Désir de la pique surmontée d'une tête
Par Berlol, dimanche 2 juillet 2006 à 23:59 :: General :: #315 :: rss
Avec une nuit à moitié bouffée par le ballon rond et
un petit déjeuner pris forcément tard, la matinée passe
en trombe. J'ai bien fait de renoncer au ping-pong, on verra la semaine prochaine.
Je lis les titres (les titres seulement) des dizaines d'articles sur la victoire
de l'équipe de France, la télévision japonaise fait
des best of de buts (faut dire qu'ils n'ont plus que ça à
faire, après le fiasco de l'équipe japonaise et la démission
discrète de Zico) — pour autant, je ne me sens pas dans la liesse,
ce n'est qu'un jeu et je sais bien qu'on le détourne pour nous occuper
pendant qu'Israël..., pendant que Monsanto..., pendant que Sarkozy...
La seule nouvelle qui me fait sourire, ce soir, c'est le départ forcé
de Forgeard de la tête d'EADS. Comment peut-on dire qu'on dirige avec
compétence un groupe et affirmer qu'on ne savait pas les retards ni
que le titre allait chuter ? (Mais que cependant, par hasard, on en
a vendu des paquets...) Une telle arrogance dans l'hypocrisie ne devrait
pas être acceptable. Parfois, je ressens le désir de la pique
surmontée d'une tête, promenée dégoulinante dans
les rues... Je me contiens. Je me soigne avec des comprimés de démocratie
et des gouttes d'aquoibonisme.
À 13h, je vais écouter la conférence
de Miguel Benasayag. Il nous
explique comment le mouvement des sans terres est apparu et quelques
autres sans
quelque chose... mais surtout, il développe une critique des pouvoirs
politiques comme étant naturellement dogmatiques, voire dictatoriaux,
même dans la douceur démocratique, en tout cas toujours producteurs
d'un modèle auquel tout le monde est sommé de se soumettre
et duquel les exclus sont structurellement
(et donc irrémédiablement) de plus en plus nombreux. Au point
qu'il n'est plus possible
de croire pouvoir traiter le système aux marges, de s'en accomoder
moyennant quelques contributions à ceux qui sont dans le besoin ou
l'exclusion. Non, il faut repenser des fonctionnements collectifs de base
de ceux-là même qui sont écartés du système
majoritaire. C'est de là que sont apparus les Forum sociaux
comme Porto
Alegre (dont il était question jeudi via les Poupées
russes — comme quoi, hein...), avec une volonté de ne pas prendre
le pouvoir — même si aujourd'hui ce groupement constitué d'exclus
a produit à son tour des exclus...
Je suis encore des tables rondes où sont présentés les homeless d'Osaka (par Nakagiri Kosuke), la lutte des étrangers sans visa de séjour au Japon (Tsugawa Tsutomu), puis la création et le travail de Médecins du monde (Graciela Robert), enfin l'histoire et les actions de Droit au logement (Benoîte Bureau).
Ça redonde. Ça commence même à s'écouter.
Et puis je fatigue. Et puis il ne pleut plus. Je sors manger un petit gâteau,
histoire de voir si j'ai envie de retourner dans l'arène. Mais non,
il vaut mieux que je rentre car j'ai encore des pages et des pages à
corriger pour mes étudiantes. Et puis le beau ciel, des nuages qui
me tendent leurs moutons. J'en photographie quelques-uns avant de rejoindre
T. qui a bien avancé ses sujets d'examens...
Nuitamment, au frais, longue promenade à pied par Kagurazaka, Edogawabashi, Gokokuji, Myogadani et retour. Plus de 8500 pas au compteur de T. qui découvre ainsi petit à petit sa ville (que je connais déjà — on a eu des vies très différentes).
À 13h, je vais écouter la conférence
de Miguel Benasayag. Il nous
explique comment le mouvement des sans terres est apparu et quelques
autres sans
quelque chose... mais surtout, il développe une critique des pouvoirs
politiques comme étant naturellement dogmatiques, voire dictatoriaux,
même dans la douceur démocratique, en tout cas toujours producteurs
d'un modèle auquel tout le monde est sommé de se soumettre
et duquel les exclus sont structurellement
(et donc irrémédiablement) de plus en plus nombreux. Au point
qu'il n'est plus possible
de croire pouvoir traiter le système aux marges, de s'en accomoder
moyennant quelques contributions à ceux qui sont dans le besoin ou
l'exclusion. Non, il faut repenser des fonctionnements collectifs de base
de ceux-là même qui sont écartés du système
majoritaire. C'est de là que sont apparus les Forum sociaux
comme Porto
Alegre (dont il était question jeudi via les Poupées
russes — comme quoi, hein...), avec une volonté de ne pas prendre
le pouvoir — même si aujourd'hui ce groupement constitué d'exclus
a produit à son tour des exclus...Je suis encore des tables rondes où sont présentés les homeless d'Osaka (par Nakagiri Kosuke), la lutte des étrangers sans visa de séjour au Japon (Tsugawa Tsutomu), puis la création et le travail de Médecins du monde (Graciela Robert), enfin l'histoire et les actions de Droit au logement (Benoîte Bureau).
Ça redonde. Ça commence même à s'écouter.
Et puis je fatigue. Et puis il ne pleut plus. Je sors manger un petit gâteau,
histoire de voir si j'ai envie de retourner dans l'arène. Mais non,
il vaut mieux que je rentre car j'ai encore des pages et des pages à
corriger pour mes étudiantes. Et puis le beau ciel, des nuages qui
me tendent leurs moutons. J'en photographie quelques-uns avant de rejoindre
T. qui a bien avancé ses sujets d'examens...Nuitamment, au frais, longue promenade à pied par Kagurazaka, Edogawabashi, Gokokuji, Myogadani et retour. Plus de 8500 pas au compteur de T. qui découvre ainsi petit à petit sa ville (que je connais déjà — on a eu des vies très différentes).
Commentaires
1. Le dimanche 2 juillet 2006 à 11:45, par brigetoun :
merci pour la fraîcheur bienvenue de ces nuages. Une question à poser à ce cher Bennasayag (je les aime et les ai longtemps suivis lui et les comparables) comment éviter le dogmatisme de ce qui remplacerait les politiques ?
2. Le dimanche 2 juillet 2006 à 22:59, par Berlol :
Il est peu probable que je le revoie. Mais il répondrait sans doute que ce serait en évitant d'avoir du pouvoir... Moi je dirais plutôt que la tendance au dogmatisme fait partie de la nature humaine. Je change de sujet mais on dirait que c'est déjà la canicule, par chez vous ?
3. Le lundi 3 juillet 2006 à 03:40, par vinteix :
... ce qui rejoint le point de vue millénaire du taoïsme et en particulier de Tchouang-tseu : "C'est seulement à celui qui se désintéresse du gouvernement du monde qu'on peut confier le monde."
Le problème est que ça n'est jamais le cas...
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.