Pascal Fouché pour cet outil performant dans son genre (listes succintes, travaux d'approches).
Très belle perle au séminaire de cinéma — ça nous réveille presque des torpeurs que provoquent les pluies. Dans son plan de rédaction, une étudiante a écrit qu'elle allait parler de « La scène de l’aventure avec la vendeuse et la fonction trigonométrique.» J'ai cherché à me souvenir s'il était question de trigo dans les Poupées russes, et comment Klapisch aurait casé ça. Irritation des sinus ? Angle mort en voiture ?... En fait, ce n'était que la conséquence d'une consultation trop rapide du dictionnaire. Elle voulait parler de 三角関係 (sankaku kankei), ménage à trois, ou relation triangulaire... On a vu pi !
Dans Le Point, article assez élaboré sur les blogs... mais toujours sous l'angle (si je puis dire) du jeunisme phénoménal. En fait, j'y cherchais ce que je venais de lire sur le magazine papier : un entretien avec Peter Sloterdijk, sur le football. Il y dit des choses passionnantes sur la survivance du chasseur primitif dans le footballeur, sur le temps des héros devenu temps des stars, sur l'obscénité des comportements des joueurs après le but. Et une différenciation anthropologique hommes-femmes qui ne sera peut-être pas du goût de tout le monde... Mais sur le site, c'est payant...
Pour finir, avant de rentrer dîner, le Mix des Miscellanées de Mr. Schott de dimanche sur France Culture, c'est très réconfortant. Cela s'accorde juste à mon esprit d'énumération et de nomenclatures, et ça me change de la terne lecture de Thomas de Quincey la veille.
Commentaires
1. Le jeudi 22 juin 2006 à 09:56, par arte :
Berlol, tu es exspert en analyse de texte. Tu dis que celui de Bon, pointé en lien dans ton article, est beau. Puis-je te demander une analyse plus développée sur la beauté de ce texte ?
Précisons que la question est sincère, sans intention de nuire. Je souhaite connaître mieux ton point de vue afin d'aviter de développer moi-même, dans une direction qui n'aurait pas de rapport direct avec ce que tu souhaitais dire.
2. Le jeudi 22 juin 2006 à 13:26, par Bartlebooth :
Mais non Berlol, tu mésinterprètes le texte en question : c'est une FICTION, il l'a déjà expliqué dans son "forum" maintenant disparu.
Et il ne "prend pas ses distances avec la communauté des commentateurs", puisque conjointement il leur fait l'appel "dites-le moi par mail [...] j'en rendrai compte" (cet appel hier il l'avait intitulé "interactivité" mais on a du lui dire ou il a du comprendre à retardement que c'était pauvrement interactif). Il ne retiendra probablement que certains commentateurs neutres ou condescendants, évidemment, sinon à quoi bon ce système.
Quant à la demande d'arte, que je soutiens, je suis très curieux de la réponse qui lui sera faite, et pas seulement par goût pervers.
3. Le jeudi 22 juin 2006 à 13:26, par cel :
élaboré, ça veut pas dire intéressant ? Cet article sur les blogs est du niveau d'une émission que Delarue avait consacrée à internet il y a quelques mois (qui s'appelait sans doute "les dangers d'internet"). On dramatise puis on rassure, et surtout on valide dans la foulée l'utilité des principes de contrôle, qui malheureusement passent de plus en plus pour du sain, du normal, de la normale prévention. Je ne suis pas gênée par l'angle jeuniste de l'article, l'usage du blog par les adolescents a pris assez d'importance pour que certains veuillent l'étudier comme phénomène en soi. Par contre, cette approche par le danger (diffamation, pervers qui trainent : "Là comme ailleurs, les pédophiles rôdent. Skyrock s'en est préoccupée très tôt. Les autorités sont alertées chaque fois que des mots clés de l'univers pédophile sont écrits sur un skyblog. La technologie du Net se met ainsi au service de la cybertraque... Big Brother ? Oui ! Mais pour le meilleur.") et sa compensation heureuse par la surveillance automatisée (et l'auto-surveillance) des comportements (incitation à la délation + cellule psy pré-suicide supposé à venir...) est bien dans le ton du goût du jour (par exemple de tout ça : ist.inserm.fr/basisrappor... ; ist.inserm.fr/basisrappor... etc, beaucoup de lien ici www.pasde0deconduite.ras.... ), et les termes admiratifs employés, "pour le meilleur !", vont dans le sens de cette acceptation par le tout venant, acquise. Dégoût. (ah ça veut pas dire intéressant ! - ouf)
4. Le jeudi 22 juin 2006 à 14:23, par alain :
ils ont enlevé toutes les vaches de Paris. J'avais enfin réussi à atteindre un stade de décision où il m'était devenu possible d'enfourcher mon vélo pour aller en voir une ou deux. J'arrive à Opéra. Plus de vaches !
Bon, c'est l'été.
C'étaient des vaches d'artistes, de belles vaches. c'était pour faire une liaison avec le beau d'Arte.
5. Le jeudi 22 juin 2006 à 14:45, par cgat :
assez d'accord avec cel .. est intéressant, tout de même, l'ultime encadré de l'article sur le "cimetière virtuel" composé des "stèles numériques" que les parents de bloggeurs morts trop jeunes ont conservées, figées et fermées aux commentaires ...
6. Le jeudi 22 juin 2006 à 17:03, par Berlol :
Chers amis, si vous l'êtes...
Et s'il y a un si, c'est que la connivence est en doute, et qu'elle se teinte de défiance. Comment croire en effet à la sincérité d'un Arte avec sa question toute enfarinée. Et à la limite, je suis prêt à y croire... Mais Bartlebooth a tout de suite fait tomber la farine pour reprendre ses perfides accusations, avouant d'ailleurs lui-même sa perversité. Je ne parlerai même pas de Cel, qui suit Bartlebooth comme la lune dans le caniveau, et qui est prête à laisser faire n'importe quoi, que dis-je qui souhaite le n'importe quoi, le libéralisme total, la déréglementation à donf, la liberté de tous les crimes, c'est en tout cas ce qu'elle sous-entend en critiquant la politique de surveillance et de filtrage des réseaux gestionnaires de blogs.
Vous avez déjà dit que vous n'appréciiez pas FB, vous l'avez répété à l'envi à chaque occasion, vous vous êtes vautrés dans votre tir de foire, et vous finissez par vous ridiculiser totalement en vous précipitant sur chaque occurrence de son nom. Quelle crédibilité, quelle sincérité voulez-vous avoir quand votre parti pris est clair pour tous avant même que vous ne vous exprimiez ? Vous vous êtes autocaricaturés ! Avec un peu de temps, je pourrais vous contrefaire et écrire vos commentaires... C'est dire ! Lâchez-vous la bride et décollez vos oeillères ! Réfléchissez un peu à vous-même, à l'image que vous donnez de votre identité de façade, et voyez si cela n'entame pas votre for intérieur.
Je ne fais pas de censure, si le minimum de courtoisie est respecté, j'ai toujours été de cet avis. Mais ce n'est pas pour avoir des cerbères qui décident et censurent pour moi. Un peu comme un garde du corps qui viendrait protéger quelqu'un bénévolement, alors qu'on ne lui a rien demandé. Un peu comme les gardiens du protocole d'une quelconque famille royale, plus à cheval sur les traditions que les pauvres symboles encagés. (Ce sont des comparaisons, je ne suis ni star ni prince.)
Donc, si je dis que ce texte de FB est beau, c'est que je le pense sincèrement. Ce n'est pas pour lui cirer les pompes. Qui n'ont d'ailleurs pas besoin de mon cirage. Le climat n'étant pas au beau fixe dans ces pages, je ne vais pas faire une analyse de texte dans les interstices de laquelle certains vont se ruer. Vous attendrez mon bon vouloir et qu'un livre de FB soit au programme de mes lectures, comme ce fut le cas de bien d'autres (Echenoz, Clémençon, Paillard, etc.), en espérant que d'ici là vous serez revenus à un peu plus d'humanité.
7. Le jeudi 22 juin 2006 à 17:13, par Berlol :
Voilà. Je n'ai plus qu'à rester assis là, tranquille. Et attendre que les coups pleuvent.
8. Le jeudi 22 juin 2006 à 23:56, par arte :
Bien bien bien.
Aucun coup. Dégout.
9. Le vendredi 23 juin 2006 à 14:21, par cel :
Dans un établissement que je fréquente les élèves risquent de se voir interdit l'accès à toutes plateformes de blog pour les raisons paniques évoquées dans l'article (crainte de la diffamation sur l'établissement, mais aussi prise en compte des supposés craintes de parents alarmés par les médias, je suppose), se voient déjà soumis à une utilisation d'internet restreinte par un filtre à mots clefs d'efficacité un peu exagérée, sans doute aussi fiable que spamplemousse, qui bloque régulièrement l'accès à des sites contenant des informations utiles. Un système de surveillance élaboré veille également sur chaque pc, enregistrant sur le serveur de façon durable tout ce que fait chaque utilisateur pendant le temps de sa session, y compris évidemment ses activités sur internet. Il a été expliqué qu'ainsi, en cas de plainte, on pourrait fournir à la demande de police ou justice des relevés utiles et de toute évidence, des noms. A ma connaissance aucune plainte ni aucun évènement grave n'a eu cours avant la mise en place de ce dispositif, qui aurait pu contribuer à le justifier. En plus de ce système, chacun se verra prochainement attribuer une carte nominative qui donnera un accès contrôlé (et potentiellement enregistrable) au self, aux ordinateurs et photocopieurs, à l'ouverture du portail d'entrée (pour la machine à café je vais leur soumettre l'idée). Parmi les personnes qui participent aux décisions, par exemple qui évoquent cette possibilité d'interdire des blogs, beaucoup connaissent peu, ou mal, internet, une m'a même demandé, immédiatement après avoir pris parti pour l'interdiction dans une réunion, ce qu'était un blog, au juste... lors de cette réunion, avait été évoquée dans la foulée l'éventualité d'une vidéosurveillance des couloirs, et j'avais appris que suite à une dégradation des toilettes, les internes devaient depuis peu se faire accompagner d'un surveillant pour s'y rendre. D'un élève qui avait une nuit choisi la poubelle pour faire ses besoins, on n'était pas loin de faire un délinquant. Dans le hall d'entrée du lieu sont affichés les rapports concernant les exclusions d'élèves et avertissements, avec motifs détaillés et noms des fautifs. Les élèves pourtant sont cool, et ils ne comprennent pas trop le pourquoi de tout ça, mais devinent bien qu'on ne leur fait aucunement confiance. Je pourrais continuer la liste. Disons juste que ça se passe dans un cadre paumé et plus que tranquille, au milieu des champs et à plusieurs kilomètres de toute terre habitée, n'empêche que quand j'y suis j'ai l'impression de concourir pour les big brother awards. Et je me dis qu'à force de subir ça les gosses vont devenir dingues.
Je n'ai pas parlé de liberté des crimes, tu me prêtes des sous-entendus à donf, et je ne suis pas pour le n'importe quoi, mais je te décris, là, un exemple de n'importe quoi où tout tient à ce fil de l'inquiétude générée par des discours dramatisants ressassés, et à celui de l'ignorance dans laquelle certains sont, et d'autres veulent bien se maintenir. Le pire serait de s'y habituer.
Pour le reste, je te préciserai que je ne suis pas (Bartlebooth), plutôt je suis d'accord (souvent, avec Bartlebooth - savourons les ambiguités, et les adresses IP), et que ce qui en apparaît ici est issu d'un partage que tu ne sembles pas à même de te figurer. Ta façon de nous prendre me désole.
10. Le samedi 24 juin 2006 à 15:56, par Mth PEYRIN / M.pOOl :
La confiance se construit. Elle s'accorde et se retire. C'est un Art de la Nuance. La littérature sert à baliser tout cela, mais elle ne peut le faire que si on l'y autorise. Ce que je n'ai pas du tout aimé ici autrefois, c'est le manque d'humilité et cette façon "cavalière" de s'emparer de l'image de la femme comme si cela était un jeu sans incidence. J'ai été déçue que cela ait été possible et toléré. J'aime rire comme vous tous, mais pas sur des questions de fond comme le respect de la personne qui doit se décliner, à mon sens, à tout moment et à tous les niveaux. Dire n'importe quoi pour avoir l'impression de mettre son grain de sel est aussi grave que de s'abstenir d'intervenir lorsque les bornes de la courtoisie sont largement dépassées.L'attaque de personne, par mots interposés est toujours un délit. Aucune justification a posteriori n'est possible. J'ai découvert sur ce blog des auteurs comme Jean CAYROL que j'ai lu avec un grand enthousiasme, il me semble qu'on aurait pu échanger valablement aussi et mieux sur nos versions complémentaires de DURAS. Et quand bien même l'échange n'aurait pas été possible, le simple fait de se croiser de temps en temps sur des thèmes ou des ressources internautiques partageables, me paraît suffisamment gratifiant et générateur de gratitude. En toute simplicité. Je n'éprouve aucune rancune vis à vis de ceux j'ai continué à jeter un oeil sur ce site assez souvent, et j'ai aujourd'hui le plaisir d'avoir envie d'y laisser ce message grâce à la nouvelle facétie médiatrice , débonnaire et généreuse de Jean-Claude BOURDAIS , l'homme au lac de Thiron, qui fait souvent des ricochets amusants et apaisants. Ce doit être un bon prof aimé de ses élèves. Les pêcheurs, on le sait, sont des patients, bien plus que les chasseurs, cela n'empêche pas les prises directes sur les événements qui comptent. Je trouverais intelligent et délicat, que sa liste de raisons pour concilier les supposés irréconciliables ici même, soit le point de rupture et de renouvellement d'une interactivité sereine et enrichissante pour chacun. On peut pêcher sans hamecon cruel et remettre les ablettes à l'eau après rencontre. En tout cas, c'est mon souhait d'aujourd'hui. J'espère qu'il passera la nuit...
Bonsoir à tous. Je vous souhaite le sommeil du juste (sans cauchemar !) .
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