Facture ne vaut pas signature
Par Berlol, lundi 10 juillet 2006 à 21:59 :: General :: #323 :: rss
Je n'ai pas, mais alors pas du tout la même interprétation
du geste de Zidane que les médias canons (j'ai lu Le Monde
et écouté France Inter, deux lieux hautement doxiques,
qui disent que c'est pas bien du tout, que c'est inacceptable, etc.). Mystère
Zidane, titre Libération...
Pour moi qui ai vu ce match comme le triomphe du mauvais jeu, des maillots tirés, des petites fautes de pied exécutées les bras déjà en l'air, tous derviches menteurs, l'apothéose de ce que des journalistes blasés appellent le jeu viril — jeu vilain, dit T. au petit déjeuner, à raison, quand les médias japonais s'interrogent aussi.
Replongeons-y. Zidane finit son dernier mach. Le score lui importe évidemment. Il enrage : il vient de propulser une tête extraordinaire, détournée à quelques millimètres de la victoire par Gianluigi Buffon, beau comme un Caravage — l'aviez-vous remarqué ? Et le sale jeu qui continue. Jusqu'au moment où toute cette violence prend le dessus, celle des gestes et celle des mots. Et un mot suffit, ou un geste de l'adversaire harceleur. Qui dépasse les autres, qui fait passer au second plan l'importance du score, l'importance de la finale, l'importance et l'éthique du sport lui-même — qui n'est déjà plus que l'ombre de l'éthique tant tout le monde s'accomode de la permanence de la violence et des coups bas. Alors, en une seconde, Zidane conçoit de finir en beauté, dans les décors, en hors-jeu total, un OSNI (objet sportif non identifié), quelque chose qui marquera les esprits et les anthologies, un geste — que dis-je, un geste : un message clair en langage gestuel — qui dénoncera, au vu de tous et au dernier moment, au paroxysme de la convergence télé de centaines de millions de téléspectateurs, l'insupportable supporté jusque-là, l'éthique inversée, l'ignominie d'un anti-jeu systématisé qui les transforme tous en vingt-deux gladiateurs dans une mondiale arène romaine assoiffée de sang et de coups bas.
Enfin voilà, ma lecture du coup de bélier n'est ni sportive ni journalistique. Pas la peine de me répondre avec le réglement puisque c'est contre le réglement bafoué que Zidane choisit la sortie. Il y a de l'anthropologique, là-dedans.
Restons-y. Après le petit déjeuner, j'écoute Une vie une œuvre d'hier sur Michel Leiris en corrigeant sur Writely les textes maintenant bien développés de mes étudiantes de séminaire, sur Les Poupées russes — avec qui on va passer au traitement de texte personnel pour la rédaction finale des mémoires de fin de semestre, Writely n'étant pas adapté à cette finalisation.
Je m'amuse des effets d'annonce lévinassien et bennylévien chez Livres Hebdo et en profite pour rappeler que l'index des œuvres de Claude Simon est en ligne depuis... 9 ans ! Ça va être dur pour ceux qui croient innover... (Et on ne va pas refaire les pages : on leur garde leur côté vintage...)
Le gros typhon qu'on nous promettait et qui a bien arrosé Okinawa et Kyushu n'arrive pas jusqu'à nous. Je sors ma (bicyclette) Rover pour aller faire des courses, passer à la banque. Fait quand même lourd, même si j'aime mieux être ici que sur les Champs Élysées, question ambiance.
Première tentative avec Pandémonium, de Régine Detambel. Mais après les écritures extrêmes de Volodine et d'Angot, différentes l'une de l'autre à ceci près qu'elles sont d'une terrible exigence, celle de Detambel me paraît plus commune, travaillée, recherchée, certes, non sans formalisme, d'ailleurs, comme le soulignait avec malignité Fred Vargas dans une émission de télé où les deux auteurs étaient invitées, mais... — elle serait aux deux autres ce que l'artisan est à l'artiste : la bonne facture n'est pas aussi prenante que la signature unique. Mais je ne renonce pas. Il faut que j'accomode.
« Le mot [diversité] a la même ambiguïté que "multiculturalisme" : on prône la diversité, ce qui ne dérange évidemment personne, et dans le même mouvement on justifie que "l'accueil et l'ouverture", évoqués par Chirac devant Fadela Amara et des amies de "Ni Putes Ni Soumises", soient mis en œuvre diversement selon cette diversité — la "lutte contre toutes les formes de discrimination" étant le paravent rhétorique habituel. Prôner le multiculturalisme dans une société rongée par l'apartheid rampant, se féliciter de la diversité alors que l'uniformisation et l'inégalité progressent partout, telle est la ruse de la LQR.» (Éric Hazan, LQR, p. 49)
Pour moi qui ai vu ce match comme le triomphe du mauvais jeu, des maillots tirés, des petites fautes de pied exécutées les bras déjà en l'air, tous derviches menteurs, l'apothéose de ce que des journalistes blasés appellent le jeu viril — jeu vilain, dit T. au petit déjeuner, à raison, quand les médias japonais s'interrogent aussi.
Replongeons-y. Zidane finit son dernier mach. Le score lui importe évidemment. Il enrage : il vient de propulser une tête extraordinaire, détournée à quelques millimètres de la victoire par Gianluigi Buffon, beau comme un Caravage — l'aviez-vous remarqué ? Et le sale jeu qui continue. Jusqu'au moment où toute cette violence prend le dessus, celle des gestes et celle des mots. Et un mot suffit, ou un geste de l'adversaire harceleur. Qui dépasse les autres, qui fait passer au second plan l'importance du score, l'importance de la finale, l'importance et l'éthique du sport lui-même — qui n'est déjà plus que l'ombre de l'éthique tant tout le monde s'accomode de la permanence de la violence et des coups bas. Alors, en une seconde, Zidane conçoit de finir en beauté, dans les décors, en hors-jeu total, un OSNI (objet sportif non identifié), quelque chose qui marquera les esprits et les anthologies, un geste — que dis-je, un geste : un message clair en langage gestuel — qui dénoncera, au vu de tous et au dernier moment, au paroxysme de la convergence télé de centaines de millions de téléspectateurs, l'insupportable supporté jusque-là, l'éthique inversée, l'ignominie d'un anti-jeu systématisé qui les transforme tous en vingt-deux gladiateurs dans une mondiale arène romaine assoiffée de sang et de coups bas.
Enfin voilà, ma lecture du coup de bélier n'est ni sportive ni journalistique. Pas la peine de me répondre avec le réglement puisque c'est contre le réglement bafoué que Zidane choisit la sortie. Il y a de l'anthropologique, là-dedans.
Restons-y. Après le petit déjeuner, j'écoute Une vie une œuvre d'hier sur Michel Leiris en corrigeant sur Writely les textes maintenant bien développés de mes étudiantes de séminaire, sur Les Poupées russes — avec qui on va passer au traitement de texte personnel pour la rédaction finale des mémoires de fin de semestre, Writely n'étant pas adapté à cette finalisation.
Je m'amuse des effets d'annonce lévinassien et bennylévien chez Livres Hebdo et en profite pour rappeler que l'index des œuvres de Claude Simon est en ligne depuis... 9 ans ! Ça va être dur pour ceux qui croient innover... (Et on ne va pas refaire les pages : on leur garde leur côté vintage...)
Le gros typhon qu'on nous promettait et qui a bien arrosé Okinawa et Kyushu n'arrive pas jusqu'à nous. Je sors ma (bicyclette) Rover pour aller faire des courses, passer à la banque. Fait quand même lourd, même si j'aime mieux être ici que sur les Champs Élysées, question ambiance.
Première tentative avec Pandémonium, de Régine Detambel. Mais après les écritures extrêmes de Volodine et d'Angot, différentes l'une de l'autre à ceci près qu'elles sont d'une terrible exigence, celle de Detambel me paraît plus commune, travaillée, recherchée, certes, non sans formalisme, d'ailleurs, comme le soulignait avec malignité Fred Vargas dans une émission de télé où les deux auteurs étaient invitées, mais... — elle serait aux deux autres ce que l'artisan est à l'artiste : la bonne facture n'est pas aussi prenante que la signature unique. Mais je ne renonce pas. Il faut que j'accomode.
« Le mot [diversité] a la même ambiguïté que "multiculturalisme" : on prône la diversité, ce qui ne dérange évidemment personne, et dans le même mouvement on justifie que "l'accueil et l'ouverture", évoqués par Chirac devant Fadela Amara et des amies de "Ni Putes Ni Soumises", soient mis en œuvre diversement selon cette diversité — la "lutte contre toutes les formes de discrimination" étant le paravent rhétorique habituel. Prôner le multiculturalisme dans une société rongée par l'apartheid rampant, se féliciter de la diversité alors que l'uniformisation et l'inégalité progressent partout, telle est la ruse de la LQR.» (Éric Hazan, LQR, p. 49)
Commentaires
1. Le lundi 10 juillet 2006 à 06:36, par Manu :
Tiens, je lance un petit jeu : essayons de deviner ce que Materazzi a bien pu dire à Zidane. Je me lance "T'as vu, j'ai une meilleure tête que toi. A 34 ans, tu as perdu la tienne"
2. Le lundi 10 juillet 2006 à 06:39, par Berlol :
Il me semble avoir vu ce petit jeu déjà sur un ou deux blogs dans l'aprem, peut-être sur Libé... Les propositions sont plus musclées et moins spirituelles que la tienne, hélas...
3. Le lundi 10 juillet 2006 à 07:10, par dan :
Votre interprétation est séduisante, mais elle se heurte, il me semble, à la mine et l'attitude de Zidane durant les longues secondes de flottement au cours desquelles l'arbitre a tâché d'apprendre ce qui venait de se passer. S'il avait eu dans l'idée le geste de dénonciation flamboyante que vous lui prêtez, n'aurait-il pas, question en somme d'inscrire, pour mettre aux "harceleurs" le nez dans leurs vilaines méthodes, son nom au bas d'un martyrologe de l'occasion, confirmé d'emblée les vociférations de Buffon (entre autres) en train d'exposer le coup de boule à l'arbitre ? Il a plutôt paru espérer, "contre toute raison", que pas un membre du corps arbitral ne l'avait pris les doigts dans le pot de confiture.
"Don't seek deep motivation everywhere" (Beckett) - de multiples tensions, et de terribles sans doute, l'épuisement physique, le dernier match d'une carrière, les enjeux qu'on sait, des adversaires provocateurs, le vase, la goutte d'eau, le coktail détone, Zidane détonne.
4. Le lundi 10 juillet 2006 à 07:21, par vinteix :
On imagine sans peine ce que Materazzi a pu dire à Zidane... et ce n'est pas glorieux du tout, pas plus que le geste de Zidane lui-même, mais je suis d'accord avec l'interprétation de Berlol, sauf que je ne pense que cela ait été si réfléchi. Les propos de Materazzi ont été la goutte d'eau ; on sait bien ce que lui et d'autres dans le championnat italien ont l'habitude de dire; le racisme est permanent dans les stades. De plus, à l'anti-jeu, aux tirages de maillots (mais cela est dans tous les matchs), et aux mots de trop, il faut ajouter la pression qui pesait sur Zidane, notamment après les propos infames que la presse espagnole a tenus sur lui après l'avoir adulé... Tout ceci a fait qu'il a craqué au moment où il n'aurait pas dû... humain, trop humain... Il va sûrement le regretter amèrement, tandis que la connerie de l'autre, étouffée par sa victoire, ne prend pas le chemin de la guérison...
5. Le lundi 10 juillet 2006 à 07:38, par dan :
Note à moi-même : "coCktail", patate.
6. Le lundi 10 juillet 2006 à 07:41, par Berlol :
"la connerie de l'autre", oui, ça, ça ne va pas s'arranger avec le temps, tu as raison.
Merci, Dan, c'est vrai que j'enjolive un peu, et c'est vrai qu'il y a ces quelques secondes où il pense que ça va peut-être "passer". Il n'en reste pas moins qu'il a fait de face et franchement ce que les autres déguisent dans leurs mouvements involontaires. Eolas souligne d'ailleurs que c'est peut-être le premier arbitrage avec vidéo alors même que ce n'est pas autorisé. Domenech devrait porter plainte...
7. Le lundi 10 juillet 2006 à 09:06, par cg :
mon avis (et je le partage) est que ces jeux du cirque modernes dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée ne sont qu'une mise en scène destinée à occuper les cerveaux du peuple à autre chose qu'à critiquer les puissants :
l'Italie ayant payé plus cher ou utilisé des arguments de plus de poids étant prévue pour gagner, comment faire pour que ledit zizou national et preuve d'intégration ne parte pas à la retraite sur des tirs au but ratés ce qui serait trop la honte et énerverait les banlieues pour l'heure relativement pacifiées ?...
bon sang mais c'est bien sûr, il suffit de le faire sortir avant !
encore mieux : sur une soi-disant erreur fatale et mystérieuse qui va occuper les médias (et les cerveaux) encore une bonne semaine et qui fournira sans doute la matière d'un prochain best-seller : pourquoi j'ai pété les plombs par zizou et son nègre ...
8. Le lundi 10 juillet 2006 à 14:04, par caroline :
Alors là, Bravo cg ! On nous amuse et on marche en plein. Sans Tv et me foutant éperdument du foot toutes ses histoires me paraissent aussi lointaines que la reproduction de l'oiseau persifleur de Patagonie ! Quoique, l'oiseau persifleur...
9. Le lundi 10 juillet 2006 à 14:22, par janu :
Chouette, hourra, nous sommes deux! Transgressif, beau (je le vois peint par Goya, moi, le geste du grand homme droit qui s'abaisse en taureau), vrai comme le cri rompt. Et rare (je ne m'y connais guère, mais je n'ai jamais vu personne le faire, le coup de boule dans le thorax). (Je n'ai osé le dire, mais comme je suis, je suis allé jusqu'à rêver d'une équipe quittant le terrain comme un seul homme, tout orgueil, enfance : on joue plus).
Mais j'ai aussi des cavalcades à la cq, parfois : une grande composition, complot, vérité célée (vérité célée : la fameuse phrase - formule - grâce à laquelle l'équipe s'encourageait avant les matchs, ce qu'a pu dire Materazzi...)!
10. Le lundi 10 juillet 2006 à 17:21, par Mth Peyrin :
(AVEC CORRECTION )
Que ce soit inacceptable ou non - les gestes existent ( et pas que celui du mythe qui s'effondre) et ils font trace - Encore une fois, je pense aux mômes, qui auront vu cela et le lendemain les honneurs à l'Elysée...La facture sera aussi lourde que la signature sur le plan social et si les "tricheurs" de haut niveau s'accommodent de telles dérives, je ne donne pas cher de la paix si précaire des banlieues. Au delà de l'anecdote du coup bas -probablement verbal - je ne peux m'empêcher de penser à une sorte de raptus suicidaire social chez cet homme sous pression aux responsabilités écrasantes, propulsé au sommet parce qu’ il le dit lui-même :" je jouais bien au foot". Il était en couverture du magazine Psychologies cette semaine et il ne se la jouait pas. Il parlait famille, éducation parentale et valeurs du sport... Qu'est-ce qui peut transformer un homme ordinaire et volontiers pacifique en pitbull ? En effet, ce n'est pas tellement mystérieux... c'est de lui déléguer un pouvoir qu'il n'a jamais demandé : faire le porte-doléances, le porte-voix de tous ceux qui sont en bas et qui mettent tout leur espoir dans le Dieu-Ballon-Rond... Le résultat est celui qu'on voit : lamentable . Mais comme à chaque fois qu'on assiste à ce type de dérapage flagrant( parce que filmé en direct ), on se retrouve dans le brouillard allergisant des jugements à géométrie variable: du plus jamais plus ! (mon oeil !),de la relativisation ( Bah ! humain trop humain, faut savoir passer l'éponge sur l'oeil enflé) ,de la complaisance (oeil pour oeil dent pour dent, c'est normal...)ou de la parfaite indifférence ( qu'ils s'étripent qu'ils s'arrachent les yeux et la langue pourvu qu'ils ne salissent pas mon Tapis Persan ). Je ne peux pas m'empêcher de voir le môme de 5-7 ans dans la cour de récréation qui reproduit les crochepieds , les pinces-où-ça-fait-mal, les coups de boule à K.O. en disant qu'il joue au Mondial et que c'est Normal... Et à l'adolescence, n'en parlons pas... Sale temps pour les matchs en escadrilles... On s'en doutait avant... On est encore plus démunis après... Il y a bien un moment où l'anthropologie doit apporter quelque chose de plus rassurant, non ? Ne jamais confondre l'homme et l'acte, est une règle éthique. S'interroger sur les moyens d'éradiquer la gestuelle de violence au profit de tous n'est pas encore has been... Julien GRACQ disait dans une interwiew d'ina qu'il y avait parfois des sortes de mouvements inconscients collectifs qui accéléraient la survenue d'un fléau ( il évoquait l'avènement du dictateur par exemple ou d'une guerre). Nous en avons vu une démonstration in vivo dans un contexte pourtant ludique... De quoi prendre du plomb dans la cervelle ou jamais...
11. Le lundi 10 juillet 2006 à 18:36, par vinteix :
Ah ! les beaux discours des purs, des justes, des sans taches ! et les grands mots définitifs : "le mythe qui s'effondre", etc. ! et la discrimination raciale, la connerie verbale, vous connaissez ?
12. Le lundi 10 juillet 2006 à 18:44, par vinteix :
de plus, ce sont les médias qui ont statufié Zidane et l'ont érigé en modèle (social)... lui, je pense, rêve depuis longtemps d'une vie beaucoup plus tranquille... et que l'on aime ou pas le football, il reste dans ce domaine, sportif, un des plus grands.
13. Le lundi 10 juillet 2006 à 19:38, par Mth Peyrin :
Zidane est un homme très sympathique. Oui ce sont les médias et les fans qui en rajoutent des pelures sur le mythe . Non il ne s'agit pas d'un discours de "purs" etc... Du bon sens que Diable ! Ne nous voilez pas la face... Moi j'aime bien voir qui j'ai en face et si c'est un tueur ou un tordu je lui dis ce que pense. Ce n'est pas mythique , c'est légendaire...
14. Le lundi 10 juillet 2006 à 20:00, par Berlol :
Par Goya, oui, pas mal, en effet, merci Sylvain. Puissant. Rompre avec la loi de la violence rampante et de l'insulte salissante — par la violence revendiquée, hautaine (de la tête, et surtout pas du pied). Oui, j'espère que les petits prendront exemple du langage plutôt que du geste. Pour Gracq, oui, les mouvements d'inconscience collectifs (phylotropismes) constituent le thème principal du Rivage des Syrtes, sur un canevas philosophico-historique d'Oswald Spengler (qui a aussi, bien que ça n'ait rien à voir avec Gracq, inspiré quelques nazis).
15. Le mardi 11 juillet 2006 à 01:24, par cg :
j'aime bien zidane moi aussi, et ce que vous en dites (berlol, janu...) est assez joli, mais il faut être conscient du fait que son personnage public est aussi fabriqué que celui de ... loana par exemple, que j'aime bien aussi
il faut aussi dire que pour qui comme moi ne s'intéresse pas au foot, les semaines passées ont été difficiles : même mes blogs préférés en parlent
une anecdote parmi beaucoup d'autres : des amis qui rentraient tranquillement du resto mercredi dernier ont reçu coup de pieds et bouteilles de bière sur leur voiture parce qu'ils osaient ne pas rouler en hurlant picolant klaxonnant agitant des drapeaux
bref beaucoup plus grave que le coup de boule de zizou me semble l'injonction coercitive faite à tout français de soutenir "son" équipe et d'entrer dans une transe collective orchestrée au même titre que celle du loft il y a quelques années (encore à ce moment là était-il possible d'être pour ou contre !)
16. Le mardi 11 juillet 2006 à 08:15, par vinteix :
Au risque de passer pour un gros bourin de footeux, je me permets de revenir sur le geste de Zidane, car c'est mesquin et aussi ne rien comprendre au déroulement des matchs de football que d'accabler ce joueur et de le désigner comme un "pitbull" ou autre... Le mythe est une pure construction des médias et de ces débiles criant "Zidane président", ça oui, mais le joueur est une légende du sport. Mais qu'à ce moment-là, moment d'apothéose, après avoir porté de tout son talent une équipe, après les critiques les plus basses venues de plusieurs pays dont le dernier où il a joué et été adulé, après (comme tant de matchs, mais les Italiens sont spécialistes en la matière) un match où il ne cesse d'être tiraillé, maillot tiré, etc., un énergumène connu pour sa violence verbale et physique lui lance les pires insultes (dont on connaîtra bientôt la teneur mais on imagine déjà la saveur), alors moi je comprends que l'on puisse craquer et péter les plombs... alors qu'au même moment, par ailleurs, la mère du joueur en question ne semble pas aller très bien physiquement... Par son geste, Zidane nous rappelle que les mots ont un poids, que la violence verbale n'est pas rien, et que certains propos sont inacceptables, oui, et cela n'a rien à voir avec la langue de bois des politiques. Oui, il nous rappelle d'où il vient, et là, on n'est plus dans le mythe, et à la limite, j'applaudirais presque à son geste, alors que sur le moment, je lui en voulais tellement, car il vient de ces quartiers et de ces milieux que l'on ne cesse de déconsidérer et de rejeter. Il n'est pas un mythe, mais un homme... HUMAIN TROP HUMAIN. Au moment du soulèvement des banlieues de l'automne dernier, certains ont parlé, à juste titre, du manque de compréhension de "la politique du feu" (historiquement millénaire) et de la compréhension de certains (les politiques et une grande part de la société) de tout sauf de la violence... mais n'y a-t-il pas un moment où ces gens-là en ont marre d'être en marge et où ils n'ont plus que le feu pour tenter de se faire entendre ? Certes, le contexte d'un stade de football n'est pas le même, mais Zidane vient de ces milieux d'exclus et il y a fort à parier que la saloperie verbale de l'autre a réveillé en lui l'INACCEPTABLE.
17. Le mardi 11 juillet 2006 à 16:23, par Mth Peyrin :
Le meilleur argument c'est la vérité. La vérité c'est qu'à tolérer la violence verbale et physique sur les stades alors qu'on apprend aux mômes à la contrôler dans d'autres sports collectifs, on ne rend de service à personne. La justification a posteriori est toujours possible, qui de la poule, qui de l'oeuf. Les faits sont là. A un haut niveau de compétition. C'est tout. Et des millions de gens vont se souvenir de çà malgré tous les discours intellos ou pas.
18. Le mardi 11 juillet 2006 à 18:31, par vinteix :
La vérité ! encore ce grand mot, lâché inconséquemment... Personne ne tolère la violence verbale ou physique sur les stades !
Enfin, il ne s'agit pas de discours intello, mais d'anthropologie, tout simplement. Je replaçais précédemment le geste de Zidane, que je n'excuse pas mais que je comprends, dans son contexte : je ne vois vraiment pas ce qu'il y a d'intello là-dedans !
19. Le mardi 11 juillet 2006 à 21:32, par Berlol :
Oui, moi aussi j'ai tiqué sur le mot "intello" mais je ne relève plus maintenant, ça ne sert à rien — d'ailleurs on ne sait pas qui est visé, c'est du tir flou.
20. Le mercredi 12 juillet 2006 à 01:43, par Mth Peyrin :
J'aurais du mettre ce mot "intellos" entre guillemets et le replacer lui aussi dans son contexte. Il est le mot lâché çà et là pour stigmatiser un raisonnement plus "secondarisé" et argumenté qui agace un raisonnement plus "sommaire" sur les questions sociales de fond. Comment "laisser vivre" ensemble des gens sans qu'ils s'agressent et s'entretuent. Ces raisonnements s'excluent les uns et les autres et ils aboutissent à la confusion. Le "tir flou" est ce à quoi j'assiste au même titre que n'importe qui , c'est justement ce que je suggère sous la mention "idiscours ntellos ou pas" , il ne s'agit donc évidemment pas de cibler des personnes mais des comportements observables partout et à tout moment. Le comportement, on peut en changer sous des conditions favorables et s'abstenir si faire se peut de déployer le système de défense archaïque du Talion . Tenter de ne pas répondre sur le même registre à la provocation . Dire "les faits" au lieu de "vérité" peut calmer les esprits, mais qu'est-ce que ça change ? La déception et la colère sont à digérer.Cela prend du temps.Et la répétition est tenace.
21. Le mercredi 12 juillet 2006 à 02:34, par vinteix :
Je ne comprends rien au commentaire précédent !
Par contre, j'ai toujours pensé que les mots ont une grande importance, et qu'un mot à la place d'un autre peut changer beaucoup de choses.
Un mot peut tout bouleverser, de même qu'une seconde peut changer un siècle, comme disait à peu près (je cite de mémoire) V.Hugo.
22. Le mercredi 12 juillet 2006 à 04:38, par Mth Peyrin :
Ne pas vouloir comprendre est une façon de tourner en dérision ce que je dis et qui ne vous convient pas. Vous me prêtez une intention que je n'ai pas , celle de bouleverser le monde avec "un" mot et je ne peux que vous le dire tranquillement. Je me sens plus proche de la sensibilité de Nathalie Sarraute que de celle de Victor Hugo et je pense une fois encore qu'il faut de l'humilité dans les propos échangés ce qui est plus facile à prescrire qu'à s'appliquer à soi-même. Je n'outrepasserai ni ma patience, ni la votre et l'hostilité n'est pas le mode de conversation idéal. Et l'échange objectif et constructif semble compromis. C'est dommage. C'est ainsi. Ce ne sera pas de mon fait.
23. Le mercredi 12 juillet 2006 à 06:27, par vinteix :
Aucune hostilité de ma part, soyez tranquille; j'ai simplement dit que je ne comprenais pas votre commentaire.
Par ailleurs, quand je dis que les mots ont une importance, je ne vous prête absolument aucune intention de vouloir bouleverser le monde avec "un" mot ! Où lisez-vous cela ?
Enfin, ce n'est pas parce que je cite une phrase de Hugo que je suis particulièrement proche de sa sensibilité, plus proche de la sienne que de celle de Sarraute, par exemple, puisque vous la citez, ou d'autres...
Une dernière chose : je ne sais pas ce que c'est qu'un échange objectif... mais comme vous semblez très susceptible et enclin à déformer les propos, vous allez encore penser que je tourne les vôtres en dérision... Peu m'importe au fond... car tout cela fait beaucoup de précisions qui m'ennuient. Pour parler ensemble, malgré les différences ou plutôt avec les différences, il faut un langage commun.
24. Le mercredi 12 juillet 2006 à 07:18, par Berlol :
Il faut surtout concéder et tolérer... (à suivre dans le billet du jour)
25. Le mercredi 12 juillet 2006 à 07:57, par Mth Peyrin :
Vinteix je vous lis bien plus attentivement que vous ne le faites et quand je vous renvoie vos propres expressions vous les récusez. C'est assez sportif pour finir.Ennuyeux, c'est vous qui le pensez. Fatigant c'est certain .Vous laisser entre initiés ayant "langage commun" est en contradiction relative avec la superbe injonction paradoxale de Berlol : "Concéder et tolérer" ... Quoi au juste ? Puisqu'au bout du compte l'application est à géométrie instable donc , induit la condition de se laisser maltraiter sans broncher ( le refus de "relever" un mot qui n'est pas employé dans le sens où il a été émis est une forme de démission navrante) . Triste parade, hélas ... Mais les leçons du passé n'ont pas été suffisantes . L'hostilité est présente quelles que soient vos dénégations. Tant pis.
26. Le mercredi 12 juillet 2006 à 09:40, par vinteix :
Vous me fatiguez, vous... Je vous salue.
27. Le mercredi 12 juillet 2006 à 23:05, par Mth Peyrin :
Ben... Reposez-vous ! Cordialement.
28. Le mercredi 12 juillet 2006 à 23:53, par vinteix :
Une dernière explication de texte : que vous me fatiguiez ne signifie pas forcément que je sois fatigué; merci de votre attention.
29. Le jeudi 13 juillet 2006 à 05:57, par Mth Peyrin :
Pas de problème !
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