vendredi 11 août 2006
Apparence philantropique (nous prenant pour des billes)
Par Berlol, vendredi 11 août 2006 à 23:54 :: General
La première fois qu'elle m'en a parlé... Jakuchu, quoi t'est-ce ?, m'étais-je exclamé sottement, ignare que je suis. Et elle, patiente et consciente de mon retard mental, de m'expliquer gentiment l'immense artiste qu'avait été Itô Jakuchû.
L'exposition est conséquente, très bien documentée en bilingue. Encore une fois, je constate que les personnes faisant usage d'un audio-guide ont la facheuse tendance de bousculer à tout-va sans s'en rendre compte, tout accaparées qu'elles sont à suivre le commentaire en regardant les œuvres ou à appuyer sur les boutons de leur boîtier de commande. Évitant quelques audio-bringuebalés, rendant des coups d'épaules à d'autres, nous arrivons à parcourir les salles sans perdre notre bonne humeur et en nous imprégnant, c'est quand même l'essentiel, des qualités extraordinaires des encres et des peintures.
Allons à Ginza pour déjeuner dans un restaurant de spécialités d'Oita, région que nous venons de quitter, mais on ne sert plus après 13h30... Tant pis. Avisons tout près de là l'entrée minuscule d'un restaurant italien nommé Pàraphrase (je me demande même si ce n'est pas un accent aigu...). Les pâtes y sont très bonnes, sauce crabe classique pour moi et originale sauce yaourt, huile d'olive, crabe et œufs de lompe pour les pâtes froides de T. qui adore ça.
On y reviendra.
J'avais déjà le T-shirt Tous les jours, c'est l'enfer en japonais... À Paris, j'achèterai dès que possible celui qui porte la mention Ce T-shirt s'autodétruira quand je l'aurai porté dix fois. Je pense que ce n'est en effet que le début d'une redécouverte du sabotage... Émile Pouget aurait eu du boulot, de nos jours !
Suite à son courriel, ai lu à (propos de) l'écran la communication de Constance Krebs, Du livre électronique à l'encre électronique, dans le Bulletin des Bibliothèques de France. Je me réserve le reste du sommaire pour demain...
Sans trop insister, pour ne pas leur mettre la honte, et avec finesse, Constance revient sur les échecs des promoteurs des livres électroniques à la fin du XXe siècle. Dans ce cadre de publication (BBF), elle a raison ; il vaut mieux en tirer des conclusions pour regarder devant, c'est-à-dire aujourd'hui, avec de nouvelles expériences, qui vont peut-être prendre...
Ce que je voudrais ajouter, et qui n'engage que moi, c'est qu'il était patent, dans les discours publicitaires et d'apparence philantropique (nous prenant pour des billes) des promoteurs de ces engins impraticables (y compris un Attali ou un Orsenna), il était patent donc que ces gens n'avaient en tête que leur propre réussite entrepreneuriale, ce qui veut dire gagner un maximum de fric et casser le marché traditionnel à leur profit.
Sinon... sinon ils auraient commencé par se poser la question de comment les gens fonctionnaient, de pourquoi on aimait les livres de papier, de comment on pouvait proposer quelque chose qui s'intègre doucement dans le paysage sans tout casser. Des moyens qu'on pouvait y mettre. Et d'avoir de l'ivresse en stock avant de nous vendre les flacons...
Il était évident à mes yeux qu'un Attali ou un Orsenna n'avaient aucune intention d'utiliser eux-mêmes les outils qu'ils promouvaient, sauf en dehors d'un spot publicitaire (voir et écouter par exemple les travaux d'Émilie Groshens, présentés au séminaire d'Hubert de Phalèse le 8 novembre 2005, sur Orsenna, et voir aussi qu'il n'y a aucune trace de ce métier-là dans le Qui suis-je ? en ligne d'Orsenna).
Quelques vestes plus tard, nous voici à l'heure du papier électronique. Au train où vont les choses et bien que je sois au Japon, ce n'est encore pas cette année que je vais en toucher le grain.