lundi 31 juillet 2006
Lui chercher des angles inodores
Par Berlol, lundi 31 juillet 2006 à 23:59 :: General
Dehors ! C'est là que j'ai passé la journée.
C'était pas dit, au départ. Je devais juste aller déjeuner
avec Manu, à Kanda. Mais il fallait aussi passer à la banque,
à l'agence de voyage, à Kasuga pour changer un achat de verrou
de fenêtre, éventuellement à Akihabara pour voir les
prix des ordinateurs ces jours-ci ainsi qu'à Kappabashi pour quelques
cadeaux. Et l'idée m'est venue de faire tout ça en vélo.Avec T. pour les deux premières étapes, tout seul ensuite. Et en rentrant vers 17 heures, 30 kilomètres au compteur. Et dans mon sac, tout le temps, jamais ouvert, un livre. Comme Claudine Galéa, je ne sors jamais sans un livre (je ne suis donc jamais libre).
Déjeuner au Champ de soleil, comme souvent avec Manu puisque c'est assez près de son travail. De ce côté, d'ailleurs, ça s'éclaircit puisqu'il a passé avec succès une certification qui va lui permettre de prétendre à un emploi mieux rémunéré, quand il en aura trouvé un. Avec deux enfants, ça s'impose. Mais la question se pose toujours, quoique moins présente que les mois derniers : en France ou au Japon ? (Avec bien sûr des avantages et des inconvénients des deux côtés, sinon il n'y aurait pas de question...)
Moi, j'arrive du Dell Real Store d'Akihabara, le fameux quartier électrique, après être allé chez Laox où je n'avais rien vu d'intéressant. J'ai ramené le descriptif du Dimension 3100 C pour lequel il y a, jusqu'à aujourd'hui inclus, deux promotions intéressantes, l'une avec écran 19 pouces et 512Mb de Ram (87.330¥), l'autre avec écran 23 pouces, 2 Gb de Ram, un tuner TV et quelques autres bricoles (134.980¥). On en cause, ce n'est pas mal mais il n'y a pas lieu de se précipiter. D'autant que pour avoir le système en anglais, il vaut mieux passer commande par le site web de Dell. Pas trop de discussion sur moi, puisque Manu lit ce journal, un peu sur les commentaires et les commentateurs. Et puis c'est déjà l'heure.
Étonnement, toujours, au débouché d'une rue,
de sentir soudain la dominante horizontale, tant les verticales nous conditionnent
à notre insu. Cette fois, c'est avec la Sumida, au sud d'Asakusa,
fleuve large, bordé et traversé d'autoroutes sur les berges
duquel commence à se développer un habitat bourgeois — c'est
la zone Bercy de Tokyo.J'y suis arrivé au pif, zigzaguant gauche-droite depuis Kanda sans rien reconnaître, vers ce que j'estimai être le nord et qui était en fait le nord-est. Plutôt Asakusa que Ueno, donc.
Mais ce n'est pas grave puisque Kappabashi, ensemble de quatre ou cinq rues de moins d'1 km² appelé quartier du matériel de cuisine, se trouve exactement entre Ueno et Asakusa.
Ça peut servir de repère, de loin. Mais de près,
je suis toujours surpris par le mauvais goût du StarckÉtron pour la bière Asahi.
À moins de lui chercher des angles inodores, de jouer à cache-cache
avec la lumière... Ajoutons aux érections d'immeubles cossus,
un autre mouvement archictectural du quartier : les cabanes de bâches
bleues, en quantité vraiment impressionante. Si ce quartier devient
chic, les nouveaux habitants, probables migrants de Roppongi, déçus
par l'étroitesse du lieu et la mauvaise réputation de quelques
hommes d'affaire véreux, devront faire leur jogging entre les cartons,
les popotes et les collecteurs-broyeurs de canettes. Se poseront-ils des
questions sur la valeur du capitalisme, les uns et les autres ?Quelques cadeaux plus tard (discrétion, car de futurs récipiendaires lisent...), je m'engage sur le chemin du retour, par le nord de Ueno, Nippori (méconnaissable, énormes travaux de nouvelles lignes de train) pour revenir sur Kasuga de façon quelque peu mystérieuse. Faut que j'aille consulter la carte pour voir où je suis passé. Pour sûr, on y retournera... Mais c'est assez, il est tard. je mettrai des liens urbanistiques demain.
« Le Liban qui n’a jamais fait la guerre à Israël, un pays avec 40 quotidiens, 42 universités et une centaine de banques différentes, est en train d’être détruit par nos avions et nos canons, et presque personne ne prend en compte le prix de la haine que nous semons. L’image d’Israël dans l’opinion internationale est devenue monstrueuse et cela non plus, en attendant, n’est pas enregistré à la rubrique "dette" de cette guerre. Israël est marqué de lourdes taches morales qu’on n’enlèvera pas rapidement. Il n’y a que chez nous qu’on ne veut pas les voir.» ("Temps obscurs", par Gidéon Lévy, Haaretz pour version en anglais)
Assez, oui. Pour l'image monstrueuse, je confirme.