jeudi 10 août 2006
À moins que je ne te défonce avant
Par Berlol, jeudi 10 août 2006 à 23:10 :: General
Ô ma stature, je me méfie toujours de toi
Demain n'importe comment tu me survivras
À moins que je ne te défonce avant.
Une chose à dire par rapport à la guerre : quand elle est religieuse, implicitement ou explicitement, il n'y a pas de pertinence à distinguer civils et militaires.
Surtout quand en plus les chefs sont drogués de leur stature.
Les religions sont peut-être la pire des choses qui soit arrivée à l'humanité.
Leur réveil (qui est le réveil de leur intransigeance) est un signe de régression.
Et pourtant, elles sont la source de bien des œuvres admirables dans tous les arts.
Vivre avec la conscience de cette antinomie n'est pas facile. Ni agréable.
Certains choisissent un camp et s'y tiennent. Ou en changent.
Je suis contre les religions et pour les arts. Je me tiens écartelé dans la contradiction.
Le nationalisme doit être assimilé à une religion imposée. En ce jour anniversaire de la capitulation du Japon (1945), il faut redire, avant que le premier ministre n'aille faire ses dévotions à Yasukuni (où sont révérés des criminels de guerre au milieu des victimes), que le nationalisme, qui a été une religion d'état imposée à tous les Japonais, civils et militaires sans distinction, des années 30 à la fin de la guerre, que ce nationalisme, aujourd'hui, n'est pas mort du tout.
Et que, selon toute probabilité, le remplaçant de Koizumi, dès septembre, sera pire.
Comme en écho, je découvre le sommaire d'Europe de juin-juillet 2006 : Écrire l'extrême, la littérature et l'art face aux crimes contre l'humanité. Suis très impressionné par les noms assemblés : Pierre Bayard, Primo Levi, Claude Mouchard, Thiphaine Samoyault, Jean-Louis Fournel, Bruno Tackels, Patrick De Vos, Christian Doumet, Jacques Rancière, et même Antoine Emaz (avec un accent aigu sur la majuscule), pour ceux que je connais...
Dernière séance du colloque sur Léon Werth (webradio des Chemins de la connaissance / France Culture / enregistrée le 21 janvier / diffusée le 8 août). Intervention intéressante de Philippe Sollers quoique peu construite, faite de remarques au fil de citations. Et puis avec lui, Werth devient la seule personne lucide des temps pétainistes. C'est une dangereuse exagération.
On analysera utilement les œuvres de Sollers en y relevant la figure récurrente de l'unique contestataire, du solitaire visionnaire, toujours en marge du système et en lutte secrète ou ouverte contre les dominants. On aura ainsi la filiation implicite et le miroir traîné sur tous les chemins qui mènent à celui qui est tout art (Sollers a lui-même explicité le choix de son pseudonyme).
Je retrouve Werth dans mon dévédé de la revue Europe — mais bon sang, mais c'est bien sûr, que n'y avais-je pensé plus tôt ! (Les tables de la revue sont également ici.)
Demain n'importe comment tu me survivras
À moins que je ne te défonce avant.
Une chose à dire par rapport à la guerre : quand elle est religieuse, implicitement ou explicitement, il n'y a pas de pertinence à distinguer civils et militaires.
Surtout quand en plus les chefs sont drogués de leur stature.
Les religions sont peut-être la pire des choses qui soit arrivée à l'humanité.
Leur réveil (qui est le réveil de leur intransigeance) est un signe de régression.
Et pourtant, elles sont la source de bien des œuvres admirables dans tous les arts.
Vivre avec la conscience de cette antinomie n'est pas facile. Ni agréable.
Certains choisissent un camp et s'y tiennent. Ou en changent.
Je suis contre les religions et pour les arts. Je me tiens écartelé dans la contradiction.
Le nationalisme doit être assimilé à une religion imposée. En ce jour anniversaire de la capitulation du Japon (1945), il faut redire, avant que le premier ministre n'aille faire ses dévotions à Yasukuni (où sont révérés des criminels de guerre au milieu des victimes), que le nationalisme, qui a été une religion d'état imposée à tous les Japonais, civils et militaires sans distinction, des années 30 à la fin de la guerre, que ce nationalisme, aujourd'hui, n'est pas mort du tout.
Et que, selon toute probabilité, le remplaçant de Koizumi, dès septembre, sera pire.
Comme en écho, je découvre le sommaire d'Europe de juin-juillet 2006 : Écrire l'extrême, la littérature et l'art face aux crimes contre l'humanité. Suis très impressionné par les noms assemblés : Pierre Bayard, Primo Levi, Claude Mouchard, Thiphaine Samoyault, Jean-Louis Fournel, Bruno Tackels, Patrick De Vos, Christian Doumet, Jacques Rancière, et même Antoine Emaz (avec un accent aigu sur la majuscule), pour ceux que je connais...
Dernière séance du colloque sur Léon Werth (webradio des Chemins de la connaissance / France Culture / enregistrée le 21 janvier / diffusée le 8 août). Intervention intéressante de Philippe Sollers quoique peu construite, faite de remarques au fil de citations. Et puis avec lui, Werth devient la seule personne lucide des temps pétainistes. C'est une dangereuse exagération.
On analysera utilement les œuvres de Sollers en y relevant la figure récurrente de l'unique contestataire, du solitaire visionnaire, toujours en marge du système et en lutte secrète ou ouverte contre les dominants. On aura ainsi la filiation implicite et le miroir traîné sur tous les chemins qui mènent à celui qui est tout art (Sollers a lui-même explicité le choix de son pseudonyme).
Je retrouve Werth dans mon dévédé de la revue Europe — mais bon sang, mais c'est bien sûr, que n'y avais-je pensé plus tôt ! (Les tables de la revue sont également ici.)