Positivons dans l'e-adversité — et ridiculisons un peu plus RDDV, son équipe et le Conseil constitutionnel.

Deux heures de Romain Gary sur la RSR, puisqu'on en parlait. Ça fera plaisir à Clotilde. À suivre avec deux heures d'archives Claude Simon (et des entretiens pas spécialement connus en France).

À l'occasion d'une nouvelle visite du site Classici Stranieri, j'ai découvert sa migration au format blog et que, outre les textes pour lesquels je venais, Valerio Di Stefano proposait aussi de la musique classique en mp3, la voix de Caruso ou l'Orphée de Monteverdi, par exemple.

Restons dans la littérature et les blogs. J'ai l'impression de voir pousser ces semaines-ci deux nouvelles catégories de blogs littéraires. Une que j'approuve car elle veut exhumer des trésors enfouis dans les bibliothèques et les catalogues d'éditeurs exigeants, car elle fournit des informations vérifiées et dûment formatées, dont le type serait l'Alamblog. L'autre que je crains comme la peste car elle transforme en people et en VIP les milieux des auteurs et des éditeurs, car elle se fait l'écho des bruits de couloirs et de cocktails, fussent-ils inintéressants au possible, et je crains que les Blogauteurs s'en veuillent l'archétype.
Disant cela, je ne serais pas un brin dandy, à mon tour ? (Après l'avoir reproché à Barthes chez Lignes de fuite...) Pourquoi reprocherais-je aux milieux littéraires (dont je ne fais pas partie) de vouloir devenir aussi sexy et trendy que ceux de la com, de la pub, de la télé, du show-biz et quelques autres qui ont déjà fait leur mue photogénique et lobotomique pour entrer dans la joyeuse disneylandisation de tous les rayons culturels ?

Mais... D'une façon plus générale, pourquoi quelqu'un veut-il intervenir et donner son opinion ? Il n'y a qu'à laisser faire. Que le monde aille à sa perte, disait Duras. Et puis le choix des mots, comme « lobotomique » ou « disneylandisation », c'est une condamnation a priori. Ce n'est ni très sérieux, ni très fair play... alors décrisper. Zen.
Ce que certains voient comme la perte, est pour d'autres la réussite, la voie de la consécration. Le monde tourne et l'on croit toujours qu'il tourne vers le bas — certains disent que c'est parce qu'on vieillit.
Je me demande parfois si l'autoritarisme d'une génération sur ses suivantes (qui donne la gérontocratie actuelle) ne viendrait pas du fait que nous avons trop de mémoire, trop de choses auxquelles on tient trop, et si, à engranger, reproduire, diffuser de la mémoire en multipliant les supports, on ne finirait pas par s'auto-réifier dans son espace-temps idolâtré, au détriment du vivant en soi qui n'aspire qu'au mouvement, au déplacement, à l'allègement pour aller découvrir d'autres horizons — quitte à laisser tomber des pans entiers de ses origines (origines et racines de plus en plus revendiquées et causes de bien des maux du monde). Écrivant cela, je revois l'image de Rahan, qui repartait toujours en fin d'épisode, libre et les mains vides comme au début.

Tout cela pour dire, puisque ça accompagne par fragments la journée, que j'ai commencé les gros travaux de l'été : les relectures en vue des Actes du colloque de Cerisy d'août dernier. Vous le croirez ou non, mais après 11 mois et plusieurs courriers de rappel aux auteurs, je n'ai pas encore tous les textes ! Presque, quand même.
Je ne suis sorti que pour aller déjeuner d'un poulet-frites au Saint-Martin. Je ne me souviens même pas s'il y avait des nuages. Il m'a semblé que le ciel était gris.