À moins que je ne te défonce avant
Par Berlol, jeudi 10 août 2006 à 23:10 :: General :: #354 :: rss
Ô ma stature, je me méfie toujours de toi
Demain n'importe comment tu me survivras
À moins que je ne te défonce avant.
Une chose à dire par rapport à la guerre : quand elle est religieuse, implicitement ou explicitement, il n'y a pas de pertinence à distinguer civils et militaires.
Surtout quand en plus les chefs sont drogués de leur stature.
Les religions sont peut-être la pire des choses qui soit arrivée à l'humanité.
Leur réveil (qui est le réveil de leur intransigeance) est un signe de régression.
Et pourtant, elles sont la source de bien des œuvres admirables dans tous les arts.
Vivre avec la conscience de cette antinomie n'est pas facile. Ni agréable.
Certains choisissent un camp et s'y tiennent. Ou en changent.
Je suis contre les religions et pour les arts. Je me tiens écartelé dans la contradiction.
Le nationalisme doit être assimilé à une religion imposée. En ce jour anniversaire de la capitulation du Japon (1945), il faut redire, avant que le premier ministre n'aille faire ses dévotions à Yasukuni (où sont révérés des criminels de guerre au milieu des victimes), que le nationalisme, qui a été une religion d'état imposée à tous les Japonais, civils et militaires sans distinction, des années 30 à la fin de la guerre, que ce nationalisme, aujourd'hui, n'est pas mort du tout.
Et que, selon toute probabilité, le remplaçant de Koizumi, dès septembre, sera pire.
Comme en écho, je découvre le sommaire d'Europe de juin-juillet 2006 : Écrire l'extrême, la littérature et l'art face aux crimes contre l'humanité. Suis très impressionné par les noms assemblés : Pierre Bayard, Primo Levi, Claude Mouchard, Thiphaine Samoyault, Jean-Louis Fournel, Bruno Tackels, Patrick De Vos, Christian Doumet, Jacques Rancière, et même Antoine Emaz (avec un accent aigu sur la majuscule), pour ceux que je connais...
Dernière séance du colloque sur Léon Werth (webradio des Chemins de la connaissance / France Culture / enregistrée le 21 janvier / diffusée le 8 août). Intervention intéressante de Philippe Sollers quoique peu construite, faite de remarques au fil de citations. Et puis avec lui, Werth devient la seule personne lucide des temps pétainistes. C'est une dangereuse exagération.
On analysera utilement les œuvres de Sollers en y relevant la figure récurrente de l'unique contestataire, du solitaire visionnaire, toujours en marge du système et en lutte secrète ou ouverte contre les dominants. On aura ainsi la filiation implicite et le miroir traîné sur tous les chemins qui mènent à celui qui est tout art (Sollers a lui-même explicité le choix de son pseudonyme).
Je retrouve Werth dans mon dévédé de la revue Europe — mais bon sang, mais c'est bien sûr, que n'y avais-je pensé plus tôt ! (Les tables de la revue sont également ici.)
Demain n'importe comment tu me survivras
À moins que je ne te défonce avant.
Une chose à dire par rapport à la guerre : quand elle est religieuse, implicitement ou explicitement, il n'y a pas de pertinence à distinguer civils et militaires.
Surtout quand en plus les chefs sont drogués de leur stature.
Les religions sont peut-être la pire des choses qui soit arrivée à l'humanité.
Leur réveil (qui est le réveil de leur intransigeance) est un signe de régression.
Et pourtant, elles sont la source de bien des œuvres admirables dans tous les arts.
Vivre avec la conscience de cette antinomie n'est pas facile. Ni agréable.
Certains choisissent un camp et s'y tiennent. Ou en changent.
Je suis contre les religions et pour les arts. Je me tiens écartelé dans la contradiction.
Le nationalisme doit être assimilé à une religion imposée. En ce jour anniversaire de la capitulation du Japon (1945), il faut redire, avant que le premier ministre n'aille faire ses dévotions à Yasukuni (où sont révérés des criminels de guerre au milieu des victimes), que le nationalisme, qui a été une religion d'état imposée à tous les Japonais, civils et militaires sans distinction, des années 30 à la fin de la guerre, que ce nationalisme, aujourd'hui, n'est pas mort du tout.
Et que, selon toute probabilité, le remplaçant de Koizumi, dès septembre, sera pire.
Comme en écho, je découvre le sommaire d'Europe de juin-juillet 2006 : Écrire l'extrême, la littérature et l'art face aux crimes contre l'humanité. Suis très impressionné par les noms assemblés : Pierre Bayard, Primo Levi, Claude Mouchard, Thiphaine Samoyault, Jean-Louis Fournel, Bruno Tackels, Patrick De Vos, Christian Doumet, Jacques Rancière, et même Antoine Emaz (avec un accent aigu sur la majuscule), pour ceux que je connais...
Dernière séance du colloque sur Léon Werth (webradio des Chemins de la connaissance / France Culture / enregistrée le 21 janvier / diffusée le 8 août). Intervention intéressante de Philippe Sollers quoique peu construite, faite de remarques au fil de citations. Et puis avec lui, Werth devient la seule personne lucide des temps pétainistes. C'est une dangereuse exagération.
On analysera utilement les œuvres de Sollers en y relevant la figure récurrente de l'unique contestataire, du solitaire visionnaire, toujours en marge du système et en lutte secrète ou ouverte contre les dominants. On aura ainsi la filiation implicite et le miroir traîné sur tous les chemins qui mènent à celui qui est tout art (Sollers a lui-même explicité le choix de son pseudonyme).
Je retrouve Werth dans mon dévédé de la revue Europe — mais bon sang, mais c'est bien sûr, que n'y avais-je pensé plus tôt ! (Les tables de la revue sont également ici.)
Commentaires
1. Le vendredi 11 août 2006 à 00:01, par brigetoun :
les religions provenant du désir d'immortalité de l'homme doivent donner de la beauté - malheureusement les gens y croient ce qui entraîne la régression
j'aime bien la théologie comme jeu de l'esprit
2. Le vendredi 11 août 2006 à 18:33, par olivier :
Pour revenir sur la question du nationalisme... Je viens de découvrir que le XVIe congrès sur le sida va s'ouvrir demain à Toronto!!! (voir www.aids2006.org/fr ). Les Français y sont peu représentés... Mais surtout, parmi tous les comités organisateurs... AUCUN Japonais... Visiblement, ils continuent de penser que leur "petit" pays est protégé de ce fléau mondial qui a déjà décimé plus de 25 millions de personnes et en infecte à ce jour plus de 40 millions... La non prévention est une politique d'aveuglement dans ce pays!!! "Pas besoin de parler de ça, chez nous, le sida est une maladie d'étrangers!! Nous, nous sommes "naturellement" protégés par les frontières de notre pays", tel pourrait être l'adage des dirigeants... Du coup, l'aveuglement concerne une grande majorité de citoyens... Il n'y a qu'a voir le nombre de personnes qu'un rapport sans préservatif ne dérange pas ici... Même la première fois... Les problèmes qui en découlent sont une mauvaise prise en charge des malades, et une absence de données statistiques réelles sur le nombre de personnes infectées... Le nationalisme n'est donc pas seulement meurtrier pour les autres (ceux dont les nationalistes aimeraient se débarasser), mais pour le pays même qui en abuse... (sur un point différent mais non moins accablant, voir les dernières déclarations d'intention du nouveau ministre de la "culture" iranien... ça promet... Il veut "purifier" -dixit- la culture de son pays....)
3. Le vendredi 11 août 2006 à 21:50, par Berlol :
Salut, Olivier. Cet "éclairage" du nationalisme est tout à fait impressionnant (horrifiquement). Il me fait souvenir du nuage de Tchernobyl qui n'était pas passé sur la France, comme s'il s'était arrêté à la frontière (n'ayant pas de visa). Les politiques ont parfois (souvent ?) de ces attitudes stupides qui ne tiendraient pas 5 minutes devant le bon sens d'un quelconque citoyen. Encore faut-il que le citoyen quelconque soit un tant soit peu informé ! Et c'est là que l'intelligence malintentionnée des politiques s'emploie le mieux, pourrait-on penser : à empêcher les informations de circuler, tout en s'en défendant au nom de la sacro-sainte liberté de la presse mais en étant les meilleurs amis de patrons de presse de moins en moins nombreux et contrôlant de plus en plus de médias...
4. Le samedi 12 août 2006 à 18:47, par olivier :
Comme tu dis l'ami!!!
C'est la raison majeure qui me fait détester le football qui est pour moi devenu le symbole du nationalisme mondial (et français en particulier)!!! Je sais, je sais, nous ne sommes pas d'accord sur le sujet... Mais, pour moi, ce sport 1 - est utilisé par les politiques pour endormir les foules (nouvel opium du peuple!!) par rapport aux sujets importants et 2 - entretient de façon sournoise et voilée le "cocorico" nationaliste à fond (cf. les rapports racistes de certains joueurs avec les équipes adverses... d'où certaines insultes mal venues qui valent un carton rouge à l'insulté... no comment!!! et les comportements hooligans qui pour moi reflètent de façon extrême ce qui sous-tend en fait l'intégralité de ce sport...)
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