Sortant du centre de sport où nous avons coulé de belles heures, mes tuteurs verts d'1,50 m à la main (pour les tomates). Je les tiens par le milieu comme une arme de trait, souple entre les doigts. J'avance en pliant les jambes comme si j'étais dans la savane et dis à T. que je me vois à la chasse. Avisant une jeune rombière un peu dodue, surmaquillée et fort décoletée, je demande à T. si ce n'est pas une antilope, par hasard. Elle me répond que non, que ce serait plutôt une salope...
Quelques minutes plus tard, quand nous traversons dangereusement le grand carrefour de Shibuya, elle marche dans mon sillage pour fendre la foule. Tourné vers elle, au risque de mourir écrasé par un troupeau de piétons, je lui demande ce qu'elle regarde et elle répond : « Je surveille mon Masaï...».

Le vendeur de tuteurs, en haut du magasin Tokyu Bunkamura, nous a quand même dit qu'il fallait arroser deux fois par jour les tomates, en ce moment. On se dépêche de rentrer, on n'a pas arrosé depuis vendredi soir...

« Planter du basilic entre chaque pied de tomate pour éviter le mildiou.» (Sandrine)
Entre chaque, si on y pense, c'est un peu bizarre, non ?

Parce que le site de France Culture n'avait pas de lien sur le titre d'émission (et je ne savais pas s'il y aurait conservation ou non), j'avais programmé l'ordinateur portable pour qu'il enregistre à 2 heures du matin la conférence de Claudine Galéa, première d'un cycle de dix auteurs à la BnF. Ce matin, pas de conférence dans la boîte. Après vérification du logiciel Total Recorder (qui marche impeccablement), je m'aperçois que c'est parce que l'ordinateur est à l'heure française : il attend donc qu'il soit deux heures en France, soit neuf heures au Japon...
Et tout ça parce que depuis mars, j'ai modifié l'heure à chaque redémarrage, au lieu — que je suis bête ! — de modifier le fuseau horaire (compte tenu que j'ai activé la fonction de synchronisation automatique via le web).
Heureusement, le lien magique est apparu et j'ai pu écouter et enregistrer.
Et ce soir ? Youpi ! Rien moins qu'Antoine Volodine ! (sans doute ici après 20h30, heure française...) Et huit autres à venir les week-ends prochains. Je l'écouterai demain matin...

Totemo isogashii (très occupé !). Pour bien faire, faudrait aussi que j'enregistre les extraits du Journal de Jules Renard (sur RSR), un entretien avec Bertrand Leclair (même radio), et que j'écoute attentivement De beaux lendemains. Tout à l'heure, Jean-Pierre Dupuy parlait philosophiquement de catastrophisme et juste après lui les infos décrivaient les débuts de la marée noire que la démesure des bombardements d'Israël ont déclenchée...

Je voulais rouvrir et citer le livre enfin commencé au sport, sur mon petit vélo fixe, mais il est trop tard, on verra demain. Je me souviens seulement que j'ai d'abord craint, comme on craint de déranger quelqu'un, puis j'ai été en mesure page après page et parenthèse après parenthèse d'apprécier la timidité et les détours pris par l'écriture pour aller vers son sujet.
Déjà avec ça, ceux qui l'ont lu devraient deviner de quel livre je parle (paru cette année).