En rangeant et en travaillant, j'écoute et enregistre la première séance d'un colloque consacré à Léon Werth (sur la webradio des Chemins de la Connaissance, séance enregistrée le 20 janvier, diffusée le 25 juillet), écrivain que je ne connaissais que de nom et qui me devient sympathique en quelques minutes. Après un quart d'heure, je suis frappé de la ressemblance de son caractère avec celui d'Octave Mirbeau, ce qui me sera confirmé deux heures plus tard par des propos de spécialistes.
Je laisse tourner l'appareil pour enregistrer la deuxième séance (enregistrée le 20 janvier et diffusée le 1er août) pendant que nous sortons (la troisième sera pour demain : à chaque fois, c'est près de quatre heures, tout de même).
On a en effet laissé passer un typhon, arrivé sur Tokyo dans la nuit et qui semble en finir avec nous vers 15 heures, sans gravité ici. Le bon moment pour envisager d'aller au sport.

Je n'oublierai pas que Léon Werth est le dédicataire du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry.

Pendant que je transpire de tous mes pores, la narratrice de Nu précipité dans le vide entre enfin au saint des saints de la littérature, la réserve de la BnF. Avec simplicité, elle décrit les rituels auxquels doivent s'astreindre les lecteurs. Je regrette tout de même qu'on n'y sente pas le sentiment de surprise que devrait éprouver une profane (ceci dit, la narratrice n'a jamais dit qu'elle était profane).
Il y est même question des oiseaux qui s'écrasaient contre les vitres du jardin intérieur avant qu'une parade n'y remédie. En l'occurrence, on serait ici plus près du mode d'emploi. En revanche, j'apprécie beaucoup le questionnement qui saisit tout lecteur lorsqu'il doit inscrire le motif de la demande de communication d'ouvrages.

« Il lui a fallu déposer son sac au vestiaire, on lui a remis en échange une mallette en plastique où elle a logé un carnet, quelques stylos, une bouteille d'eau. Elle s'est dirigée vers le rez-de-jardin. Elle a cherché le chemin de la réserve des livres rares, pris l'ascenseur, appuyé sur une sonnette et poussé une porte vitrée. Maintenant elle regarde l'énigme des grands oiseaux bleus immobiles. L'homme qui s'est approché d'elle lui tend une clé. Il explique qu'elle doit d'abord ranger sa mallette dans un petit casier qui porte le numéro de sa place. Elle ne peut pas utiliser de stylo à bille ou à encre, mais seulement un crayon. Il lui désigne sa place de l'autre côté de la salle. Elle remplit les petits bulletins de commande de livres. Elle note la cote, le nom de l'auteur, le titre, l'année. Motif de la demande (Sereine Berlottier, Nu précipité dans le vide, p. 90-91)

Pour la quatrième fois, je crois, après le bain très chaud et le sauna, je suis entré dans le bain d'eau froide dans le but d'y éprouver du plaisir, malgré la difficulté. C'est une grande nouveauté. Pendant plus de quarante ans, j'ai été dans l'impossibilité physique d'entrer dans l'eau froide. L'impossibilité physique et la hantise. Or depuis l'an dernier, il m'est arrivé, après avoir eu bien chaud au sport ou dans le sauna, de souhaiter descendre puis de descendre effectivement dans ce petit bain de 22 ou 24 °C, entouré de panneaux de prévention (n'y pas entrer si l'on est cardiaque, en sortir si l'on ressent un malaise, se laver avant). Et c'était pour me refroidir, juste une fonction pratique.
Mais là, pour la quatrième fois, je crois, j'y entre précisément pour la sensation de bien-être que je vais y ressentir. Et ça marche. Comme quoi, on change.

Avant de revenir à la maison, T. et moi passons au magasin Tokyu Plaza, près de la gare de Shibuya, dans lequel j'avais repéré il y a quelques mois un coin de dévédés de qualité... J'en trouve quatre, qui rejoindront mes documents de travail à l'université (avec sous-titres japonais utiles aux étudiants) : deux Godard, Week-end (1967) et Nouvelle Vague (1990), L'Anglaise et le duc (2001) d'Éric Rohmer et Les Misérables (1957) de Jean-Paul Le Chanois, avec Jean Gabin. Pour l'usage, on verra plus tard.